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Les Etats-Unis disent qu’ils espionnent les communications téléphoniques et Internet pour lutter contre le terrorisme. Mais les écoutes des services américains de renseignement ne servent pas qu’à lutter contre le terrorisme.

Une justification qui ne tient pas…

Marc Vandermeir

jeudi 23 janvier 2014

Au début, quand les révélations d’espionnage ont commencé, l’administration américaine a d’abord affirmé que tout était faux. Mais les preuves étaient là. L’administration américaine s’est donc justifiée en parlant de lutte contre le terrorisme. Mais quand on écoute des chefs d’Etat et de gouvernement du monde entier et surtout de pays amis, ce n’est pas de la lutte contre le terrorisme. C’est tout simplement de l’abus de pouvoir. Là, donc, les dirigeants américains se sont excusés, mais à peine…

Des voix qui protestent

De plus, tous les grands fournisseurs de services Internet – qui sont tous américains – collaborent avec l’agence américaine de sécurité, en lui fournissant toutes les données qu’elle veut. Ainsi, vos informations Facebook, toutes vos recherches sur Internet via Google, Yahoo, etc, sont bien « suivies » et mises à la disposition des services américains. Mais vous et moi sommes-nous des terroristes ? Bien sûr que non ! Aux Etats-Unis et dans le monde, des milieux universitaires, étudiants, des associations de défense des droits de l’homme sont contre cet espionnage. Mais ils sont parfaitement ignorés. Car, aux Etats-Unis, depuis les attentats du 11 septembre 2001, certains estiment que tout doit être permis au nom de la lutte contre le terrorisme.

S’il faut bien sûr lutter contre le terrorisme, il ne faut pas pour cela espionner tout le monde. Espionner des chefs d’Etat, des responsables politiques, des institutions nationales et internationales et « monsieur tout le monde » est une atteinte aux droits de l’homme. Sans oublier, bien sûr, l’espionnage économique (voir article « Espionnage à tous les étages »).

La NSA débordée !

La NSA, l’Agence nationale américaine de la sécurité emploie 38 000 personnes et a 15 milliards de dollars de budget par an. C’est la plus grosse agence de sécurité au monde. Mais la NSA est complètement débordée par les informations qu’elle enregistre. Et donc elle ne peut pas exploiter toutes les informations qu’elle récolte, comme l’a récemment expliqué le journal américain « The New-York Times ». Le système d’écoute et de surveillance des échanges par Internet repose en effet sur une série de mots-clés que des logiciels détectent. En 2008, explique « The New-York Times », il y avait 21 177 mots-clés cherchés automatiquement ! Ce qui amenait un nombre énorme d’informations qui n’étaient même pas contrôlées. On a alors limité le nombre de mots-clés à 7 795. Du coup, le nombre de messages enregistrés chaque jour est tombé de 850 000 à 450 000. Mais, c’est encore beaucoup trop pour un contrôle efficace.

Tout le monde écoute tout le monde

Mais il n’y a pas que les Etats-Unis, le « grand méchant loup américain », qui est en cause. En réalité, tout le monde écoute tout le monde. Et depuis bien longtemps. Ce n’est d’ailleurs certainement pas un hasard si, début novembre 2013, une photo très spéciale a été remise à la presse par les services du président Barack Obama. Sur cette photo, on voit en effet le président américain assis dans une sorte de tente, entouré de conseillers et en train de téléphoner. Cette photo a été prise lors d’un déplacement d’Obama à l’étranger, dans la chambre occupée par le président, et alors qu’il devait téléphoner de manière confidentielle. En voyage, cette tente accompagne toujours le président. Rien à voir avec une idée bizarre : c’est une tente en tissu de haute technologie, qui empêche toute écoute…
Les flots de révélations sur les écoutes nous ont aussi appris que les services secrets brésiliens avaient branché leurs « oreilles » sur la Russie et des pays de l’Est. Ou encore que, lors de la réunion du G 20 (le groupe des 20 pays les plus industrialisés), en septembre en Russie, les chefs d’Etat, de gouvernements et les membres de délégations étrangères ont reçu en cadeau des petits gadgets informatiques… qui comportaient un dispositif d’écoute. Ce ne sont que deux exemples parmi beaucoup d’autres.

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