Eduquer au genre


Le 1er février 2005 |


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L’égalité homme-femme ? Elle est dans la
loi. Dans la vie de tous les jours, c’est autre chose. Et nous avons,
malgré nos
efforts, de vieilles idées sur le rôle de la femme, sur les rapports
entre homme et femme. Pour changer les mentalités, quoi de mieux que
l’école ?
C’est pourquoi des associations de femmes ont mené un projet dans
une école qui forment des futur(e)s enseignant(e)s.


Photo : Belga

Je devais avoir 12 ou 13 ans. Je présentais un exposé d’histoire à l’école.
J’avais choisi le règne d’Albert 1er, roi des Belges. Je
me souviens avoir insisté : « Albert 1er a donné aux Belges
le suffrage universel suffrage universel le vote en principe pour tous et toutes en 1919. » Je me souviens que ma professeure d’histoire
m’avait plutôt bien noté... Et j’avais tout faux.
Ma prof aussi. Les femmes belges n’ont eu le droit de vote à toutes
les élections qu’en 1948 ! J’y pensais à cet exposé du
petit garçon que j’étais au début des années
1970 en écoutant un autre exposé. L’exposé d’une
femme, professeure d’histoire à l’ULB, Eliane Gubin. Elle était
invitée à une journée de réflexion sur le genre.

Femmes invisibles

Cette journée s’inscrivait dans une expérience
appelée « Vers
une éducation non sexiste sexiste associé au genre : féminin ou masculin, donc à la femme ou à l’homme  ». Un projet mené par des associations
de femmes à la Haute école pédagogique Provinciale de
Mons-Borinage-Centre. Il s’agit de sensibiliser et de former de futur(e)s
enseignantes et enseignants à la dimension du genre. Ces associations
organisaient une journée de réflexion avec des professeurs d’université :
historienne, économiste, sociologues, psychologue. Nous y avons pointé notre
nez masculin. Devant un public essentiellement féminin, futures enseignantes,
enseignantes, militantes, Mme Gubin a parlé de ce suffrage appelé universel
qui excluait pourtant les femmes.

Elle a parlé de ces manuels scolaires
où les femmes sont le plus
souvent des reines, des martyres ou des favorites. Même quand on le veut,
il n’est pas facile de faire l’histoire des femmes. Les femmes
sont présentées le plus souvent comme femmes de...Veuves de...Fille
s de... Elles sont cachées derrière le nom et parfois même
le prénom de leur mari. Dans les anciennes enquêtes sur la condition
des travailleurs, on parle des ouvriers dans des usines où il y avait
une grande majorité d’ouvrières. Voilà ce qu’a
dit notamment la professeure d’histoire.

Ouvrir les yeux

En économie aussi, les femmes sont presque invisibles.
Voilà ce
qu’a dit Mme Florence Degavre, économiste à l’UCL,
une autre invitée à cette journée. Et pourtant, il y a
eu et il y a des femmes économistes. Elles ont mis en évidence
des problèmes originaux et différents de ce qu’en disaient
les économistes masculins. Par exemple, les femmes économistes
ont souvent été les premières à s’intéresser à des
questions telles que : « pourquoi tant de chômeuses ? » ; « pourquoi
tant de femmes qui travaillent à temps partiel ? »

Pour la sociologue,
Mme Dominique Lemaire, les idées toutes faites homme-femme se retrouvent
dans le monde du travail. Les femmes sont plus habiles, plus rapides pour certains
travaux à la chaîne ? Pour certains patrons, ces qualités
viennent de leur travail de ménagère. Pas de raison de reconnaître
ce travail professionnellement disaient donc les employeurs. Et puis, les femmes
ne peuvent qu’imiter. Et les patrons ont justifié ainsi des chefs
avant tout masculins. Voilà ce qu’a dit notamment Mme Dominique
Lemaire. Evidemment les choses ont changé. Mais pas encore assez. Pour
changer les mentalités, mieux vaut commencer tôt et donc à l’école.
Et pour cela, il faut des enseignantes et des enseignants qui ont réfléchi à cette
dimension du genre.

Thierry Verhoeven


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