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Petites violences devenues très politiques

France

lundi 2 avril 2007

Le mardi 27 mars, des policiers et quelques centaines de jeunes se sont affrontés dans la gare du Nord à Paris. Au départ, un passager sans ticket est contrôlé. Il réagit violemment et attire l’attention d’autres passagers. Des jeunes se regroupent alors et lancent des objets sur les forces de l’ordre. Les policiers chargent et tirent au gaz lacrymogène sur environ 200 jeunes. La gare du nord, qui est aussi une station de métro, est bloquée. Après quelques heures, tout rentre dans l’ordre. Selon la police, 9 personnes ont été arrêtées.

Trois d’entre elles ont déjà été durement condamnées. Par exemple, un ancien pâtissier de 28 ans a pris 4 mois de prison avec sursis parce qu’il a lancé une paire de chaussures de sport sur des policiers. Il a déclaré avoir fait ce geste parce qu’il voyait les policiers envoyer du gaz lacrymogène sur tout le monde même sur les passants. Ces violences sont devenues très politiques. Il y a, en France, les élections pour la présidence de la République fin avril. Les candidats ont donc réagi à ces événements. Pour les candidats de gauche et d’extrême gauche, les violences de la gare du Nord montrent que la politique de sécurité du gouvernement ne marche pas. A cause de cette politique, les citoyens n’ont plus confiance en la police. Et un petit problème se transforme en violences. A droite, par contre, on estime que les violences de la gare du Nord montrent bien que le gouvernement actuel a raison quand il envoie partout des policiers en force.

L’affaire est aussi très politique pour d’autres raisons. Un des candidats favoris à l’élection présidentielle est Nicolas Sarkozy. Or, il a été ministre de l’Intérieur, donc chef de la police, jusqu’il y a peu. Nicolas Sarkozy a déclaré : « si la gauche veut être du côté de ceux qui ne paient pas leur billet, c’est son droit, mais ce n’est pas mon choix. » Il a aussi demandé à « la France silencieuse, immensément majoritaire » de dire « ça suffit ». Or, Jean-Marie Le Pen, candidat d’extrême droite à l’élection présidentielle, se réclame souvent de cette France silencieuse et majoritaire. Les violences de la gare du Nord lui font gagner des voix. A la dernière élection présidentielle de 2002, Le Pen avait passé le 1er tour. Et il avait obtenu 18% des voix au 2e tour contre Jacques Chirac. Or, en 2002, on parlait aussi beaucoup de violences et d’insécurité. Et, quelques jours avant le 1er tour, tous les médias avaient longuement parlé d’un vieil homme agressé par des jeunes. Cette « affaire de violences » avait décidé certains électeurs à voter Le Pen.

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