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Une révolution d’opéra

Marc Vandermeir

dimanche 21 juillet 2013

Le 25 août 1830, la Belgique n’est encore qu’une province des

Pays-bas. Mais ce jour-là, un opéra met le feu aux poudres et marque

le début de la révolution belge venue de Bruxelles et de Wallonie.

Quelques mois plus tard, la Belgique est indépendante.

Le 25 août 1830, le théâtre de la Monnaie, à Bruxelles,

donne une représentation de l’opéra La Muette de Portici,

du musicien Auber. La future Belgique n’est encore qu’une province

des Pays-Bas. La révolte y gronde depuis plusieurs mois. Les Belges

ne s’entendent pas beaucoup avec leurs voisins hollandais. Les Belges

d’alors sont catholiques et plutôt bons vivants. Les Hollandais

sont de religion calviniste et donc pas très portés sur les plaisirs

de la vie. En plus, les (futurs) belges sont 3,5 millions contre 3 millions

de Hollandais.


C’est à la Monnaie que tout a commencé -

Photo : Flémal

Le cri de la Muette

Les responsables du théâtre de la Monnaie savent-ils ce qu’ils

font en programmant La Muette de Portici ? Personne ne le sait. Mais cet opéra

raconte la révolte des habitants de Naples, en Italie, contre leurs

occupants. Et le refrain n’est autre que : « Amour sacré de

la patrie, rends-nous l’audace et la fierté ». Dans une province

en révolte contre le pouvoir hollandais, le sujet et le refrain de ce

chant pouvaient créer le désordre. Reste que ce ne sont évidemment

pas les milieux populaires qui, alors, étaient à l’opéra.

Ce sont les bourgeois. Ils reprennent en chœur le refrain et chantent

leur patriotisme belge. Des émeutes éclatent à la sortie.

Les bourgeois, très vite rejoints par d’autres, montent à l’hôtel

de ville de Bruxelles, tout proche. Là, ils prennent les couleurs de

la province du Brabant pour en faire le drapeau belge : noir, jaune, rouge.

Une révolte qui gagne

Les révoltés proposent aux Hollandais une sorte de fédéralisme.

Mais le roi Guillaume 1er des Pays-Bas ne veut rien savoir. Du coup, la révolte

gagne d’autres villes belges wallonnes, dont Liège et Namur. Les

cités ouvrières, elles, pour une fois, rejoignent la bourgeoisie.

La révolte se généralise d’abord aux sons de La

Marseillaise puis de la Brabançonne, écrite pour l’occasion.

En réalité, les bourgeois, qui parlent français, voudraient

surtout voir la Belgique rattachée à la France. Mais les autres

pays ne veulent pas de cette solution. Par contre, ils voient d’un bon œil

une Belgique indépendante. En fait, la bourgeoisie est dépassée

par un noyau révolutionnaire qui crée un gouvernement provisoire.

Le 23 septembre, les insurgés montent des barricades dans le parc de

Bruxelles et affrontent l’armée hollandaise qui se retire assez

vite, le 26 septembre. Il y a eu des morts mais pas de vrai bain de sang. Le

27 septembre, le gouvernement provisoire proclame l’indépendance.

La Belgique est née. Un congrès national est convoqué pour

donner une constitution à ce nouvel Etat.

A la recherche d’un roi

Mais ce nouvel Etat sera-t-il une république ou un royaume ? Le roi de

Hollande convoque, le 4 novembre 1830, une réunion des cinq grandes

puissances de l’époque, la Grande-Bretagne, la France, la Russie,

la Prusse et l’Autriche. Ces cinq pays reconnaissent la séparation

avec les Pays-Bas. Puis, le 20 janvier 1831, ils proclament l’indépendance

de la Belgique. Mais ils l’obligent à être neutre.

L’heure est alors, partout, à la royauté. C’est donc

tout naturellement que le gouvernement belge se cherche un roi qui serait approuvé par

les cinq grandes puissances. Ce sera finalement le prince Léopold de

Saxe-Cobourg-Gotha. Léopold est poussé par les Anglais et il

va épouser une princesse française, Louise d’Orléans.

Politiquement, Léopold arrange donc tout le monde. Le 21 juillet 1831,

Léopold 1er prête serment sur la Constitution belge et devient

notre premier roi. Le 21 juillet est devenu notre fête de l’indépendance

fête nationale).

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