"Je parle plusieurs langues"


 Cahiers  Autour de la langue
Le 25 novembre 2013 |  Thierry Verhoeven |  2 messages

Ils viennent d’Afrique, d’Asie et d’Europe. Ils sont en formation en alphabétisation. Ils témoignent de leur parcours linguistique chaotique mais riche. Ils parlent en français de la langue française : langue « compliquée », langue « de luxe », langue « de l’amour »...


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Rachid : Je parle 2 langues, l’arabe et le français. Maintenant, tu sais quoi, je parle plus le français, pour avancer plus. Avec mes enfants, tu sais quoi, je parle français mais parfois en arabe. J’ai des difficultés. Tu sais quoi, avec les sons ça va, j’ai encore de petits problèmes mais ça va. Le français, c’est un avantage pour avancer dans la vie, pour trouver un travail. J’ai raté un examen pour un emploi à cause du français.
Rachid, né en Algérie en 1962 arrivé en Belgique en 1991

Mohamed : Je parle arabe. Et français oral depuis que je suis arrivé en Belgique en 2001. Depuis 2 ans, j’apprends vraiment le français : l’écrit et la lecture. L’arabe, c’est ma langue maternelle. A la maison, je parle plus français avec ma femme et mes enfants, avec les voisins. Je m’oblige à parler plus français. Avec mes enfants, c’est toujours en français même quand je les dispute. Le vocabulaire, je peux faire seul. Conjugaison et tout ça, il faut un prof pour expliquer.
Mohammed né en Algérie en 1978, arrivé en Belgique en 2001

Marie Alphonsine : Mon dialecte d’origine c’est le « beti », ne me demandez pas comment ça s’écrit. Pourtant, mon premier souvenir de langue, c’est le français. Mon papa nous parlait toujours en français. Quand on allait en vacances dans la famille, à la campagne on parlait le beti. Avec mon fils, je lui parle français, je veux d’abord qu’il commence à parler le français. Il ne faut pas qu’il mélange.
Marie-Alphonsine, belge née au Cameroun en 81, arrivée en Belgique à l’âge de 13 ans.

Caroline : Ma langue maternelle, c’est le swahili. Et puis, c’est le français. Avec mes parents, c’était le français. Mes parents sont morts jeunes alors avec mes grands-parents, avec la famille, c’était surtout le swahili. Je comprends aussi quelques autres dialectes africains. Mon mari parle bien français, je lui dis qu’il doit me corriger. En français, il y a des mots « lourds » quand tu sors ces mots, les autres disent « oh, c’est trop fort. » C’est comme les juristes, les avocats. Et la langue de l’amour, c’est le français.
Caroline, jeune congolaise

Renata : Je suis polonaise, je parle 3 langues : polonais, russe et français. Ma langue maternelle, c’est le polonais. Avec ma fille, je parle polonais et français mais surtout polonais. Au début, avec le français, c’était la catastrophe. Quand je suis arrivée en Belgique, je ne connaissais pas un mot de français. C’était il y a 17 ans. Tout le monde a bien rigolé de moi.
Renata, polonaise née en 1969 arrivée en Belgique en 1993

Sandy : Au Congo, je parlais 3 langues. Je parle aussi un peu la langue de Zambie, ma grand-mère est à moitié zambienne. Ma mère était avec un belge donc ma langue maternelle, c’était le français. Avec mes enfants, c’est uniquement le français. Mais quand je m’énerve si je parle français, ils n’écoutent pas. Ils savent bien que ce n’est pas trop grave. Mais quand je m’énerve en swahili, ils savent qu’ils ont intérêt à ne pas bouger. En français, j’ai un problème avec la conjugaison et un peu le vocabulaire. Mais cela va beaucoup mieux.
Sandy, Congolaise née en 1979 arrivée en Belgique en 2003

Mario : Ma langue maternelle c’est l’italien. Ma langue de tous les jours, c’est le français. Avec ma copine, c’est le français, elle ne comprend pas l’italien. Il faut l’oublier l’italien. Je connais des vieux, cela 30 ans qu’ils sont ici ils parlent toujours italien, ils ne parlent presque pas le français. Il y a encore des vieux, ils parlent le patois italien.
Mario, Italien 46 ans

Ethem : Je parle 2 langues : le turc et le français comme ça. A la maison, je parle turc. Ce n’est pas ma faute. Quand je parle français, mes enfants et ma femme ne me comprennent pas bien. Alors ils préfèrent que je parle turc. Ma femme a grandi ici, mes enfants sont nés ici. Moi, je suis arrivé plus tard, mes enfants parlent mieux français que moi. Moi je pense en turc puis je traduis en français même pour les maths. Je regarde le journal télévisé en français puis je regarde des émissions en turc.
Ethem, Turc, né en 1962 arrivé en Belgique à 18 ans


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Vos commentaires

  • dDe Proost Guy

    Le 26 avril 2016 à 12:04

    Pourq

    uoi tu ne me répond pas je n’ai pas voulu te vexer c’est en toute amitié bise
    Quelqu’un pourrait traduire en Polonais merci

    Répondre à ce message

  • dDe Proost Guy

    Le 26 avril 2016 à 11:59

    Pourquoi tu ne me répond plus je n’ai pas voulu te vexer c’est en toute amitié. Bise

    Répondre à ce message

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