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Depuis des années, des milliers de personnes traversent la Méditerranée pour se réfugier en Europe. Ils fuient leur pays en guerre. Mais plutôt que de protéger et d'accueillir ces réfugiés, les gouvernements de l'Union européenne préfèrent contrôler de plus en plus la mer et les frontières de l'Europe.

Migrants, l’Europe coupable !

Thierry Verhoeven

jeudi 16 avril 2015

Des milliers de réfugiés débarquent régulièrement en Sicile et en Calabre, deux îles italiennes. Des milliers d’autres meurent noyés en essayant de traverser la Méditerranée. L’Italie demande de l’aide. Le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU demande aux gouvernements européens d’améliorer les recherches et les secours aux réfugiés. Seront-t-ils entendus ?

Ce n’est pas nouveau

Depuis des années, des milliers de personnes fuient leur pays en guerre. Ils essaient de traverser la Méditerranée pour demander asile dans un pays de l’Union européenne. Des trafiquants, les "passeurs", leur demandent beaucoup d’argent et organisent le voyage. Ils entassent les personnes sur des bateaux fragiles. Il y a souvent des naufrages et des morts…

C’est évident : la vie de ces migrants ne compte pas pour les passeurs. Mais compte-t-elle vraiment pour l’Union européenne ? Car si les migrants prennent autant de risques, c’est aussi à cause de la politique de l’Union européenne. Evidemment, le grand public et les dirigeants européens sont scandalisés par la détresse, par les conditions de voyage de ces gens qui fuient leur pays. Mais l’Union européenne n’est pas innocente. L’Union européenne empêche par tous les moyens les migrants d’entrer sur son territoire. Et cette politique n’est pas nouvelle.

Frontex

Jusqu’en 1997, chaque Etat de l’Union européenne contrôlait lui-même ses frontières. En 1997, l’Union européenne crée l’espace Schengen. L’espace Schengen regroupe presque tous les Etats de l’Union. Les Etats commencent alors à coopérer pour mieux surveiller leurs frontières. En 2004, l’Union crée l’agence européenne de protection des frontières. Cette agence s’appelle en abrégé : « Frontex » pour « Frontières extérieures ». C’est une véritable armée qui surveille les aéroports, les frontières terrestres et les frontières maritimes de toute l’Union européenne. Frontex, ce sont des officiers, des soldats, des garde-côtes qui ont des avions, bateaux, hélicoptères. Evidemment, l’Union européenne a trouvé une bonne excuse pour justifier Frontex : la lutte contre les passeurs, ces trafiquants d’êtres humains. Mais depuis sa création, Frontex a arrêté et refoulé des dizaines de milliers de migrants. Et elle n’a arrêté que quelques centaines de passeurs… Dans la réalité, Frontex a été créé pour empêcher l’immigration illégale. Et pourtant qui connaît Frontex ?

Une armée clandestine

Comme le disent certains parlementaires européens : « Frontex, c’est une organisation presque clandestine. » Frontex est une agence officielle de l’Union européenne mais elle n’est pas contrôlée démocratiquement. Les soldats de Frontex localisent les migrants illégaux. Ils les renvoient dans leur pays d’origine. Ou ils les arrêtent et les mettent dans des camps souvent insalubres. Et ces soldats ne respectent pas toujours les droits de l’homme. L’organisation Human Rights Watch appelle certaines unités militaires de Frontex : « Les mains sales de l’Europe » ! En 2012, la Cour européenne des droits de l’homme a condamné l’Italie pour avoir violé des droits de l’homme. Dans une opération Frontex, les militaires italiens avaient refoulé vers la Lybie des migrants venus de Somalie et d’Erythrée. Les dirigeants de Frontex disent que les opérations militaires sauvent la vie de milliers de migrants. C’est vrai. Mais en 2014, 3 300 migrants sont morts noyés en Méditerranée. Ce sont les chiffres officiels. Il faut ajouter tous ceux, inconnus, qui ont disparu en mer...

L’Europe coupable

Les dirigeants européens veulent augmenter les moyens de Frontex et militariser encore plus les frontières. Pourtant, plus l’Union européenne militarise ses frontières, plus les passeurs auront des techniques qui mettront de plus en plus la vie des migrants en danger. Oui, les passeurs sont des criminels. Mais oui, l’Union européenne est coupable de fermer ainsi ses frontières, d’arrêter et de refouler ainsi les migrants !
La Syrie, par exemple, est en guerre depuis 2011. En 2013, il y avait déjà plus de 2,5 millions de réfugiés syriens. Les 28 pays de l’Union européenne en ont accueilli en tout 50 000. Un chiffre ridicule quand on sait qu’il y a 500 millions d’habitants dans les 28 pays de l’Union. Par contre, le Liban, petit pays du Moyen-Orient a accueilli 1 million de réfugiés syriens. Un chiffre énorme quand on sait qu’il y a 4,5 millions d’habitants au Liban !

Une vidéo qui dénonce le système européen Frontex

De nombreuses associations se sont regroupées pour lutter contre l’actuelle politique européenne en matière d’immigration, elles ont un site très bien fait avec beaucoup d’informations Frontexit

Lire aussi notre cahier Venus d’ailleurs

1 Message

  • Migrants, l’Europe coupable ! 4 juillet 2015 11:27

    La mauvaise gestion de cette catastrophe humaine va coûter très cher a l Europe.
    j ai bien peur que la haine et l esprit de vengeance naissent dans le coeur de ces malheureux.
    j ai bien peur que cette situation soit utilisée par des guerriers qui n ont rien a faire de la paix.

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