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A Bruxelles, une exposition sur l'humour et le communisme a connu le succès. Il serait bien qu'on la voit ailleurs car elle montre l'humour des communistes et elle montre surtout l'histoire de façon originale.

Noirs dessins du communisme

Amandine Verheylewegen du CarCoB

samedi 31 octobre 2015

Jacques Moins, ancien président du CArCoB aujourd’hui décédé, avait un projet sur l’humour et le communisme. Il a eu l’idée de présenter les caricatures et les dessins politiques dans la presse communiste du 20e siècle. Le projet de Jacques Moins se réalise aujourd’hui dans une exposition : « Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle. »

L’idée de Jacques Moins s’est d’abord réalisée dans un numéro de la revue Cahiers Marxistes, fin 2013. Le numéro avait été rebaptisé pour l’occasion « L’écailler marxiste ». Dans ce numéro, des études et témoignages posent la question de la place et du rôle de l’humour chez les communistes, au travers des dessins et caricatures. À la suite de cette publication, le projet d’une exposition a vu le jour.

Contre le roi, l’Eglise, la guerre

La caricature veut faire rire ou du moins sourire. Le Parti communiste de Belgique (PCB) attaque le roi, l’Église, les États-Unis, l’armée, la droite, les patrons et les socialistes. Toutefois, il ne s’attaque jamais aux dirigeants syndicaux. Par contre, la presse maoïste n’hésite pas à caricaturer les dirigeants syndicaux et aussi le Parti communiste et l’URSS. Le dessin politique est différent de la caricature. Il a parfois un aspect lyrique, et même tragique, quand il exprime la solidarité avec les opprimés.

Les dessins et les caricatures de l’exposition sont présentés autour de 5 sujets :
L’adversaire politique, le trône et l’autel
La société en question
Guerre à la guerre !
Prolétaires de tous les pays unissez-vous !
La gauche contre la gauche

Caricature et journaux communistes

Les journaux communistes n’ont pas toujours utilisé le dessin pour illustrer l’actualité. A certaines périodes, il y a des dessins parce que des artistes professionnels ou amateurs ont rencontré d’une manière ou d’une autre le communisme. Par exemple, dans le journal Le Drapeau rouge des années 1920, il y a beaucoup de dessins. Mais pas dans le journal quotidien La Voix du peuple créé en 1936. La Voix du peuple publie de temps en temps des caricatures françaises du journal communiste L’Humanité ou de la presse soviétique.

Au début des années 1950, Le Drapeau rouge publie, chaque jour, une caricature de Diluck. Diluck, c’est Didier Geluck , le père du célèbre dessinateur Philippe Geluck. A partir de 1954, Diluck ne dessine plus que de temps en temps et il n’est pas remplacé. Dans Le Drapeau rouge du week-end, il y a bien une page de dessins humoristiques mais ce ne sont pas des dessins politiques. Dans les années 1960, Le Drapeau rouge est hebdomadaire. Et il ne publie pas de dessins. Mais à partir de 1972, une jeune équipe de dessinateurs publient dans le journal.

Voir l’histoire autrement

Le journal achète aussi Les Pèlerins. Cette série anticléricale est dessinée par Jost et la presse commerciale ne veut pas la publier. Les dessins et caricatures ne se retrouvent pas que dans Le Drapeau Rouge. Il y en a parfois dans les journaux de la jeunesse et dans les bulletins de sections ou de cellule du Parti communiste. Des dessinateurs de la presse communiste publient parfois des dessins dans la presse trotskyste ou maoïste du parti AMADA-TPO.

L’exposition est donc un parcours original de l’histoire du communisme en Belgique et aussi de l’histoire tout court. On est aussi frappé par de nombreux dessins qui restent d’actualité. L’exposition a été une première fois programmée en avril par l’ULB Culture, il y a eu 850 visiteurs. Puis, 585 personnes l’ont vue à Pointculture de Bruxelles. Beaucoup de ces visiteurs trouveraient d’ailleurs très utile de faire circuler l’exposition dans d’autres villes du pays et de la faire découvrir aux jeunes qui pourraient ainsi voir autrement l’histoire.

Ce dessin de Jo Dustin est paru dans Le Drapeau rouge le 01/04/1981 © CArCoB - Bruxelles
Leo Tindemans, alors président du CVP veut supprimer l’indexation des salaires. Dans les années qui suivent, le gouvernement Martens-Gol (social-chrétien / libéral) supprime trois indexations et dévalue le franc belge pour, dit-il, que les entreprises retrouvent plus de compétitivité. En 2015, le gouvernement du libéral Charles Michel supprime une indexation. Etonnante actualité...
En pratique

Pour tous renseignements concernant l’exposition, contactez le CArCoB :
Tel : 02/513.61.99 - Mail : carcob chez skynet.be
Ou sur le site internet : http://carcob.eu

L’exposition « Noirs dessins du communisme. Caricature et dessin politique dans la presse communiste du XXe siècle » a été réalisée avec le Centre d’Histoire et de Sociologie des Gauches de l’ULB, du CArCoB, de l’Institut d’histoire ouvrière, économique et sociale, du Mundaneum et de la Formation Léon Lesoil. L’Institut d’Études marxistes et les Archives de Solidaire apportèrent également leur aide.

Anne Morelli, professeur d’histoire à l’ULB nous parle de cette exposition

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