Accueil > Cahiers > La sécu aux urgences > Quel avenir pour la


Quel avenir pour la sécu ?

Communautaire

samedi 1er septembre 2007

On a parfois tendance à l’oublier : la sécurité sociale belge est presque unique au monde. Notre sécurité sociale a fait ses preuves dans le passé. Aujourd’hui, elle est encore très utile. Mais demain, comment fonctionnera-t-elle ? Flamands et francophones ne voient pas toujours l’avenir de la sécurité sociale de la même façon.


Photo : Flémal

Le grand principe de la sécurité sociale est la solidarité. Solidarité entre ceux qui travaillent et cotisent, et ceux qui ne peuvent pas travailler. Solidarité entre les personnes en bonne santé et les malades. Solidarité entre les jeunes et les plus âgés, qui ne travaillent plus. Cette solidarité existe aussi entre tous les habitants du pays où qu’ils vivent : en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles.
Aujourd’hui, la sécurité sociale est une compétence fédérale. Donc, c’est l’Etat fédéral qui gère le système. Ses décisions touchent donc tous les habitants du pays. Or, ces dernières années, principalement en Flandre, certains voudraient diviser la sécurité sociale, du moins en partie. Qu’est-ce que cela veut dire ? Si l’on divise la sécurité sociale, chaque Région (flamande, wallonne et de Bruxelles-Capitale) s’occuperait, chacune de leur côté, de leur sécurité sociale. Les Flamands, les Wallons et les Bruxellois pourraient donc avoir une sécurité sociale différente. Un exemple : les parents flamands pourraient recevoir des allocations familiales plus importantes que les familles wallonnes.

Les Flamands paient-ils pour les Wallons ?

Mais pourquoi les Flamands veulent-ils diviser la sécurité sociale et ainsi mettre fin à cette solidarité entre le Nord et le Sud du pays ? Selon certains Flamands, les francophones ont davantage besoin des différentes aides de la sécurité sociale (chômage, soins de santé...) et coûtent donc plus cher. En d’autres mots, ils ne trouvent pas normal que les Flamands doivent payer pour les francophones. Mais cette idée, ce préjugé que l’on entend souvent à propos de la sécurité sociale, sont-ils réels ? La réponse n’est pas si simple...
Premièrement, comme les Flamands sont plus nombreux que les francophones et qu’ils sont moins touchés par le chômage, ils versent plus dans les caisses de la sécurité sociale. C’est mathématique. Mais ensuite, il n’est pas si facile de dire si les francophones coûtent plus cher à la sécurité sociale que leurs voisins du nord. Aucune étude globale ne le prouve d’ailleurs. Il serait plus juste de ne pas généraliser. Par exemple, dans certains endroits de Wallonie, le chômage est moins important qu’en Flandre. Et dans certains endroits de Flandre, les habitants ont plus de frais de santé qu’en Wallonie.

Et puis surtout, il faut retourner quelques dizaines d’années en arrière. Pendant longtemps, la Wallonie a été plus riche que la Flandre. Donc à cette époque, les Wallons finançaient plus la sécurité sociale que les Flamands. Et rien ne dit que ce ne sera pas pareil à l’avenir. D’ailleurs, aujourd’hui, pour la première fois, le nombre de pensionnés est plus important en Flandre qu’en Wallonie. Pourquoi ? Parce que la population y est plus âgée que dans le sud du pays. Résultat : pour les pensions, les Flamands coûtent désormais plus cher que les francophones. Certains Flamands ont d’ailleurs changé d’avis et ne demandent plus une grande division de la sécurité sociale.

Des soins de santé à deux vitesses ?

En plus des désaccords entre Flamands et francophones, la sécurité sociale est menacée par un autre problème. En effet, d’une manière générale, ses aides coûtent de plus en plus cher. Pourquoi ? Parce que la population vieillit, donc a davantage besoin de pensions, mais aussi de soins de santé. Et les soins de santé sont de plus en plus chers suite aux progrès de la médecine. Ou encore parce que le chômage ne diminue pas vraiment. Si le système de sécurité sociale disparaît, les habitants seront obligés de prendre des assurances privées. Ce système est d’ailleurs utilisé dans de nombreux pays. Et à cause de cela, beaucoup d’habitants, les plus pauvres, ne peuvent se soigner correctement...

Anouck Thibaut

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0