Eyjafjallajökull, j’écris ton nom


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Le 23 avril 2010 |


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Accrochez-vous et faites un effort d’élocution, le désormais célèbre volcan islandais, Eyjafjallajökull, a craché ses cendres mercredi 14 avril, tôt dans la matinée. Il a bloqué le trafic aérien pendant plusieurs jours sur l’hémisphère nord de notre terre. Terminés les avions, cloués au sol.


Photo : Belga

Un volcan, ça ne prévient pas, les vulcanologues savent que tôt ou tard, il peut s’éveiller bien sûr, mais quand ? Le mercredi 14 avril, le volcan, Eyjafjallajökull (c’est la dernière fois que j’écris ce nom, mon ordinateur va exploser) a repris du service. Situé au sud de l’Islande, à 160km de Reykjavik, le volcan s’est fâché très fort. Ce n’est pas la première fois. En décembre 2009, il avait déjà grondé, puis une deuxième fois le 20 mars 2010. Des éruptions « classiques » pour l’Islande, un pays très volcanique. Mais voilà que cette fois, le Eyjafjallajökull (je sais, c’est terrible) ne s’est pas contenté d’une éruption classique  . Il a envoyé dans les airs des nuages énormes. Il a éjecté cent millions de mètres cubes de cendres et de particules. Cela correspond à 750 tonnes de magma par seconde ! Moralité, tous les avions de lignes sont bloqués au sol. Et toutes nos petites habitudes de transport ont été bousculées…

Quand la nature rattrape les hommes !

Pourtant, en Europe du Nord, nous ne voyons rien ou presque de ces nuages énormes. Ils sont très hauts dans l’atmosphère. Et ils sont faits de minuscules poussières que l’on ne peut pas voir à l’œil nu. Mais ces minuscules poussières sont les ennemies des avions. Quand ils approchent des nuages de particules, leur visibilité se réduit. De plus ces poussières peuvent abîmer, et même carrément bloquer les réacteurs des avions… avec des conséquences dramatiques. En effet, la température à l’intérieur d’un réacteur dépasse les mille degrés. Les cendres volcaniques en suspension dans l’air fondent dans ces réacteurs. Elles se fixent sur les ailettes de compression des turbines. Les moteurs s’étouffent et s’arrêtent sans crier gare. Et les radars de bord ne détectent pas ces particules.

Le phénomène qui a touché particulièrement le nord de l’Europe a bousculé le transport aérien partout dans le monde. Le nuage a navigué de l’Islande vers le Sud-est pendant plusieurs jours. Il a bloqué les transports aériens vers l’Amérique du Nord ainsi que sur le continent européen. On n’avait jamais vu ça. Mais fallait-il prendre des risques ? Au cours des vingt dernières années, 80 avions de ligne se sont trouvés au milieu d’un nuage volcanique. Plusieurs de ces appareils ont frôlé la catastrophe avec plusieurs centaines de personnes à bord. Fallait-il fermer l’espace aérien et éviter des accidents dramatiques, ou permettre aux compagnies de continuer à travailler sans se soucier des « inconvénients » ? Bien sûr, les pertes seront énormes pour les compagnies et les tour opérators. Le volcan Eyjafajallajökull les fera tousser encore quelque temps. N’empêche, la vie des gens ne vaut-elle pas mieux que des risques inconsidérés, au nom du profit ?

Aux dernières nouvelles, le volcan se rendort doucement. Tant mieux pour les avions, et tant pis pour mon nouveau chien à qui j’aurais voulu donner son nom. Souvenez-vous en : Eyjafajallajökull.

Lien :
Une petite séquence du Petit journal de Canal Plus pour apprendre à prononcer le nom du volcan, amusant


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