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Une fête sous haute surveillance

lundi 18 août 2008

8e jour du huitième mois en 2008. Il y a un peu plus de 10 jours, à Pékin, le président chinois Hu Jintao a ouvert officiellement les 26e Jeux olympiques d’été. 90 000 personnes assistaient à la cérémonie organisée dans le stade de Pékin. Une cérémonie extraordinaire pleine de fastes et de feux d’artifice. Mais malgré ces fastes, les Jeux olympiques de Pékin avaient déjà, pour beaucoup, un goût de fête gâchée. Et bien longtemps avant qu’ils ne commencent.

En 2001, le CIO a décidé que Pékin, capitale de la Chine, accueillerait les Jeux olympiques en 2008. Pour beaucoup, organiser les Jeux en Chine est contraire aux idées olympiques de paix et de tolérance. En Chine, il vaut mieux ne pas s’opposer au pouvoir. On peut facilement être envoyé en prison. La Chine est considérée comme une des dernières dictatures au monde. En 2001, le Comité olympique le savait : il a quand même décidé que la Chine organiserait les Jeux. Mais il a aussi demandé à la Chine de mieux respecter les droits de l’homme.

Pourtant, en mars 2008, quelques mois avant le début des jeux, la Chine a réprimé très sévèrement des manifestations de Tibétains. Aussitôt, partout dans le monde, des manifestants ont défilé pour soutenir la cause du Tibet. Et plus largement, les droits des opposants et des minorités. Dans pas mal de pays occidentaux, on a encouragé les dirigeants des pays occidentaux à montrer qu’ils n’étaient pas d’accord avec la Chine. Quelque chose comme par exemple, ne pas assister à la cérémonie officielle d’ouverture des jeux.

Le jour où la flamme des Jeux olympiques de Pékin a été allumée à Olympie, trois membres de RSF (Reporters sans Frontières) avaient déployé une banderole derrière la tribune officielle. Sur cette banderole, on pouvait lire « Boycottez le pays qui piétine les droits de l’Homme ».

Ensuite, dans beaucoup des villes qui accueillaient la flamme olympique, des manifestations ont été organisées : à Londres, à Paris, à San Francisco…

Pourtant le président du CIO, Jacques Rogge a toujours maintenu que le Comité a eu raison d’accorder les Jeux à la Chine, pays le plus peuplé du monde.

"Le CIO considère qu’il a pris une sage décision en accordant les Jeux à Pékin et nous n’éprouvons aucun regret." Cela nous fournit l’avantage considérable d’apporter le sport et les Jeux olympiques à un cinquième de l’humanité", a-t-il ajouté. C’est l’esprit de la grande « famille olympique ». Car le CIO a pour principe de ne pas intervenir dans les affaires politiques. Et il a l’espoir que, sous les regards du monde, la Chine sera obligée de relâcher la pression sur ses opposants.

Les ONG aussi espéraient que les autorités chinoises, alors qu’elles accueillaient des dizaines de journalistes et de touristes, seraient obligées de laisser plus de place à la liberté d’expression, à la liberté de religion et aux opposants. Un peu plus de dix jours après leur début, les jeux Olympiques ont-ils fait progresser la situation des droits de l’Homme en Chine ? Non. En dix jours de Jeux, l’accès à l’internet a été limité pour empêcher les Chinois de communiquer librement, des militants pro-Tibet ont été interpellés, des opposants arrêtés juste avant les Jeux n’ont pas été libérés.

Par exemple, une habitante de Pékin a été condamnée à 30jours de prison pour "troubles à l’ordre public". Elle réclamait simplement une compensation pour sa maison démolie à cause des travaux pour les Jeux.

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