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Des milliers de personnes manifestent dans les rues des grandes villes américaines. Ce que disent les manifestants : « No justice, no peace. » (Pas de justice, pas de paix). Ou encore « Hands up, don’t shoot ». (Les mains en l’air, ne tirez pas). Pourquoi sont-ils en colère ? Deux tribunaux ont décidé de ne pas poursuivre des policiers blancs alors qu’ils avaient tué des citoyens noirs pendant des interventions.

Pas de justice, pas de paix

Lydia Magnoni

samedi 6 décembre 2014

Il y a eu Ferguson, il y a maintenant New York. Les affaires de violences policières sont hélas, fréquentes aux Etats-Unis et elles se ressemblent.

Ferguson, 9 août.

Un policier blanc, Darren Wilson vide son chargeur sur un jeune noir, Michael Brown, alors que celui-ci n’était pas armé.
Ferguson est une ville de la banlieue de Saint-Louis, dans le Missouri. 70%, de la population de Ferguson est noire mais les policiers et le maire sont blancs.
Lundi 24 novembre, le grand jury décide de ne pas inculper le policier Darren Wilson.

New York… 22 Juillet.

Un policier blanc, Daniel Pantaleo étrangle et plaque au sol Eric Gardner, un Noir américain soupçonné de vendre des cigarettes de contrebande. Problème : Eric Gardner est asthmatique et obèse. Il meurt d’une crise cardiaque.
Mercredi 3 décembre, le grand jury décide de ne pas inculper le policier Daniel Pantaleo.

Justice injuste

A Ferguson, le 24 novembre, des centaines de personnes attendaient le verdict du procès devant le principal commissariat de la ville. Après l’annonce du non-lieu, ils ont laissé éclater leur colère. Manifestants et policiers se sont affrontés. Et il y a eu des débordements. Des manifestants ont brisé des vitrines, pillé et incendié des magasins.
A New-York, des milliers de personnes sont descendues dans la rue après la décision du grand jury de ne pas poursuivre le policier pour la mort d’Eric Garner. Ces manifestants dénoncent l’injustice du verdict. Dans le Washington Post, on peut lire : « « Les activités d’Éric Garner ne méritaient pas plus qu’un avertissement. Mais je dois reconnaître qu’il avait fait un autre délit beaucoup plus important. Il n’était pas de la bonne couleur de peau. »
Car la société américaine est encore très divisée par les questions de race. D’après des sondages menés ces derniers mois, 80% des Noirs américains mais seulement 37% des Blancs pensent que l’affaire de Ferguson est marquée par le racisme. Et, dans cette affaire, 52% des Blancs mais seulement 18% des Noirs disent qu’ils font confiance aux enquêteurs.

Colère et appels au calme

Le slogan des manifestants « Pas de justice pas de paix » rappelle un discours de Martin Luther King. Martin Luther King s’est battu mais sans violence pour que les Noirs aient enfin des droits aux Etats-Unis. Un raciste blanc l’a assassiné le 4 avril 1968 à Memphis. Ce discours avait été repris après la mort de Michael Griffith, tué par une bande de Blancs en 1986 à New York.
Depuis, des dizaines de jeunes Blacks ont été tués en Amérique. Par la police ou par des racistes armés. Récemment, ce 22 novembre à Cleveland, dans l’Ohio, Tamir Rice, un enfant noir de 12 ans, a été abattu par deux policiers. Il avait un pistolet jouet sur lui.
Et souvent, ces crimes restent impunis, comme si rien n’avait changé depuis Martin Luther King. « Les poursuites sont très rares, regrette Delores Jones-Brown . On dirait que les policiers ont même un permis de tuer. »

Barack Obama, le président des Etats-Unis, a appelé au calme : « Nous sommes une nation fondée sur le respect de la loi. Nous devons donc accepter que cette décision appartenait au grand jury ». Barack Obama est le premier président noir de l’histoire des Etats-Unis. Il a ajouté « Dans trop de régions du pays, il existe une profonde défiance entre les forces de l’ordre et les communautés de couleur ». Barack Obama a lancé un groupe de travail pour améliorer les liens entre policiers et les communautés locales.
Le secrétaire général de l’ONU a aussi réagi. Il a demandé aux États-Unis que leurs policiers répondent davantage de leurs actes…

La vidéo de l’arrestation d’Eric Garner

Des caméras pour les policiers ?

Au centre de l’affaire de New York, une vidéo. Un passant a filmé l’arrestation de Eric Garner. On voit le policier prendre au cou cet homme obèse, asthmatique. Éric Garner n’est pas armé et se débat à peine. Il répète plusieurs fois qu’il « n’arrive plus à respirer » avant de s’évanouir. Ce seront ses derniers mots. Il mourra avant d’arriver à l’hôpital. Cette vidéo circule sur les réseaux sociaux et beaucoup de gens n’acceptent pas cette mort et sont en colère.
Une des idées pour que les policiers américains répondent davantage de leurs actes est de les équiper de caméras qui filment les interventions. Ces caméras permettraient d’avoir de vraies preuves. Dans le cas d’Eric Garner, la preuve n’a malheureusement pas suffi…

Avantages et inconvénients des caméras : une vidéo du journal Le Monde

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