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En 2013, presque 900 millions de personnes ont un manque alimentaire. Ce n'est pas nouveau. Le problème était posé en 2009 lors d'un sommet mondial contre la faim. On posait déjà les vrais problèmes...Aujourd'hui, on attend encore les solutions...

Sommet contre la faim, sensibiliser la population et aussi les... dirigeants de la planète

dimanche 29 septembre 2013

Du 16 au 18 novembre 2009, il y a eu le sommet mondial de la FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. La FAO lutte contre la faim et la malnutrition dans le monde. Et il y a du boulot.
Selon la FAO, 1,02 milliard de personnes dans le monde sont aujourd’hui sous-alimentées. Soit presque 1 personne sur 6. Toutes les 6 secondes, un enfant meurt de malnutrition. Pour sensibiliser la population et les dirigeants de la planète, la FAO lance une pétition. Et samedi 14 novembre, le dirigeant de la FAO et de l’ONU ont même fait un jour de grève de la faim. Pour le symbole…

La faim, pas pareille dans toutes les régions

La faim ne touche pas tous les pays de la même façon. Ce sont les habitants de pays d’Asie, du Pacifique, d’Afrique, d’Amérique latine qui souffrent le plus de la faim. Les régions les plus touchées par la faim sont souvent les régions les plus peuplées : les pays d’Asie et du Pacifique. Mais la sous-alimentation n’est pas seulement liée à une population importante. Ainsi, en Afrique subsaharienne, 32% soit presque 1 personne sur 3 sont sous-alimentées. L’Afrique subsaharienne est la région la plus touchée par la faim.

Dans les régions du monde où la faim reculait, le nombre de victimes de la faim augmente à nouveau très fort. Ainsi, au Proche-Orient et en Afrique du Nord, il y a 13,5% de victimes de la faim en plus. Et en Amérique latine et aux Caraïbes, il y en a 12,8% de plus. Pour la FAO, la faim devient un même « un sujet de préoccupation croissante dans les pays développés ».

Une situation dramatique

Bref, la situation est dramatique. En effet, 1,02 milliard de victimes de la faim, c’est 100 millions de personnes de plus qu’en 2008. On n’avait plus atteint ce triste record depuis 1970. Et la faim dans le monde ne vient pas seulement de la sécheresse ou des catastrophes naturelles. Fin 2007 et début 2008, les prix des produits alimentaires ont très fort augmenté. Il y a eu la crise alimentaire et les émeutes de la faim. De quoi rappeler les dures réalités du monde économique. Et de quoi relancer les bonnes volontés des dirigeants politiques et économiques. En juin 2008, au sommet de la FAO, les dirigeants des pays s’étaient engagés à "éliminer la faim et à garantir la sécurité alimentaire pour tous". Les dirigeants s’étaient même engagés à diminuer de moitié le nombre de personnes souffrant de malnutrition d’ici à 2015...

Depuis, les prix du riz, du maïs et du blé ont baissé. Mais ces prix restent élevés pour les pays pauvres. Et la crise financière de 2008 a un peu fait oublier la crise alimentaire. Pourtant, en juillet 2009, les dirigeants des pays du G8 (les pays les plus industrialisés) avaient soutenu un vrai développement de l’agriculture dans les pays pauvres. En effet, les aides d’urgence sont nécessaires mais elles ne règlent pas le problème. La FAO espérait donc une relance de la lutte contre la faim et la malnutrition. Pour la FAO, il faudrait que la communauté internationale s’engage à une aide de 44 milliards d’euros par an pour développer l’agriculture des pays pauvres. Cette aide est actuellement de 7,2 milliards d’euros par an...

Un scandale et une absurdité

Pour le dirigeant de la FAO, Jacques Diouf, la faim dans le monde est intolérable : on produit sur la planète bien plus qu’il ne faut pour nourrir tous les habitants « la faim n’est pas seulement un scandale moral et une absurdité économique. Il constitue une menace pour la paix et la sécurité du monde. (...) Ceux qui souffrent de la faim représentent une grave source potentielle de conflit et de migration forcée ». Samedi 14 novembre, Jacques Diouf et Ban Ki Moon, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, ont même fait un jour de grève de la faim pour attirer l’attention des dirigeants et de la population. C’est urgent.
Au Sommet de Rome, la plupart des Etats du monde ont envoyé des représentants officiels. Il y a une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement. Mais la plupart de ces chefs viennent des pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. Des 8 pays les plus industrialisés du monde (G8), seul Silvio Berlusconi, le dirigeant italien est présent. Le Sommet de la FAO a lieu à Rome en Italie. Berlusconi n’a même pas dû faire le déplacement... Tout comme le pape Benoît XVI qui est lui aussi présent. La présence du pape pourrait être vue comme un symbole de la lutte contre la faim : elle reste un « vœu pieux » mais pas une réalité.

Des solutions

Point positif dans ce tableau très noir, la FAO a souligné la politique positive de lutte contre la faim dans 16 pays : l’Arménie, le Brésil, le Nigeria, le Vietnam, l’Algérie, le Malawi, la Turquie... Pour la FAO, ces pays ont déjà réussi ou réussiront à diviser par deux la faim de leur population d’ici 2015. Or, ces pays vont à « contre-courant ».
Selon Olivier de Schutter, rapporteur des Nations unies pour le droit à l’alimentation : « On n’a pas tiré les leçons de la crise passée. (...) ». Dans le journal Le Monde du 16 novembre, il précise : « va-t-on continuer à miser sur un petit nombre de grands producteurs ou renforcer les petits fermiers, dont dépendent la majorité des populations des pays en développement ? Et il parle « des politiques menées ces dernières décennies : les producteurs les plus importants ont été aidés à développer des filières d’exportation et les petits fermiers s’en sont retrouvés marginalisés, ce qui a conduit à un exode rural massif.(...) » Autrement dit, Olivier de Schutter met en cause la politique menée depuis plusieurs dizaines d’années : les Etats interviennent moins pour fixer les prix des denrées alimentaires. Les gros producteurs reçoivent des aides pour exporter. Cela provoque la ruine des petits fermiers qui quittent alors leurs campagnes,... Autrement dit, il reste beaucoup à faire...

La faim dans le monde, le rapport 2013 sur le site de la FAO

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