Accueil > Cahiers > La sécu aux urgences > Pas de sécu pour (...)


Pas de sécu pour les Américains ?

Sicko

samedi 1er septembre 2007

Le dernier film de Michaël Moore est sorti dans nos salles de cinéma le 10 septembre. Dans Sicko, le cinéaste américain s’est trouvé une nouvelle cible : le système de soins de santé aux Etats-Unis. Un système qui ne permet pas à tous les habitants de se soigner correctement. Un documentaire décapant !

En bricolant chez lui, Rick s’est sectionné deux doigts. Lorsqu’il arrive à l’hôpital avec ses phalanges pour se faire soigner, on lui présente d’abord le tarif : 2 000 dollars pour recoudre la première, 60 000 dollars pour la seconde ! Comme il n’a pas d’assurance, Rick devra lui-même payer la totalité de ces frais pour se faire soigner correctement. Le choix est vite fait : puisqu’il est impossible pour lui de débourser la totalité de cette somme, il dira définitivement adieu à sa deuxième phalange...

Pays riche, mais citoyens abandonnés

Aux Etats-Unis, Rick est loin d’être le seul dans ce cas. Là-bas, près de 50 millions d’habitants n’ont pas de couverture médicale. Cela représente près d’un habitant sur six. Cela signifie que si ces personnes sont malades ou se blessent, elles doivent débourser elles-mêmes la totalité de leurs frais médicaux. A cause de cela, de nombreux Américains ne peuvent se soigner correctement ou encore, s’endettent gravement pour le faire. En effet, contrairement à ce qui se passe chez nous, l’Etat américain ne prend pas en charge le remboursement des soins de santé. Les citoyens qui veulent se mettre à l’abri doivent souscrire à une assurance privée. Et tous les Américains ne peuvent pas se le permettre. Et même s’ils sont assurés, certains malades doivent faire face à des problèmes administratifs pour obtenir le remboursement. Pourtant, le pays dirigé par Georges W. Bush est un des plus riches de la planète. L’industrie pharmaceutique bénéficie d’ailleurs de cette richesse. Mais son but premier n’est pas de soigner les gens mais de faire du profit.

Dans Sicko (malade, détraqué, en anglais), Michaël Moore dénonce ce système et ses conséquences désastreuses pour beaucoup d’Américains. Auparavant, ce réalisateur s’était attaqué à d’autres sujets sensibles aux Etats-Unis. Et notamment, la circulation des armes dans son pays, dans Bowling for Columbine, en 2002. Ou encore, la politique de Bush, notamment envers l’Irak, dans Fahrenheit 9/11, en 2003. Ce dernier documentaire avait d’ailleurs obtenu la Palme d’or à Cannes en 2004.

Sans nuances, mais édifiant

Pour Sicko, Michaël Moore a passé un gigantesque casting, notamment via Internet. Plus de 19 000 Américains l’ont alors contacté pour leur faire part de leurs petits et grands soucis avec le système de santé de leur pays. Le réalisateur a alors choisi certains d’entre eux pour témoigner dans son film. Ce documentaire est tourné à la manière de Michaël Moore, c’est-à-dire avec beaucoup d’humour, de provocation et de mise en scène. C’est ainsi que l’on voit une poignée d’Américains, malades, embarquer sur un bateau dans l’espoir d’aller se faire soigner à Cuba. Ou encore, des sauveteurs des attentats du 11 septembre 2001 qui demandent des soins à la base de Guantanamo, où les prisonniers sont soignés gratuitement...

Comme dans ces précédents documentaires, on peut reprocher à Michaël Moore de manquer d’objectivité et de nuance. Ainsi, après s’être attardé sur le système américain, le réalisateur part visiter le Canada, la France ou la Grande-Bretagne où la situation est bien différente. Dans ces pays, comme en Belgique, l’Etat prend en charge les soins de santé de ses habitants. Michaël Moore décrit la situation dans ces pays comme parfaite, ce qui est loin d’être vrai. Chez nous aussi, certains habitants n’ont pas la possibilité de se soigner correctement. Mais le principal n’était-il pas d’oser mettre le doigt sur le problème ? Lorsqu’il est venu présenter son film au dernier Festival de Cannes, Michaël Moore faisait la réflexion suivante. Pour lui, il ne faut pas seulement montrer du doigt les responsables américains. Mais aussi la plupart des citoyens qui pensent que, si leur voisin est blessé ou malade, il n’est pas normal qu’il reçoive de l’aide de l’ensemble de la société. En d’autres mots, Michaël Moore nous faire prendre conscience de ce que signifie, chez nous, la solidarité entre les habitants d’un même pays...

Anouck Thibaut

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0