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Un procès long et compliqué

Procès Cools

samedi 1er novembre 2003

L'Essentiel, l'actualité simple comme bonjour

Photo: Belga

Le procès des assassins de l’ancien ministre André Cools a débuté le 17 octobre dernier devant la Cour d’assises de Liège. Ce procès s’annonce long et compliqué. Retour sur dix ans d’enquête à rebondissements...

18 juillet 1991, 07h25: des coups de feu claquent sur le parking d’un immeuble à Cointe, près de Liège. Un homme est tué sur le coup. Une incroyable affaire politique et judiciaire vient de commencer. En effet, la victime n’est pas n’importe qui. Il s’agit d’André Cools. Cet homme de 63 ans était ministre d’Etat, ancien ministre, patron du Parti socialiste (PS) liégeois et ancien président du même parti.

En dix ans d’enquête, des centaines de témoins ont été auditionnés et des tueurs ont été arrêtés. Aujourd’hui, il n’y a qu’une seule certitude: les auteurs du meurtre sont connus. Il s’agit de deux Tunisiens qui ont été condamnés à vingt ans de prison par la justice de leur pays. Ces tueurs pourraient être amenés en Belgique pour témoigner au procès. Mais il n’y a rien à attendre de ce qu’ils diront: après leur arrestation, ils n’ont pas pu donner d’informations sur ceux qui ont commandé cet assassinat ou sur les mobiles du crime. D’ailleurs, ces tueurs croyaient abattre un trafiquant de drogue gênant pour d’autres filières de drogue.

La cour d'assises de Liège devra juger une affaire pleine de rebondissements (Photo: Belga)

Deux pistes, et la “guerre des juges”

Après l’assassinat, la juge d’instruction Véronique Ancia est chargée de l’enquête. Le 26 juillet 1991, une lettre anonyme lui parvient. Ce document met en cause Alain Van der Biest qui était alors ministre wallon des Affaires intérieures. Huit mois plus tard, Carlo Todarello, un truand italien, fait des déclarations. Il accuse Alain Van der Biest ainsi que son secrétaire particulier, Richard Taxquet. Pour Todarello, ce sont eux qui ont commandité le meurtre. Par ailleurs, il prétend aussi que Guy Mathot est impliqué dans cette affaire. Cet homme de pouvoir du Parti socialiste n’était pas du tout apprécié d’André Cools.

A Liège, la juge et les enquêteurs se méfient des accusations de Todarello. Pourquoi? Dans le même temps, cet homme est aussi inculpé par le juge Connerotte dans un dossier de titres volés. Or, toutes les personnes proches d’Alain Van der Biest citées dans l’affaire Cools se retrouvent dans ce dossier. Le juge Connerotte est donc persuadé que cette affaire de titres volés est à l’origine de l’assassinat de l’ancien ministre. Par contre, à Liège, on préfère s’intéresser aux intérêts financiers du PS. C’est ainsi que la juge Ancia mettra à jour les affaires SMAP et Agusta. La première concerne des détournements de fonds dans cette grande compagnie d’assurance. Tandis que la seconde se rapporte à des commissions versées au PS par ce constructeur italien d’hélicoptères pour décrocher une commande de l’armée belge. Depuis, les affaires SMAP et Agusta ont été jugées. Elles n’ont pas permis d’établir de lien avec le meurtre d’André Cools.

Par ailleurs, la juge Ancia a aussi enquêté sur les relations entre les dirigeants du PS ainsi que sur les pratiques financières du parti. Le 1er juin 1994, la Cour de cassation dessaisit le juge Connerotte et transfère son dossier à la juge Ancia. Depuis, l’affaire des titres volés a aussi été jugée. Presque tous les inculpés du procès Cools qui étaient concernés ont été condamnés. Mais là non plus, le lien avec l’affaire Cools n’a pas pu être prouvé.

Témoin anonyme

En juin 1996, un nouveau rebondissement très important intervient. Un homme se présente aux enquêteurs. Il affirme qu’il sait tout ou presque sur l’assassinat d’André Cools. Cependant, il veut rester anonyme et exige de l’argent. Il obtiendra 8 millions de francs et l’anonymat garanti. Ses révélations confirment la piste d’Alain Van der Biest et de ses proches. Elles permettent de retrouver les armes, les caches des tueurs, les personnes qui ont engagé les tueurs... Ce témoin accuse Pino Di Mauro, Carlo Todarello, Cosimo Solazzo, Richard Taxquet, Alain Van der Biest et Guy Mathot d’être les organisateurs de l’assassinat. Aujourd’hui, les quatre premières personnes citées par cette personne anonyme se retrouvent sur le banc des accusés. Quatre autres hommes sont aussi inculpés: Silvio De Benedictis, Domenico Castellino, Mauro De Santis et Luigi Contrino.

Le procès qui vient de s’ouvrir à Liège va-t-il permettre de répondre à la question suivante: qui a commandité l’assassinat d’André Cools et pourquoi? Rien n’est moins sûr... D’autant plus qu’un seul inculpé sur huit est passé aux aveux. Il s’agit de Domenico Castellino. Les autres nient leur rôle dans ce crime. Et puis, surtout, il y a un grand absent: Alain Van der Biest, qui s’est suicidé en 2002...

Marc Vandermeir

3 Messages

  • 21 février 2005 17:34, par Barreau Marc

    En ce 10 décembre 2004, je viens de terminer le livre de M. Van der Biest " Que tout aille bien".

    Un homme qui a le courage de se mettre à nu avec autant de sincérité, ne peut être un assassin.
    Ceci est ma profonde conviction et j’espère qu’un jour,son honneur sera rétabli aux yeux de tous.

    "Cher Alain, toi qui nous regardes d’en haut, je peux t’assurer que ton cri de détresse a été attendu"

    Un militant pour qui la politique est une relation d’amour fraternel et non une affaire de "business"

  • 14 mars 2007 08:44, par Gunter

    Enfin ils vont la fermer et cesser de nous casser les noix avec cette histoire qui "selon les sources" pourait se résumer par "assasinat d’un truand" ...

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