Malade grec

mercredi 11 janvier 2012

La crise n’est pas finie. Ou plutôt les crises. Crise financière ? Crise économique ? Crise sociale ? Crise grecque ? Crise de la zone euro ? Finalement, on ne sait plus exactement. Manifestations dans plusieurs pays européens contre les économies décidées par les Etats. Impuissance des gouvernements face aux marchés financiers (1). Manque de décision et de volonté des pays de la zone euro. Toutes ces crises signalent une autre crise la plus grave de toutes : la crise du politique.

La crise n’est pas finie. La crise ? Elle est financière, économique et sociale. La crise financière ? Elle menace toujours les banques qui restent fragiles. La crise économique ? La demande de produits ralentit. Les entreprises restructurent. Elles licencient ou ferment certaines de leurs usines. La croissance économique déjà faible diminue encore. La crise sociale ? C’est la suite logique de la crise financière et économique : le chômage augmente, le pouvoir d’achat diminue. La situation est très grave ; dans plusieurs pays européens, la population réagit et manifeste un peu partout : en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal, ...

Rassurer

Une grande partie de la population ne veut pas payer deux fois la crise. Une première fois quand les Etats ont emprunté pour sauver les banques en 2008. Une deuxième fois quand les Etats diminuent leurs dépenses à cause de la crise économique. Ce sont les Etats qui sont le plus critiqués. Ils sont, dit-on, impuissants face aux marchés financiers, aux spéculateurs et aux grandes entreprises multinationales. Ce n’est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c’est la crise politique de la zone euro. Cette crise politique est partie de Grèce. Depuis 3 ans, la Grèce vit une grave crise économique et financière. Ces derniers mois, le gouvernement grec est très critiqué. Premier ministre depuis 2009, M. Papandreou, socialiste, a démissionné début novembre. Sans Papandreou, le parti socialiste et le parti de droite font un gouvernement d’union nationale. Des élections sont prévues en février 2012. Le message est clair. Il faut rassurer la population grecque, les autres pays de la zone euro et les marchés financiers.

La population

Car la crise économique et financière a des conséquences sur la population grecque. Dès le début de la crise, le gouvernement a imposé des sacrifices aux Grecs : les retraites et les salaires ont diminué, des dizaines de milliers de fonctionnaires se sont retrouvés au chômage, les prix du gaz, de l’électricité, des transports, des impôts et des taxes ont augmenté. En réaction, beaucoup de Grecs manifestent et font grève. En octobre, ils ont même encerclé le Parlement et menacé physiquement certains ministres. Un nouveau gouvernement d’union et des élections prochaines vont rassurer un peu. Mais si le gouvernement change, les mesures d’économie restent.

Les gouvernements

Les gouvernements des pays de la zone euro étaient aussi très inquiets de la situation en Grèce. La Grèce est dans la zone euro. Tous les pays de la zone euro sont donc touchés par la crise grecque. Ils ont dû faire plusieurs plans de sauvetage de la Grèce depuis début 2010. Ils font des prêts, donnent des aides financières, suppriment une partie de la dette grecque. En échange, ils demandent au gouvernement grec de nouveaux efforts et de la clarté. Le nouveau gouvernement grec d’union nationale rassure un peu les autres gouvernements européens. Car les marchés financiers, inquiets eux aussi, peuvent menacer d’autres pays de la zone euro. La Grèce n’est d’ailleurs pas encore sauvée. On sait déjà que l’Italie peut être menacée. Si jamais l’Italie est attaquée comme la Grèce, il y a de fortes chances que la zone euro éclate.

Les marchés financiers

Les marchés financiers ont aggravé la crise grecque. En principe, il y a une règle : il n’y a aucun risque si l’on prête de l’argent à un Etat. Il pourra toujours rembourser. Depuis 2009, les marchés financiers pensent que la Grèce peut faire faillite. Il y a donc un risque. Le risque se paie en intérêts. La Grèce emprunte de l’argent, les intérêts sont très élevés. Avec la crise économique, il y a moins d’argent qui rentre dans les caisses de l’Etat. Le gouvernement impose des sacrifices à la population. Cela ralentit encore l’économie. C’est un cercle vicieux.
Les gouvernements de la zone euro n’ont pas hésité à accuser l’ancien gouvernement grec d’avoir menti sur l’état des finances du pays, de ne pas bien faire son budget, d’hésiter à prendre des décisions. C’est sans doute un peu vrai. Arrivé au pouvoir en 2009, le gouvernement Papandreou découvre que le déficit grec est beaucoup plus important que celui annoncé par l’ancienne majorité. Avant les élections, M. Papandreou avait promis un plan de relance économique. Il a fait un plan d’économie. Il faut ajouter à cela, la crise partie des Etats-Unis en 2008. Une crise financière devenue économique. En Grèce, l’activité maritime (marine marchande) et le tourisme sont deux grands secteurs économiques. Ils ont été fort touchés par la crise.

La dette

Mais à travers la crise grecque, c’est la politique de chaque pays de la zone euro qui est en cause. Et surtout l’endettement des pays. Car on le dit partout : nos Etats sont trop endettés. Pendant des années, nos gouvernements se sont endettés pour assurer des services publics et une sécurité sociale minimum, pour soutenir l’activité économique. Et c’est normal car les taux d’intérêt sont très bas. C’est souvent le cas en période de crise économique. L’intérêt de la dette n’est donc pas une grande dépense dans le budget de l’Etat. Pour un Etat, le problème n’est pas le montant de la dette mais ce que la dette lui coûte par an en intérêt. Par contre, en période de relance économique, l’Etat doit diminuer sa dette grâce à l’argent de la relance. 

La tragédie grecque

A travers la crise grecque, c’est la politique de l’ensemble de la zone euro qui est en cause. La zone euro n’est pas capable de réagir vite et fort à une crise financière. Dans un autre pays, une banque nationale ou centrale aurait racheté la dette grecque pour éviter les taux d’intérêts trop élevés. Mais voilà ce n’est pas le rôle principal de la Banque centrale européenne. C’est aussi ça la crise politique dans les pays de la zone euro. Les dirigeants européens ont dû se forcer à aider la Grèce. Le plus comique dans l’affaire, c’est que les mêmes dirigeants européens répètent sans arrêt que malgré la crise, la zone euro résiste bien. C’est aussi le plus tragique de l’affaire, pourquoi alors avoir laissé les marchés financiers s’imposer et imposer à la Grèce la plus dure des austérités ?

Thierry Verhoeven

 

(1) marchés financiers : voir notre article Crise financière,un été pourri

Les pays de la zone euro : http://www.touteleurope.eu/fr/actions/economie/
euro/presentation/les-pays-membres-de-la-zone-euro.html

1 Message

  • 14 avril 2012 01:08, par dupont

    Les politiciens ne disent pas la vérité afin de préserver leur place au soleil.Il n’y a qu’à regarder la campagne électorale en France,les 10 candidats s’insultent et parlent de viande Hallal et de l’immigration alors qu’ils feraient mieux de parler du grave problème économique et financier dans lequel les citoyens rament pour ne pas se noyer.
    Bientôt ,chez nous arrivera la campagne électorale pour les communales ,ils vont nous parler des crottes de chien sur les trottoirs et des problèmes linguistiques au lieu de parler d’éducation,du chômage et de la santé.
    On nous ment et on applaudit tellement fort qu’on devient sourd ,aveugle et même un peu con .
    Restons cependant optimistes,positifs,courageux.On aura intérêt à se serrer les coudes car si "ils" arrivent à nous séparer,à nous opposer ,on est fichu.

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