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Le film Samba est sorti sur nos écrans. Avec en vedette Omar Sy qui joue le rôle de Samba et Charlotte Gainsbourg. C’est l’histoire d’une rencontre entre Samba, un sans-papiers sénégalais, et Alice, une cadre française en dépression. Le film finit bien mais il montre le parcours difficile de Samba. Samba travaille depuis 10 ans en France. Pourtant, il n’a aucun droit de vivre dans ce pays. C’est le cas pour de milliers de sans-papiers en France et en Europe.

Vies et morts de sans-papiers

Thierry Verhoeven

jeudi 11 décembre 2014

Téléchargez un exercice et sa correction en bas d’article

Voici en quelques mots les vies et les morts de certains sans-papiers.
« Sans-papiers », c’est le nom que ces personnes se sont donné à elles-mêmes. En fait, un sans-papiers, c’est une personne étrangère qui vit dans un autre pays et qui n’a pas le droit d’y vivre. C’est une personne illégale, clandestine. Il y aurait entre 350 000 et 400 000 sans-papiers en France. Il y en aurait environ 100 000 en Belgique. Le film Samba est tiré de faits qui se sont vraiment passés dans la réalité. Les sans-papiers vivent des conditions de vie très dures. Voici quelques témoignages et quelques faits qui le montrent.

N’être personne

Mohamed Kemigue témoigne de sa vie de sans-papiers dans un livre : "Moi Mohamed, esclave moderne". On lit dans ce livre :
« A quoi ressemble la vie quand on n’est personne ? Quand on n’a pas d’identité, c’est-à-dire pas de papiers ? Je suis arrivé en France un jour de juillet 1998, persuadé qu’elle m’ouvrirait ses portes. J’ai compris assez vite que tel n’était pas le cas. J’ai connu la faim, la rue, les arrestations, l’amour, les déchirements d’un père qui ne peut pas reconnaître sa fille. J’ai connu les injustices, mais j’ai appris que je n’avais pas le droit de porter plainte. A qui se plaindre quand on n’a pas de papiers ? J’aurais pu partir, je suis resté ; d’ailleurs, où partir ? La France aurait pu m’expulser, elle m’a gardé, elle m’a laissé le temps de construire ma vie. Mais, au fond, n’a-t-elle pas besoin de moi, de nous tous ? De ces êtres sans droits, ces esclaves d’aujourd’hui que l’on appelle les "sans-papiers", l’huile indispensable aux rouages de l’économie ? »

Faire tourner l’économie…

Un journaliste du magazine français Les Inrocks témoigne de ses journées avec des sans-papiers qui cherchent du travail. Ils sont devant les magasins où l’on vend des produits pour des travaux dans le bâtiment. Les sans-papiers essaient de trouver un patron qui les engage pour la journée.
Ahmed témoigne. C’est un Algérien de 63 ans, il a une seule idée en tête : trouver un boulot pour la journée, parfois pour quelques jours, toujours au noir. Pose de carrelage, maçonnerie, peinture, il prend presque tout. Il dit : « C’est le loto. Un jour tu gagnes, deux jours tu perds. Des fois, je suis quinze jours sans travail. »

Esclave

Pour une journée de travail dans le bâtiment, un sans-papiers touche 50 à 80 euros, parfois 30. Et ils n’ont pas de droits sociaux, pas d’habit de travail. Un petit patron qui recrute au noir dit : « C’est simple, si tu prends des gars même en intérim, ils ne sont pas aussi motivés et coûtent deux fois plus cher. »

Désespéré

Début octobre 2014, pendant une manifestation de soutien aux sans-papiers à Bruxelles, un sans-papiers désespéré s’immole par le feu. Ses jours sont en danger car il a été brûlé au visage et aux mains.

Des animaux

Une femme témoigne : « Mon mari, ma fille de 16 ans et moi-même sommes arrivés il y a 2 mois en Belgique. Nous avions quitté l’Iran à cause de mes problèmes avec le gouvernement iranien et nous sommes venus en Belgique pour demander l’asile. Malgré les preuves, nous avons été refusés. Ils sont venus nous chercher, nous ont amenés à l’aéroport et ils nous ont séparés mon mari, ma fille et moi. Ils m’ont mise dans une chambre et mon mari et ma fille dans une autre chambre séparée. A la fin, ils sont venus et m’ont dit qu’il fallait y aller. Mais ils parlaient anglais et moi je ne comprenais rien. La seule phrase que je répétais c’était : “aidez-moi”, mais personne ne m’écoutait ! Je me suis attachée au radiateur pour me défendre. Ils m’ont frappé si fort la main que j’ai plein de bleus sur les doigts ! Il y avait 10 personnes avec des gants, on m’a soulevée de terre comme on soulève un mouton ! Pouvez-vous imaginer ? On m’a jetée dans un camion de la police comme dans une cage ! A l’aéroport, j’ai embrassé la main de tous les policiers, personne ne m’a écoutée ! On m’a traitée comme un déchet ! »

La mort ici

En 1998, en Belgique, des gendarmes ont étouffé une jeune Nigériane, Sémira Adamu, lors de son expulsion. Sémira Adamu avait fui le Niger pour échapper à un mariage forcé. Sa demande d’asile a été refusée. Elle a été mise en centre fermé pour être expulsée.
Lors de sa sixième tentative d’expulsion, Neuf gendarmes l’ont conduite pieds et poings liés dans l’avion. Elle a commencé à chanter à l’arrivée des passagers. Les neuf gendarmes qui la maintenaient ont alors, comme cela était autorisé, serré un coussin sur son visage. Sémira Adamu est morte étouffée. Depuis sa mort, la « technique du coussin » a été abandonnée…

La mort là-bas

Aref, un jeune Afghan réfugié en Belgique, a essayé pendant 4 ans d’être reconnu comme réfugié. En 2013, la Belgique refuse de lui accorder l’asile. Alors, Aref accepte d’être renvoyé en Afghanistan. Et là-bas, il est tué par les Talibans. A l’époque, la ministre de l’Asile se justifiait en disant à la télé : « Ici non plus, la situation n’est pas toujours sûre. Il suffit de sortir le soir pour s’en rendre compte. »…

L’exercice

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Et sa correction

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Samba La bande annonce

Date de sortie 15 octobre 2014 (1h58min)
Réalisé par Eric Toledano, Olivier Nakache
Avec Omar Sy, Charlotte Gainsbourg, Tahar Rahim

Moi Mohamed, esclave moderne

J’ai cherché du boulot avec les sans-papiers

Des conseils pour aider les sans-papiers : un document à télécharger ici

Les bons réflexes du sans-papiers

L’histoire d’Aref sur le site d’Amnesty International

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