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Un monde si libre !

mardi 1er janvier 2008

Le nouveau film de Ken Loach vient de sortir en France début janvier. Son titre : « It is a free world », « C’est un monde libre » rappelle que la liberté des uns a toujours un prix pour les autres. Un prix parfois très lourd.

« It’s a free World » montre les effets de la violence économique en Grande-Bretagne aujourd’hui. Le film raconte l’histoire d’Angie. Angie se définit elle-même. Elle a 33 ans. 12 000 livres de dettes. Des montagnes de cartes de crédit. Un fils dont elle veut la garde. Elle est injustement licenciée de son agence de recrutement. Et Angie est prête à tout pour avoir un vrai emploi. Avec sa colocataire, elle décide d’ouvrir sa propre agence de recrutement : « Angie et Rosie ». Elle trouve la main-d’oeuvre dont certains patrons ont besoin : des travailleurs précaires, des immigrés puis des clandestins. Et Angie, l’ancienne exploitée, change de rôle. Elle participe, elle aussi à une sorte d’esclavage moderne : l’exploitation d’immigrés clandestins... Une exploitation qui va très loin.

Cette exploitation des pauvres par les pauvres est désespérante. Chacun est prêt à tout pour survivre. Chacun a ses raisons d’agir comme il le fait. Angie, mère célibataire veut des revenus stables et un statut social. Elle veut pouvoir élever son fils.

Un système en question

Le personnage central de ce film est interprété par une actrice inconnue : Kierston Wareing. Cette actrice est une découverte. Elle prête son franc-parler et sa blondeur à Angie, une femme moderne, une battante tantôt victime, tantôt bourreau. Une femme que l’on excuse ou que l’on condamne. Et que l’on quitte après 1h33 de film, sans bien savoir si on la comprend ou si on la déteste.
Ken Loach ne juge pas Angie. Il veut montrer une société perdue, un système qui permet tous les égoïsmes.

Ken Loach s’explique sur l’origine de ce film. Il rappelle le documentaire qu’il a consacré en 1997 sur les dockers de Liverpool et dit : « La disparition de la sécurité de l’emploi des travailleurs et l’augmentation du nombre d’agences de placement sont des éléments très significatifs sur lesquels on ne communique pas. C’est pourtant un fait explicite de la manière dont la vie des gens a changé, et aussi le résultat d’une décision politique, qui peut être remise en question (...) »

Il rappelle aussi qu’en Grande-Bretagne, « les travailleurs immigrés sont plus exploités que jamais. » L’originalité de ce film, c’est qu’il adopte, pour une fois, le point de vue des exploiteurs et pas des exploités.

Ken Loach, réalisateur engagé

Ken Loach, (Kenneth Loach) est un réalisateur britannique engagé. Ken Loach a toujours réalisé des films qui parlent de la réalité sociale des petites gens. Il a notamment réalisé « Pas de larmes pour Joy » (1967), « Family Life » (1971), « Raining Stones »(1993), « Ladybird » (1994), « Land and Freedom » (1995), « Carla’s song (1996), « My Name is Joe » (1999) et plus récemment : « Le vent se lève » (2006).

Ken Loach a reçu plusieurs récompenses pour ses films au cours de sa carrière. Ainsi, il a obtenu le prix du jury au festival de Cannes pour Raining Stones. En 2006, toujours à Cannes, il a reçu la Palme d’or pour « Le vent se lève ».

Son dernier film, « It is a free world » a reçu le prix du scénario au célèbre festival de cinéma de Venise de 2007. C’est Paul Laverty, le scénariste attitré de Ken Loach depuis « Carla’s song » qui en a signé le scénario.

Raining Stones

En 1993, Ken Loach avait réalisé Raining Stones. Ce film bouleversant décrit le combat de deux chômeurs pour leur dignité.
L’histoire se passe à Manchester en Angleterre, au début des années 90. Deux copains, Bob et Tommy sont au chômage. Ils essaient de gagner un peu d’argent grâce à des petites combines plus ou moins foireuses. Par exemple, ils volent un mouton. Mais ils n’arrivent pas à vendre sa viande !

Tommy accepte de temps en temps de l’argent de sa fille qui gagne bien sa vie. Mais il en a honte...

Bob et sa femme, Anne, ont besoin d’argent : leur fille Coleen prépare sa première communion. Et Bob est prêt à tout pour qu’elle ait une belle robe, « comme les autres » petites filles. Cette robe de communiante est pour lui une vraie obsession. Pour l’avoir, il est prêt à tout. Il accepte tous les boulots. Même les plus sales, les moins bien payés. Mais malgré ses efforts, il ne parvient pas à réunir l’argent de la robe. Il ira jusqu’à emprunter de l’argent à un usurier...

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