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Radio alpha parle de l’alphabétisation

jeudi 30 octobre 2014

Soutien au rassemblement organisé par Lire et Ecrire à Bruxelles

Ce 8 septembre, nous sommes allés soutenir à Bruxelles le rassemblement organisé par Lire et Ecrire. Des comédiens ont interprété des situations vécues par des personnes en recherche de formation : une telle n’est pas acceptée parce qu’elle n’a pas de moyen de transport, une autre parce qu’elle ne trouve pas de crèche pour son enfant ou encore parce qu’elle est trop âgée. Ces situations sont inadmissibles car savoir lire, savoir écrire sont des droits fondamentaux pour tous.

Les chiffres de l’illettrisme

Il y a un peu plus de 7 milliards d’êtres humains sur la terre. Parmi eux, 775 millions d’adultes dont 2/3 de femmes ne savent ni lire ni écrire. Les pays les plus touchés sont l’Inde, le Pakistan, le Nigeria, le Bangladesh et l’Ethiopie. En Europe sur 507 millions d’habitants, 75 millions d’habitants connaissent des difficultés en lecture et en écriture. En Belgique, sur 10 millions d’habitants, l’illettrisme touche 10% de la population.

Le Bangladesh primé par l’UNESCO

Dans les pays en développement pays en développement pays du Sud de la planète plus pauvres que les pays du Nord. , là où l’école n’est pas obligatoire, de nombreux enfants ne vont pas à l’école soit les parents n’ont pas assez d’argent pour payer les études, soit les enfants travaillent pour aider leur famille, soit le pays est en guerre, soit le pays connaît des inondations. C’est le cas du Bangladesh, pays très pauvre situé près de l’Inde. Oussama est une enseignante très motivée et soutenue par une organisation non gouvernementale a eu une idée formidable pour continuer à donner les cours malgré les inondations : elle travaille sur un bateau.
L’école flottante ramasse les enfants chez eux et pendant que le bateau navigue, les enfants apprennent le bangladi, les mathématiques et l’anglais. Ce projet a reçu, l’année dernière, un prix de l’UNESCO en faveur de l’alphabétisation.

L’association BD Boum

L’association BD Boum est un festival de bandes dessinées qui est à la fois artistique, pédagogique, social et citoyen et qui se déroule chaque année à Blois en France. BD Boum édite des bandes dessinées de témoignages. On peut y lire : paroles de taulards, paroles de parloirs, paroles de sourds, paroles de tox et paroles d’illettrisme (BD que nous avons lue).

Résumé de la BD « Paroles d’illettrisme »

C’est l’histoire de huit personnes qui racontent leur enfance et leurs difficultés rencontrées dans leur vie qui ont provoqué l’échec dans leur parcours scolaire. Par exemple, Remi a raté sa scolarité parce qu’il voyageait beaucoup, il était fils de forain. Maxime, enfant d’alcooliques, a connu plusieurs foyers et cela a perturbé sa scolarité. Tous ont un point en commun, ils ont repris à l’âge adulte une formation en alphabétisation pour retrouver leur dignité dignité le respect qu’on se doit à soi-même .

Témoignage de Ginette

Je m’appelle Ginette, j’ai 29 ans je suis née à Yaoundé au Cameroun.
J’habitais une petite maison, mon papa travaillait pour une société qu’on appelait Telecom et ma maman ne travaillait pas. Je ne suis pas allée à l’école parce que mes parents n’avaient pas beaucoup d’argent. Nous étions 10 enfants et comme j’étais la première fille, il fallait que je sois toujours à côté de maman pour lui donner un coup de main. Je m’occupais de mes frères et soeurs, je n’ai jamais travaillé par manque de possibilité mais j’allais toujours vendre des tomates au marché. J’aime le cinéma, la musique et la natation. Aujourd’hui je suis en formation parce que je veux apprendre à lire et à écrire. Je voudrais m’occuper de mes factures toute seule. Je me sens très très bien car je sais que ce pourquoi je suis là est en train d’arriver.

Témoignage de Basbayan

Je m’appelle Basbayan Nasret, je suis née en Turquie à Bingel. A l’âge de trois ans je suis venue en Belgique. Je suis mariée et mère de trois enfants. Mon père est venu en Belgique travailler à la mine. Ma mère est femme au foyer. J’ai commencé l’école à l’âge de treize ans parce que mes parents ne voulaient pas que j’aille à l’école,ils disaient que les filles doivent rester à la maison. Toute ma jeunesse, je n’ai fait que ça : garder mes soeurs et mes frères et m’occuper des tâches ménagères. J’étais l’aînée. Je suis allée à l’école jusqu’à l’âge de 20 ans. Cela s’est bien passé, enfin plus ou moins. J’ai obtenu mon diplôme de couture. Je me sentais heureuse et motivée car j’avais une vraie vie sociale. Puis, j’ai connu le mariage forcé et le cauchemar. J’étais coupée du monde. J’ai travaillé pendant huit mois dans un atelier de couture, j’étais bien jusqu’à la fermeture de l’atelier. J’aimerais travailler parce que je suis une femme motivée, je sais que je serai capable. Je suis motivée pour n’importe quel travail. Aujourd’hui, je suis en formation pour améliorer le français, l’écriture, m’instruire, apprendre, avoir des contacts et trouver un travail que je garderai à vie. Je me sens bien, j’ai de bons contacts avec ma classe et mes professeurs.

Témoignage d’ Emmanuel

Je m’appelle Emmanuel, j’ai 39 ans, je suis né à Montignies-Sur-Sambre. J’habitais à Gerpinnes, Acoz dans une maison sociale. Mon papa a travaillé pontier contremaître à la fabrique de Fer pendant 35 ans. Avant cela, il était contremaître à ... mais l’usine a fermé parce que le patron est décédé. En tout, il a travaillé 45 ans. Maintenant, il est pensionné mais il retourne toujours à l’école d’accordéon. Je suis allé à l’école jusqu’à 20 ans. Cela s’est bien passé, j’ai obtenu un diplôme de jardinier paysagiste en parcs et jardins. Je me sentais très bien à l’école.
J’adorais mon métier. J’ai travaillé à la commune de Gerpinnes dans l’horticulture pendant un an car c’était un contrat d’un an. J’étais très bien dans ce métier. Malheureusement, le contrat fini, je suis retourné au chômage. J’aime la pêche, cela m’apporte du calme mais j’aime surtout la moto. J’adore les promenades en famille moi et mon papa. On est des passionnés de moto. Aujourd’hui, je suis en formation parce que j’écris avec énormément de fautes. Maintenant, ça va un peu mieux. C’est aussi pour aider mon fils de 10 ans. Je me sens très bien en formation. J’apprends à écrire à peu près bien et à calculer correctement avec un super prof car dans l’école spécialisée ce n’est pas fameux.

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