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Pêche aux subsides

Grève

lundi 2 juin 2008

Le 30 mai, des pêcheurs espagnols, portugais et italiens ont lancé une « grève illimitée » pour protester contre le prix du mazout. Les bateaux de pêche sont, en effet, de gros consommateurs de carburant. Pour marquer le 1er jour de grève, des milliers de pêcheurs, originaires de plusieurs pays d’Europe, ont manifesté à Madrid, capitale de l’Espagne. Ils ont distribué gratuitement 20 tonnes de poissons aux habitants.


Photo : Belga

Ce sont les pêcheurs français qui ont lancé le mouvement, il y a une quinzaine de jours. Les pêcheurs ont bloqué plusieurs ports, du côté de l’océan Atlantique et du côté de la Méditerranée. Ils ont aussi bloqué des écluses, des autoroutes. Ils ont débarqué dans les grandes surfaces pour dénoncer le prix élevé du poisson vendu. Ils ont distribué gratuitement du poisson à la population.

Suite à ces mouvements de pêcheurs, le gouvernement français a accordé une aide de 110 millions d’euros au secteur de la pêche. Il s’agit en fait d’une partie de l’aide déjà prévue (300 millions d’euros) qui a été débloquée plus tôt. L’Etat français versera 40 millions d’euros pour garantir un revenu supplémentaire aux pêcheurs. Les marins pêcheurs, salariés d’un bateau, participent à l’achat du carburant. Ils sont donc directement touchés par la hausse du prix du pétrole. En France, 25 000 personnes sont employées directement dans le secteur de la pêche. Et l’emploi de 70 000 autres personnes dépend de cette activité.

Des prix plus transparents ?

Le prix du mazout payé par les pêcheurs n’est pas le seul problème. Il y a aussi dans ce secteur, comme dans d’autres, un manque de transparence dans la formation des prix. Le gouvernement français a annoncé qu’il demanderait aux compagnies pétrolières, comme Total, des explications sur la formation du prix du litre de carburant. Les entreprises du secteur de la pêche, du mareyeur à la grande surface, devront aussi être plus claires sur la manière dont elles fixent les prix. Ainsi, Michel Barnier, ministre français de la pêche, a déclaré : « Le cabillaud est acheté 3,5 euros au pêcheur et vendu plus de 25 euros au consommateur ! »

Un mouvement européen

 Le mouvement de pêcheurs s’étend donc dans plusieurs pays d’Europe. Et l’Union européenne est particulièrement concernée. C’est la Commission européenne qui autorise ou interdit les aides des Etats membres à leurs pêcheurs. Ces aides ne doivent pas fausser la libre concurrence. C’est aussi la Commission européenne qui fixe les fameux quotas. Les quotas sont les quantités maximum de poisson que l’on peut pêcher. Chaque Etat a un quota et ne peut pas le dépasser. Et vendredi 30 mai, la Commission européenne a annoncé que ces quotas pourraient diminuer. La Commission estime que 88% des stocks de poisson dans les mers de l’Union sont surexploités. Autrement dit, ces stocks ne se renouvellent pas et empêchent à long terme une pêche durable. Les quotas de pêche seront donc renégociés pour 2009. Une raison de plus à la colère des pêcheurs.

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