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Le 8 novembre, les Américains ont élu le milliardaire populiste Donald Trump. Il deviendra le 45e président des États-Unis en janvier prochain. Cette élection-surprise a de quoi inquiéter, aux États-Unis et ailleurs.

Et maintenant, que va-t-il faire ?

Lydia Magnoni

mardi 15 novembre 2016

Quand Donald Trump, magnat de l’immobilier, milliardaire et star de téléréalité, s’est lancé dans la course à la présidence des États-Unis en juin 2015, personne n’a pris sa candidature au sérieux. Les sondages lui donnaient seulement 4 % des votes. 4 %, un score que peuvent espérer les candidats fantaisistes qui font le show dans une campagne.
Donald Trump a pourtant surpris une première fois tout le monde en juillet 2016. Il a remporté les primaires du parti républicain. Au fil de la campagne, Trump a progressé dans les sondages. Mais jusqu’à la fin, presque tout le monde a continué à le donner perdant face à la démocrate Hillary Clinton.

Une campagne qui vole très bas

La campagne de Donald Trump a pourtant été digne du personnage : violent, misogyne, grossier, suffisant, vulgaire. Il s’est par exemple, vanté d’avoir réussi à ne pas payer d’impôt pendant des années. Il a aussi prétendu être capable de faire tomber n’importe quelle femme dans ses bras.
Au cours de la campagne, il a insulté les femmes, les journalistes, les immigrés, les musulmans, les Mexicains, accusés de n’être que des vendeurs de drogue, d’être des criminels et des violeurs.
Il est favorable aux armes. Il veut renvoyer chez eux tous les immigrés clandestins, même s’ils vivent et travaillent aux États-Unis depuis longtemps. Il a parlé d’interdire l’entrée du pays aux musulmans et de construire un mur à la frontière du Mexique.
Trump est aussi obsédé par le complot. Par exemple, il ne croit pas au réchauffement climatique. Pour lui, c’est une fable des Chinois qui veulent imposer leur industrie.

Victoire d’un opportuniste

Donald Trump a profité de la grave crise du parti républicain pour devenir le candidat de ce parti. Et pour son élection à la présidence des États-Unis, il a surfé sur les malaises et les divisions de la société américaine.
Aux États-Unis, il y a un malaise économique. Car malgré une croissance correcte et un chômage assez faible, les inégalités sont de plus en plus fortes. Et beaucoup d’électeurs qui ont subi le plus la crise économique ont pour la première fois voté républicain et pas démocrate. Ils ont dit leur colère et leur détresse en votant pour Trump.

Il y a un malaise culturel aussi. Les États-Unis sont divisés entre ceux qui sont favorables aux changements culturels et ceux qui n’en veulent pas. Beaucoup de partisans de Trump ont l’impression que l’Amérique change trop vite et perd son identité. Parmi ces changements rapides : un premier président noir, la création d’un système de santé national, le mariage homosexuel, la légalisation du cannabis, le droit à l’avortement.
Les partisans de Trump sont plutôt des hommes blancs, conservateurs, âgés et chrétiens. Ils ont le sentiment de perdre un monde connu et rassurant, blanc, chrétien, socialement conservateur, dans lequel ils sont majoritaires.

Ils s’opposent aux jeunes progressistes qui vivent en ville, aux minorités et aux immigrés. Des groupes qui votent plutôt démocrate. L’inexpérience de Trump en politique l’a aussi aidé à gagner. Car Hillary Clinton est une femme de pouvoir. Elle a exercé beaucoup de responsabilités politiques. Elle est donc très liée aux « élites » que Trump n’a pas cessé de critiquer. Face à ces élites, Trump s’est présenté comme celui qui incarnait le changement… Mais le changement vers quoi ?

Dégâts et menaces

La campagne de Trump a rendu à nouveau banal le discours raciste, misogyne et violent… Et ça ne fait que commencer.
Avec Trump à la Maison-Blanche, les luttes pour les droits des femmes, contre le racisme, contre les inégalités sociales, vont en prendre un coup.
Déjà, Trump a annoncé qu’il nommerait à la Cour Suprême un juge
remettant ainsi en cas le droit à l’avortement dans plusieurs États.

Trump a aussi annoncé qu’il changerait l’assurance santé votée sous Obama, même s’il promet de la remplacer par un autre système. Cette réforme a permis de donner une assurance médicale à 22 millions d’Américains qui ne pouvaient pas se l’offrir. Grâce à cette réforme, les assureurs ne pouvaient plus refuser un patient à cause de son état de santé. Et les parents pouvaient faire bénéficier leurs enfants plus longtemps de leur couverture santé.
Trump a confirmé sa volonté de renvoyer les illégaux aux frontières… Et de remettre en question les accords de Paris pour combattre le réchauffement climatique.

Les amis de Donald

En Europe, les quelques personnalités politiques qui se réjouissent de la victoire de Donald Trump nous éclairent un peu plus sur la personnalité du nouveau président américain.

Parmi eux, le Britannique Nigel Farage, un homme politique nationaliste anglais qui a milité pour le Brexit. Il y a aussi le Premier ministre hongrois Viktor Orban, connu pour son discours et sa politique contre les immigrés et les réfugiés. Mais surtout la famille Le Pen, Marine Le Pen en tête.

Marine Le Pen, présidente du parti Front national, y voit un bon signe pour les présidentielles françaises où elle est candidate. « Clairement, la victoire de Donald Trump est une pierre supplémentaire dans l’arrivée d’un nouveau monde qui a vocation à remplacer un ordre ancien », a souligné Marine Le Pen.
Antonio Gramsci, communiste italien, écrivait, lui, il y a quelques années : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres… »
Il est vrai que l’élection américaine marque une rupture avec le monde ancien, mais le nouveau monde, on le voudrait plus juste, ouvert, solidaire, fraternel… Et ça, c’est juste l’opposé du monde selon Donald Trump et Marine Le Pen…

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