Accueil > Cahiers > La sécu aux urgences > Une étude qui dérange


Une étude qui dérange

Sécu

samedi 1er septembre 2007

La Belgique est un des pays où la population est la plus satisfaite des soins de santé. Notre système de santé est considéré comme “un des meilleurs du monde”. En Belgique, les soins sont de qualité. Il n’y a pas de listes d’attente pour un spécialiste, une opération. Il y a un médecin pour 1 000 habitants. Chacun peut choisir librement son hôpital, son généraliste, son spécialiste, son kiné, son pharmacien ou encore son service de soins infirmiers. Les soins, les médicaments ne sont, dans la plupart des cas, pas encore hors de prix. Et une partie de ces soins, de ces médicaments sont remboursés.

Est-ce que tout va pour le mieux pour autant ? Une étude de la Fondation Roi Baudouin montre de grandes inégalités dans la santé. Les groupes sociaux plus favorisés vivent plus longtemps et surtout, plus longtemps en bonne santé que ceux qui sont en bas de l’échelle sociale. La Fondation Roi Baudouin a mis en place un groupe de travail autour de cette question qui a de quoi déranger.

Le groupe de travail de la Fondation Roi Baudouin a réuni des représentants du secteur de la santé et de l’aide sociale au sens large. Ce groupe de travail s’est appuyé sur une équipe d’experts scientifiques de l’ULB et de l’Université de Gent, un représentant d’EuroHealthNet et deux conseillers. Ce groupe de travail a rédigé une note à l’intention de notre futur gouvernement. La Fondation Roi Baudouin veut encourager les différents niveaux de pouvoirs à agir contre les inégalités en matière de santé. Michel Roland, généraliste et à l’Université Libre de Bruxelles, faisait partie du groupe de travail. Nous lui avons posé quelques questions.


Photo : Flémal

Interview

Question : Pour réaliser cette étude, il a fallu évaluer et comparer l’état de santé de plusieurs habitants du pays. Comment s’y prend-t-on ?
Réponse : On utilise une série d’indicateurs objectifs. Il y a l’espérance de vie, et l’espérance de vie en bonne santé, sans invalidité. Il y a aussi le nombre d’enfants qui meurent avant deux ans, le nombre de naissances prématurées, le nombre d’avortements. Quand tous les indicateurs négatifs s’additionnent, cela montre qu’il y a un problème. Les données se recoupent et donnent une image assez précise de la santé d’une population.

Et que montrent ces indicateurs ?
Ces indicateurs montrent que les inégalités en santé recouvrent les inégalités sociales. Les personnes qui vivent dans l’aisance vivent en moyenne une vingtaine d’années de plus en bonne santé que les personnes les plus pauvres. C’est énorme.

Est-ce propre à la Belgique ? Que se passe-t-il dans d’autres pays européens ?
Dans tous les pays européens, ces inégalités en santé existent aussi. Dans certains pays comme la Norvège, ce fossé entre riches et pauvres est moins important. Mais ce fossé existe partout. Et ce qui est alarmant, c’est que ce fossé augmente, au lieu de diminuer.

Pourquoi cette dégradation ? Est-ce que les soins de santé sont moins bons ou moins abordables ?
Pour qu’une population soit en bonne santé, il faut bien sûr un bon système de santé. Une sécurité sociale où le risque individuel est dilué par la solidarité. Mais il ne faut pas seulement un bon système de santé. La santé ne dépend pas uniquement des soins mais aussi des conditions de vie. Beaucoup de choses jouent : le climat, l’alimentation et surtout le mode de vie, les conditions de vie, les conditions de travail , la pression professionnelle... Tout cela joue un rôle important. L’état de santé est plus mauvais si les conditions de vie se dégradent.

Et comment pourrait-on inverser la tendance ?
Pour inverser la tendance, il faut plus d’égalité et de démocratie. Il faut notamment encourager les bonnes pratiques locales, les initiatives au niveau des quartiers... Il est aussi prévu de créer un centre qui évaluera les répercussions sur la santé des lois fédérales, communautaires et régionales.

2 Messages

  • 30 avril 2012 14:52, par Rosalie

    SVP messieurs et mesdames les ministres ,SVP messieurs et mesdames les médecins de ce petit pays,SVP ne fermer plus les yeux sur l’état de certaines maisons de repos et de leur organisation bancale pour ne pas dire malhonnêtes.
    SVP ,établisser des lois pour que nos personnes âgées soient soignées avec tout le respect qu’ils méritent.SVP contrôler les maisons de repos au niveau de l’hygiène,de la nourriture,des soins,du nombre du personnel qualifié,de l’état des lieux au niveau de la sécurité,du nombre de sorties et d’occupations pour les MR et les MRS qu’on préfère mettre en bout de couloir ou au dernier étage pour qu’on ne les voit pas.
    Il ne faut pas avoir honte de vieillir,on ne peut pas avoir honte d’être handicappé par les aléas du temps.
    Ce n’est pas aux familles à responsabiliser,les familles sont pieds et mains liées,les places sont rares surtout pour les personnes qui demandent beaucoup de soins.
    c’est au monde politique et médical à relever ses manches et d’agir sans faire de bla bla égocentriques .
    Merci.

  • 12 mai 2012 09:57, par Rosalie

    Bonne fête aux infirmières courageuses du monde entier.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0