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Dans nos démocraties d’Europe, les marchés financiers et les politiques d’austérité dictent les règles de la société. Presque tous les dirigeants politiques l’acceptent. Ils disent qu’on ne peut pas faire autrement. La victoire du parti Syriza en Grèce est l’espoir qu’on peut faire autrement. L’espoir qu’on peut faire une politique pour le peuple, pour le bien commun. Syriza, c’est l’espoir pour les Grecs, c’est aussi l’espoir pour beaucoup d’Européens.

Syriza : la démocratie où on ne l’attend pas

Thierry Verhoeven

jeudi 29 janvier 2015

Téléchargez en bas d’article un exercice et sa correction

Qui s’en souvient encore ? Au printemps 2011, des millions de personnes manifestent dans plusieurs pays d’Europe parce qu’ils sont indignés.
Indignés, pourquoi ? Indignés parce que leur gouvernement se soumet toujours plus aux banques et au système financier. Alors qu’en 2008 ce système a provoqué une crise mondiale. Et que les Etats ont alors dû sauver les banques.
Indignés parce que leur gouvernement fait payer la crise financière à la population en faisant une politique d’austérité. Indignés parce que les partis politiques n’écoutent plus le peuple et qu’ils font tous à peu près la même chose quand ils sont au pouvoir. Indignés parce que beaucoup de gens n’ont pas de logement, pas de travail décent. Indignés à cause des inégalités dans la société. Indignés à cause du manque de liberté.
On a appelé ce mouvement « le mouvement des Indignés ».

Des Indignés à Syriza

Le mouvement des Indignés est contre la « dictature » des marchés financiers. Il est pour une autre manière de faire de la politique. Il est pour une politique d’égalité et de liberté. Ce sont les Espagnols qui ont lancé le mouvement. Les Grecs ont suivi puis d’autres pays. Le mouvement a duré quelques mois. Et puis, plus rien ou presque. On ne parle plus des Indignés dans les médias. La vie politique et la vie tout court reprend comme avant ou presque. Les Etats et l’Union européenne continuent d’imposer une politique d’austérité à la population. Mais la victoire de Syriza en Grèce redonne l’ espoir que les choses peuvent changer.

Syriza, c’est une abréviation qui veut dire en français : Coalition de la gauche radicale. C’est un parti politique grec de gauche. Il a été créé en 2004 par des communistes, plusieurs petits partis et quelques mouvements associatifs. Au départ, Syriza n’est pas un seul parti mais un rassemblement de plusieurs groupes. Syriza se présente aux différentes élections grecques. Mais il n’atteint jamais les 5% des voix. Syriza ne pèse donc pas beaucoup sur la vie politique en Grèce. Pourtant aux élections de juin 2012, Syriza a 17% des voix ! Juin 2012, c’est-à-dire un an après le mouvement des Indignés(1).

Vote réaliste

Ce ne sont pas les Indignés qui ont créé Syriza mais leur mouvement a influencé le vote des Grecs. Même si le mouvement des Indignés a disparu, ce qu’il a fait a joué un rôle dans le résultat de Syriza. Beaucoup de membres de Syriza n’avaient jamais été dans un parti politique. Le mouvement des Indignés les a sans doute en partie motivés à s’affilier. Syriza travaille d’ailleurs beaucoup avec les différents mouvements sociaux et associatifs. Comme le dit le philosophe et sociologue spécialiste de la Grèce, Michel Vakaloulis : « Le mouvement des Indignés a beaucoup influencé Syriza. Il a influencé sa manière d’être. Grâce à cela, Syriza est capable d’actions collectives qui ont un prolongement politique. »

Finalement, en janvier 2015, Syriza fait plus de 36% des voix. Il gagne les élections et dirige le gouvernement. Cela ne veut pas dire que tous les électeurs de Syriza sont pour toutes les idées de Syriza. Comme le dit encore, le spécialiste Michel Vakaloulis : « Ce n’est pas un vote pour protester. Ce n’est pas non plus un vote pour accepter toute l’idéologie de Siryza. C’est un vote pour des besoins matériels et quotidiens. Ils ont voté Syriza d’abord pour améliorer leur quotidien. » En effet, depuis 6 ans, de plus en plus de Grecs sont au chômage ou tombent sans la pauvreté. Ils en ont assez du parti de droite, Nouvelle Démocratie et du parti socialiste, le Pasok. Ces deux partis ont gouverné tour à tour le pays. Et ils ont fait tous deux la même politique d’austérité. Syriza le sait. Les premières choses que le nouveau gouvernement Syriza va faire, c’est augmenter les salaires et aider la population pauvre. Le vote pour Syriza, c’est aussi plus que cela.

Vote d’espoir

Le vote pour Syriza, c’est un vote d’espoir. Comme le dit encore Michel Vakaloulis : « Syriza a contribué à une forte politisation de l’espace public grec. Syriza remet en cause deux tabous : la politique de l’austérité et le remboursement de la dette de l’Etat grec. » L’austérité et la dette ne sont pas seulement des tabous en Grèce. Ils le sont dans toute l’Union européenne. Beaucoup de dirigeants européens ont peur de la victoire de Syriza. Syriza fait aussi peur aux banquiers et à ceux qui jouent sur les marchés financiers car Syriza remet en cause leur pouvoir. Et la victoire de Syriza peut être un exemple pour d’autres pays. Déjà en Espagne, le parti politique Podemos pourrait gagner les élections. Et pour Podemos, Syriza est un modèle.

Parce que Syriza fait peur à celles et ceux qui dominent le système, certains médias le critiquent déjà. Ils disent que la politique de Syriza n’est pas réaliste. Ou encore que le dirigeant de Syriza devenu premier ministre, Alexis Tsipras, a trop de pouvoir dans le parti, etc. Par ce que Syriza a déjà fait en Grèce, il montre pourtant qu’une autre politique est possible. Que le peuple remette en cause une politique pour le bien commun et l’intérêt général, n’est-ce pas une des leçons de démocratie ? Les dirigeants européens et certains médias qui leur sont soumis feraient bien de réapprendre leurs leçons.

(1) En Grèce, on a appelé le mouvement des Indignés, le "mouvement des places" : les gens occupaient les places publiques.

L’exercice

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Et sa correction

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Pour mieux comprendre ce qu’est la gauche et ce qu’est la droite, un article sur notre site La gauche et la droite

Ecoutez une émission de France Culture
Cultures monde
qui parle du mouvement Podemos en Espagne, de Syriza en Grèce et d’autres mouvements politiques en Europe avec :
Michel Vakaloulis, philosophe et sociologue, maître de conférences en Sciences Politiques à l’Université Paris 8 de Saint Denis ;
Albert Ogien, sociologue, directeur de recherche au CNRS et membre du CEMS ;
Ivan Vilibor Sinčić, leader du parti (ONG) croate Zivi Zid.

1 Message

  • Syriza : la démocratie où on ne l’attend pas 20 février 2015 12:01, par Salva

    Lors du 1 mai 2015 nous organisons une rencontre infos/échanges, avec le syndicat Cgsp de La Louvière, sur le thème " peut-on lutter autrement " . Pour ce fatre notre asbl recherche en Belgique des relais de Syria et Podemos. Pourriez vous me donner des infos, des contacts ? Merci de votre soutien, mon gsm est 0479/298058 ou répondre par mail à
    dimartino.salvatore52 chez gmail.com

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