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Peu de femmes seront maires

France

lundi 4 février 2008

En mars 2008, les Français vont voter pour élire leur nouveau conseil municipal (conseil communal en Belgique). Pour être précis, les Français et les Françaises vont voter. Et combien de Françaises deviendront-elles maires de leur ville ? Pas beaucoup… Malgré des lois sur la parité en politique

Il n’y a qu’à lire les titres des journaux français. Cette année encore, "madame le maire" restera une exception ou encore « Malgré la loi, le fiasco de la parité aux municipales. »

En France, depuis 2000, les partis politiques sont obligés de présenter alternance homme-femme sur leur liste électorale dans les villes de plus de 3 500 habitants. Avec cette obligation, il y a eu 47% de femmes élues dans les conseils municipaux en 2001. C’est évidemment une moyenne. Selon les partis politiques, le pourcentage de femmes élues est différent. C’est au Parti communiste qu’il y a les plus de femmes élues : 41,6%. Au Parti socialiste, il y a 37 % de femmes élues. A droite, le RPR (devenu UMP), il y a 31,9% de femmes parmi les élus de ce parti.

C’est sur les listes « divers », « divers gauche » et « divers droite » qu’il y a eu le plus de femmes élues en 2001. Parmi l’ensemble des élues et des élus divers gauche, il y a 55% de femmes. Il y en a 52% parmi les élus divers et 51% parmi les élus divers droite. Ces 3 catégories « divers » rassemblent des élus qui ne sont pas membres d’un parti politique mais qui ont un intérêt pour la politique. Certains ont une sensibilité de gauche. Ils sont alors « divers gauche ». D’autres ont une sensibilité de droite, ils sont alors « divers droite ». D’autres ne veulent se situer ni à gauche ni à droite : ils sont alors « divers » tout court.

Les candidats et les élus hommes viennent donc le plus souvent des partis politiques traditionnels. Par contre, les candidates et les élus femmes viennent de la société civile. C’est-à-dire d’associations, de mouvements qui jouent un rôle dans la société mais qui n’ont pas une étiquette politique. Les femmes élues sur ces listes ne sont donc pas des « professionnelles » de la politique. C’est parce qu’elles s’engagent dans la vie sociale qu’elles décident, à un moment donné, de s’engager aussi dans les élections politiques. A l’heure où l’on parle de crise de la représentation politique, les femmes apportent donc une sorte de renouveau.

Autre renouveau : l’âge. Il y a plus de jeunes femmes élues que de femmes plus âgées. Depuis 2001, dans la tranche des élues et élus ayant :

  1. entre 18 et 24 ans, il y a 58,9% de femmes 
  2. entre 25 et 34, il y a 55,1% de femmes
  3. entre 35 et 49 ans, il y a 53,2% de femmes
  4. entre 50 et 64 ans, il y a 44,4% de femmes
  5. 65 ans et plus, il y a 42,3% de femmes

Au niveau local, le plus proche du citoyen, il y a donc des signes encourageants de féminisation de la vie politique. Au total, dans les conseils municipaux (équivalents des conseils communaux en Belgique), 47% des élus sont des femmes. Soit presque la moitié. Cette presque parité cache une réalité plus masculine. Car combien de femmes élues deviennent maire (bourgmestre en Belgique) ? Très peu. 89% des maires de France sont des hommes. Donc, seulement 11% de femmes sont maires. Y aura-t-il plus de femmes élues maires aux élections de 2008 ? Pas sûr. Car la loi de 2000 sur la parité en politique ne dit rien sur les candidats en tête de liste (les premiers). Or, c’est le candidat tête de liste qui a une chance de devenir maire. Les partis politiques sont obligés de respecter l’alternance homme-femme sur leur liste. Mais les grands partis politiques ne font pas beaucoup d’efforts pour féminiser leurs têtes de liste.

Ainsi, dans les villes de plus de 20 000 habitants :
-à l’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, 85% des candidats sont premiers sur la liste. Il n’y a donc que 15% de femmes tête de liste.
-au PS, le plus grand parti d’opposition, c’est un peu mieux : 20% de femmes tête de liste.

Il n’y aura sans doute pas beaucoup plus de femmes qui deviendront maire après les élections de mars 2008. Mais il est sûr que les femmes auront plus de responsabilités politiques. Depuis une loi votée en 2007, il doit y avoir parité dans les adjoints au maire (les échevins en Belgique). Les femmes pourront ainsi avoir d’autres responsabilités que celles qui leur étaient souvent données : environnement, affaires sociales,… Mais malgré ces avancées, le chemin est encore long pour une vraie parité politique.

Voir le rapport de l’Observatoire de la parité sur les élections municipales

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