Au 1er mai, plusieurs "1er mai"

Thierry Verhoeven

 Articles
Le 28 avril 2015 |  Lydia Magnoni

Le 1er mai, c’est la fête du travail. Cette année, en Belgique, elle est plus importante que d’habitude : des partis et des syndicats sont très opposés au gouvernement de droite. Et ils le font savoir, chacun de manière différente.


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Le 1er mai, c’est un jour de fête et c’est un jour de lutte. C’est un jour de fête parce qu’on appelle cela la fête du travail. En réalité, c’est la fête des travailleurs. Ils se sont battus pour que le 1er mai devienne un jour férié. C’est-à-dire un jour où on ne travaille pas et qui est payé comme un jour de travail. Beaucoup de travailleurs se retrouvent le 1er mai pour manifester en musique, pour discuter autour d’un verre et pour réclamer de meilleures conditions de vie. C’est pour cela que le 1er mai est aussi un jour de lutte. Le 1er mai est un jour qui appartient aux travailleurs et au mouvement ouvrier organisé dans son ensemble. C’est-à-dire les grands syndicats et les partis politiques de gauche et d’extrême gauche.

Plusieurs 1er mai

Les syndicats et les partis politiques de gauche et d’extrême gauche fêtent le 1er mai. Ils peuvent se retrouver dans la même manifestation pour le 1er mai. Ils peuvent aussi faire des choses différentes. Ce qui est certain, c’est qu’ils s’opposent tous à la politique du gouvernement. Ils reprochent au gouvernement de faire une politique de droite. C’est-à-dire une politique d’austérité   qui ne favorise pas les travailleurs et les gens modestes.

Pour la première fois depuis longtemps, les partis socialistes flamand et francophone ne sont pas dans le gouvernement. Et les partis socialistes adoucissaient un peu les mesures d’austérité. Comme ils sont maintenant dans l’opposition, ils critiquent presque tout ce que fait le gouvernement. Le 1er mai est une belle occasion pour le faire. Il n’y a qu’à voir l’affiche du 1er mai du Parti socialiste à Charleroi.

Le 1er mai du PS

Dans l’affiche du 1er mai du PS, on voit la rose rouge. C’est un symbole classique   du Parti socialiste. Et on voit aussi un poing fièrement levé. C’est un signe de lutte et de résistance. Et la couleur rouge choisie fait penser à du sang. Cela rappelle les luttes ouvrières du passé où des travailleurs se faisaient tuer ou blessés parce qu’ils manifestaient. Les années précédentes quand il était au gouvernement, le PS ne faisait pas ce type d’affiche. C’est d’ailleurs ce que leur reprochaient d’autres partis de gauche et d’extrême gauche.
Le PS est, de loin, le plus grand parti de gauche en Belgique. Il a participé à beaucoup de gouvernements. Beaucoup de gens de gauche accusent le PS de faire trop de compromis   et de ne plus être vraiment à gauche. Selon ces gens, le PS serait trop influencé par les idées de droite et le système capitaliste. A cela le PS répond toujours la même chose : « ce serait pire sans nous. »

Le 1er mai du PC  

A la gauche du PS, il y a un petit parti, le Parti communiste. Le PC a joué un rôle important dans l’histoire de la gauche et des luttes ouvrières en Belgique. Le PC a eu un journal quotidien, le Drapeau Rouge. Mais il n’a plus d’élus au parlement depuis 1985 et aujourd’hui, il n’a plus beaucoup de membres.

Le PC se présente encore à l’ancienne. On voit ses drapeaux avec la faucille et le marteau, qui sont repris aussi dans la forme des initiales. La faucille et le marteau sont des vieux symboles   qui datent des années 1920 et qui montrent que les travailleurs des campagnes et des usines sont unis. Il y a aussi le vieux slogan   qui date de 1848 : « « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Le 1er mai du PTB  

A côté du grand PS et du tout petit PC, il y a, depuis quelques années, un nouveau venu : le Parti du Travail de Belgique. Aux dernières élections de 2014, le PTB a des élus dans les différents parlements du pays. Aux dernières élections, le PTB a fait presque aussi bien que les écologistes du parti Ecolo. Et des sondages montrent que le PTB augmente encore son influence.

Le PTB est très à gauche mais il ne propose pas une grande révolution. Sur l’image, on voit bien sûr l’étoile qui est un symbole de la révolution mais le slogan est très simple et très évident : les gens d’abord, pas le profit. De même, le PTB met en avant une idée simple pour la fête du 1er mai : lutter pour les 30 heures de travail par semaine sans perte de salaire. Il appelle cela joliment : à la conquête du temps perdu.

Le PTB reprend ainsi l’idée du 1er mai. En 1886, en effet, les travailleurs manifestaient le 1er mai pour la journée de 8 heures de travail donc 40 heures par semaine. C’est le premier 1er mai de l’histoire du mouvement ouvrier. Il faudra presque cent ans pour arriver aux 40 heures de travail par semaine dans toutes les entreprises. Aujourd’hui, on est à 38 heures de travail par semaine. Il y a encore quelques années les syndicats réclamaient les 35 heures de travail par semaine sans perte de salaire. La réduction du temps de travail, c’était le grand combat syndical. Un combat un peu oublié aujourd’hui à cause de la crise. Mais les syndicats sont encore les plus grandes organisations qui manifestent au 1er mai.

Le 1er mai de la FGTB  

Un des grands syndicats en Belgique, c’est la FGTB avec 1,5 million de membres. Et voyons, par exemple, le slogan des jeunes FGTB pour le 1er mai. Le slogan est clair. C’est un appel à se battre contre les mesures du gouvernement avec des mots comme « lutte », « résistance » et aussi « bloc ».

Le 1er mai de la CSC  

L’autre grand syndicat en Belgique, c’est la CSC avec 1,6 million de membres.
Pour le 1er mai, la CSC dénonce la politique du gouvernement en allant dans une commune riche du Brabant-Wallon : Jodoigne. C’est la commune du premier ministre, le libéral Charles Michel. Et c’est là que depuis quelques années, les libéraux du MR   fêtent le 1er mai. Les libéraux donc la droite font aussi la fête du travail. Pour les syndicats, ça n’a pas de sens. La preuve, le texte de la CSC : pour les libéraux, le 1er mai n’est pas la fête des travailleurs, c’est la fête des nantis   donc des riches.


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