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Perdu sans toit

samedi 1er novembre 2008

Etre sans toit, c’est être sans défense. Etre à tout vent. Vulnérable. Sans abri. Perdre son toit, c’est le début de tout perdre. C’est ce que découvre Michel Berthier, le personnage central du film Une époque formidable.

Une époque formidable est une comédie réalisée par Gérard Jugnot en 1991. Dans ce film, Gérard Jugnot a abordé un sujet grave : les SDF, les nouveaux pauvres. Et il a réussi à faire sourire. Ce film touchant et drôle n’a rien perdu de son actualité. Il raconte la façon dont une vie peut basculer à cause d’un accident de l’existence. Il raconte une dégringolade qui menace beaucoup de précaires. Cette histoire, c’est celle de Michel Berthier.

La chute

Michel Berthier (Gérard Jugnot) est cadre dans une société de matelas. Mais il se fait licencier. Il décide de ne rien dire à sa femme Juliette parce qu’il a peur de la perdre. Alors, dans un premier temps, il ment. Il quitte la maison à l’heure habituelle et cherche du travail en cachette.
Le nouveau job n’arrive pas et l’argent file à toute vitesse. Et bien vite, les ennuis commencent et Michel Berthier quitte le foyer familial. Il se retrouve d’abord à dormir dans sa voiture. Puis dans la rue. Là, il va rencontrer 3 SDF : Crayon, Mimosa et Toubib. Ils vont d’abord se servir de lui, puis l’aider.
Ces SDF ont des personnalités bien marquées. Le meneur, c’est Toubib, (Richard Bohringer) un ancien brancardier. Ce SDF gouailleur et révolté, veille sur Crayon, le naïf (Ticky Holgado) et sur Mimosa, un jeune SDF bourru au coeur tendre qui a des problèmes avec la drogue.

Lutter pour rester digne

Avec ces 3 guides, Michel Berthier, nouveau pauvre, va découvrir la réalité quotidienne des SDF. Comme eux, il va mettre toute son énergie à survivre. Il va connaître la débrouille de tous les instants pour manger, pour s’habiller, pour se chauffer, pour dormir, pour rester propre. Ainsi, il va dormir dans sa voiture, puis s’abriter dans le métro, fréquenter les soupes populaires. Il va s’habiller chez Emmaüs. Cette réalité dramatique, parfois tragique, est dépeinte avec émotion, mais aussi avec un sourire. Le film raconte aussi une histoire d’amitié sur fond de précarité. Le film montre aussi que les règles de ce monde sont forcément différentes des règles sociales « normales ». A un policier qui demande les documents de la voiture, Toubib répond : « On n’a même pas de PQ, comment veux-tu qu’on ait les papiers de la charrette ? »

Et quand le froid devient insupportable, Berthier n’hésite pas à voler des sacs de couchage en duvet dans l’entrepôt de son ancienne entreprise.

Mais ce film ne donne pas une image toute rose du monde des sans abri. Il montre aussi comment certains profitent de plus pauvres qu’eux. Par exemple, ce propriétaire de garages qui louent ses boxes pour des passes. Ou encore à des illégaux à qui il loue à la nuit, des matelas sur lesquels ces malheureux vont s’entasser à même le sol.

Dans ce film, Gérard Jugnot dénonce aussi l’arrogance de ceux qui possèdent. Et il rend hommage au courage ceux qui ont tout perdu et qui mettent toute leur énergie à vivre…

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