Accueil > Cahiers > Trump président, (...) > Etats-Unis, un (...)


Aux États-Unis, la campagne électorale pour la présidence du pays n’a pas créé beaucoup d’enthousiasme. Les deux candidats à la présidence, Hillary Clinton et Donald Trump, semblent bien éloignés des réalités que vivent des dizaines de millions d’Américains. Car aux États-Unis, la situation économique et sociale n’est pas bonne malgré les promesses de l’ancien président Barack Obama.

Etats-Unis, un pays en crise

Thierry Verhoeven

lundi 7 novembre 2016

Aux États-Unis, 2 grands partis dominent la vie politique : le parti démocrate et le parti républicain. Depuis 2009, le démocrate Barack Obama est le président. Il avait promis plus de justice sociale et plus d’emplois. Obama n’a pas fait beaucoup mieux que le républicain George Bush, président de 2001 à 2009. Même si le président des États-Unis ne peut pas tout, il est le symbole d’une politique et de son parti.

Le parti démocrate et le parti républicain ont déçu beaucoup d’Américains. Et il n’y a pas eu beaucoup d’enthousiasme pour les candidats à la présidence en 2016. Côté démocrate, Hillary Clinton, femme de l’ancien président Bill Clinton, n’est pas très appréciée même dans son propre parti. Côté républicain, le milliardaire Donald Trump fait scandale même dans son propre parti mais il a l’avantage d’être un nouveau venu en politique.

Chômage et travailleurs pauvres

Il n’y a que 5 % de chômeurs aux États-Unis. C’est très peu. Cela fait dire que l’économie et la société vont mieux après la crise de 2008. Mais quels sont les emplois créés ? Souvent, ce sont des boulots précaires et mal payés. En plus, beaucoup d’Américains ne sont plus repris dans les statistiques du chômage. Voyons les chiffres.

Officiellement, il y a 8 millions de chômeurs. Il faut ajouter presque 2 millions de personnes sorties des statistiques. Aux États unis, un chômeur ne touche des allocations qu’un certain temps. Dès qu’il ne les touche plus, il n’est plus compté comme un demandeur d’emploi. Il suffit de travailler 1 heure dans le mois pour ne plus apparaître sur la liste des chômeurs. Un travailleur à temps partiel ou très réduit qui cherche un emploi à temps plein n’apparait donc pas comme un demandeur d’emploi. On peut donc dire que le chômage est bien au-dessus des 5 %. Certains disent même qu’il est au moins de 20 %.

Selon les enquêtes, 6 millions d’Américains aimeraient avoir un travail à temps plein mais n’ont qu’un travail à temps partiel. 60 % des nouveaux emplois créés depuis 2009 ne permettent pas de dépasser le seuil de pauvreté. Aux États-Unis, le salaire minimum brut est de 7,25 dollars par heure soit 6,30 euros. C’est dans l’Etat de Californie qu’il est le plus élevé mais il n’est que de 10 dollars bruts de l’heure soit 9 euros. Selon une étude, pour garder le même pouvoir d’achat qu’en 1960, le salaire minimum devrait être de 17,50 dollars bruts de l’heure. Pour vivre, il n’est pas rare d’avoir deux boulots. Et plus de 20 millions d’Américains sont des indépendants, des autoentrepreneurs : certains gagnent de l’argent, beaucoup d’autres restent pauvres. Beaucoup de ces emplois sont dans le ménage, les cafés-restaurants ou la sécurité.

Aux États-Unis, la classe moyenne s’est appauvrie et les pauvres sont restés pauvres. C’est vrai pour les Américains blancs. C’est encore plus vrai pour les Américains noirs ou d’origine hispanique. Ils sont 2 fois plus touchés par le chômage que les blancs. Ils sont aussi victimes d’injustices au niveau de l’école, du logement et parfois victimes de violences policières. Beaucoup d’Américains vivent donc mal leur situation. Et le président démocrate Obama les a déçus.

Obama a déçu

En 2008, Obama devient président des Etats-Unis. Beaucoup espèrent qu’il va améliorer la situation. En 2012, les Américains réélisent Obama même s’ils ne sont pas tout à fait satisfaits de sa politique. En 2016, ils sont vraiment déçus. Evidemment, Obama n’est pas le seul responsable de l’état de la société et de l’économie américaine. Mais pour beaucoup d’Américains, Obama n’a pas eu assez de volonté, de courage pour faire ce qu’il avait promis.

Obama avait promis plus de justice, plus d’emplois et plus de sécurité sociale. Il y a eu de petites améliorations dans le système de santé par exemple. Mais le bilan d’Obama est globalement mauvais. Ce qui s’est passé dans le secteur financier est devenu le symbole de la politique d’Obama et de son parti, le parti démocrate. Obama avait promis de réformer le système financier après la grande crise de 2008. En 2008, les Américains ont payé 700 milliards de dollars pour sauver les banques de la faillite. Les banques n’ont payé qu’une amende de 200 milliards pour leurs fraudes et leur mauvaise gestion. La justice n’a presque pas poursuivi les dirigeants des banques. En 2016, les banques restent toutes puissantes.

De plus en plus pauvres, les Américains font de plus en plus de prêts pour acheter leur voiture ou payer leurs études à l’université (les droits d’inscription coûtent très cher) Bref, pour beaucoup d’Américains, le démocrate Barack Obama et les élus démocrates ne font pas beaucoup mieux que les présidents et les élus républicains,

Clinton et Trump, décevants

En 2016, le démocrate Obama n’est plus candidat. C’est Hillary Clinton, démocrate elle aussi qui représente le parti démocrate. Elle est l’épouse de l’ancien président Bill Clinton et elle est bien plus liée au monde des banques et de la finance que Barack Obama. Le monde financier et beaucoup de gros actionnaires d’entreprises américaines soutiennent Hillary Clinton et financent sa campagne électorale. Hillary Clinton a tendance à laisser faire le commerce et les grandes entreprises sans vraiment mettre des règles au marché. Dans son parti, beaucoup lui reprochent ses liens avec la finance et elle a finalement dû changer un peu son programme. Elle promet plus de justice sociale et d’aider plus la classe moyenne et les pauvres. Mais elle ne convainc pas vraiment les Américains.

L’adversaire d’Hillary Clinton, c’est Donald Trump. Trump rappelle souvent les liens entre Clinton et l’argent. Il dit que sa politique et la politique des démocrates ont servi, sert et servira le marché économique, les grosses entreprises et la mondialisation. Il dit que cette politique laisse des millions de travailleurs américains dans la misère et avec un « mal au cœur ». Il n’a pas tout à fait tort. Donald Trump est un nouveau venu en politique. Il n’est donc pas associé à l’ancienne politique du parti républicain. Il séduit une partie des Américains, car il promet de rendre à l’Amérique sa grandeur et aux Américains la prospérité. Mais Donald Trump est aussi un chef d’entreprise milliardaire qui se vante d’utiliser des astuces légales pour payer peu d’impôt. Donald Trump a des propos grossiers, racistes et sexistes. Clinton et Trump semblent donc bien éloignés des réalités vécues par des dizaines de millions d’Américains.

Le bulletin de vote

Voici un bulletin de vote pour la présidence des Etats-Unis. L’électeur vote à la fois pour un candidat à la présidence et le candidat à la vice présidence associé. On voit qu’il y a le candidat républicain Trump et la candidate démocrate Clinton. Il y aussi un candidat du parti libertarien et une candidate des Verts, écologiste. Ces 2 candidats sont aussi candidats à la présidence même si on n’en parle jamais. Ils n’ont aucune chance d’avoir suffisamment de voix pour gagner.

1 Message

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0