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Les règles de commerce entre le Nord et le Sud creusent encore plus le fossé entre pays riches et pays pauvres. Dans les années cinquante, certains ont eu l’idée de faire un commerce plus juste. Cette idée a de plus en plus de succès. Mais elle ne suffit pas, seule, à rendre les échanges Nord/Sud plus justes.

Un commerce plus juste

Olivier Brouet

vendredi 3 avril 2015

Quels sont les déséquilibres Nord-Sud ? Un peu d’histoire. Au 19e siècle, l’Europe s’industrialise. Elle en profite pour coloniser le reste du monde. L’économie des pays colonisés est organisée pour servir avant tout les intérêts de l’Europe. Les pays du Sud fournissent les produits agricoles et les matières premières pour le Nord.

Le marché d’abord

La décolonisation commence juste après la seconde guerre mondiale. Les nouveaux Etats indépendants du Sud ont des produits à faible valeur ajoutée. Ils doivent les échanger contre des produits chers, à forte valeur ajoutée, venus des pays industrialisés. Ensuite, il y a un autre déséquilibre. Les pays riches protègent leur économie. De deux manières : ils fixent des barrières douanières. C’est-à-dire des taxes sur les produits importés. De plus, ils accordent des aides aux producteurs des pays les plus riches. Cette politique a fait beaucoup de dégâts au Sud. Surtout dans l’agriculture. Les pays du Sud ont demandé que l’on corrige ce déséquilibre. Certains produits du Sud peuvent maintenant être vendus dans les pays riches en étant très peu taxés.

Un commerce mondial

En plus, depuis 1945, le commerce international s’est mondialisé et libéralisé. Pays riches et pays pauvres organisent des « cycles de négociation ». Lors de ces rencontres, ils essayent de fixer les règles du marché mondial. Depuis 2001, c’est le cycle de Doha de l’OMC. Ce cycle a été suspendu en juillet dernier. Les décisions du cycle de Doha ne sont pas réjouissantes pour les pays les moins développés. La responsable d’une ONG canadienne affirme : « les négociations se font sur l’ouverture des marchés surtout pour que les pays du Nord puissent vendre leurs produits aux pays du Sud les plus développés. » Par contre, on s’intéresse beaucoup moins dans ces négociations à fixer « des règles commerciales qui pourraient créer de l’emploi, lutter contre la faim et la pauvreté et assurer un développement durable. »

Commerce plus juste

On le voit, les gouvernements n’arrivent pas à fixer des règles plus justes pour un commerce Nord-Sud. Des associations, des ONG essayent donc de le faire. C’est, ce que l’on appelle le commerce équitable. Le principe est simple. Des associations du Nord achètent à un prix stable et plus juste les matières premières et les produits aux petits producteurs et aux coopératives du Sud. Les produits sont vendus ici, parfois un peu plus chers que les produits commercialisés par les grandes multinationales. Mais l’argent de la vente sert au développement des pays du Sud. Les petits producteurs du Sud peuvent acheter de nouvelles machines. La coopérative peut construire une école ou un petit hôpital.

Une idée déjà ancienne

Cette idée est née dans les années 1950. En bourse, le cours du café s’était alors effondré. Les petits producteurs du Sud tombent dans la misère. Ils ont demandé qu’on leur permette de vendre leur café dans des bonnes conditions plutôt que de leur envoyer une aide alimentaire. Depuis, l’idée a fait son chemin. Des marques de commerce plus juste, comme les produits Max Havelaar, sont nées. OXFAM et les Magasins du Monde vendent, chez nous, beaucoup de produits équitables. C’est un pas dans la bonne direction. Mais cette idée repose surtout sur la bonne volonté des consommateurs. Et la bonne volonté ne suffit pas à compenser les déséquilibres Nord-Sud. Il faudrait que les Etats imposent de nouvelles règles au commerce mondial et aux entreprises multinationales.

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