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Le 25 mai, les Belges ont voté pour renouveler les parlements des régions et celui du pays. On a su très vite le résultat des différents partis et même le nom des députés qui sont dans les différents parlements. Et pourtant, encore aujourd’hui il est difficile de répondre à une question simple en apparence : mais qui a gagné ces élections ?

Mais qui donc a gagné ?

Lydia Magnoni

dimanche 29 juin 2014

Après des élections, il y a de nouveaux élus, on sait qui a gagné et qui a perdu. En tenant compte de tout cela, il y a un nouveau gouvernement. En Belgique, c’est un peu plus compliqué. Pour savoir qui a gagné les élections, il faut d’abord s’entendre sur les mots. Certains partis disent qu’ils ont gagné parce qu’ils ont obtenu plus de voix qu’à l’élection précédente. D’autres, parce qu’ils ont obtenu à cette élection plus de voix que les autres partis. D’autres encore, que leur parti a gagné les élections s’il participe au gouvernement.

Gagner c’est avoir plus de voix que lors de l’élection précédente ?

Un exemple : aux élections régionales, le MR MR Mouvement Réformateur (parti libéral) a obtenu 3,3 % de voix de plus qu’aux élections régionales de 2009. Ce parti a gagné des voix. Les dirigeants de ce parti disent donc qu’ils ont gagné les élections. Le PS (parti socialiste), lui, a obtenu 1,9% de voix de moins qu’aux élections régionales de 2009. Malgré cela, le PS reste quand même le parti qui a obtenu le plus de votes aux élections régionales de 2014. Qui a gagné alors ? Le MR qui a eu plus de voix qu’à l’élection de 2009 ou le PS qui a eu plus de voix que les autres partis ? Pas facile à dire…

Gagner c’est avoir le pouvoir ?

Ce qui est sûr, c’est qu’en Wallonie, le PS négocie avec le CDH pour former un gouvernement. On peut donc dire que le PS a gagné les élections. Et le MR, même s’il a eu beaucoup de voix, est dans l’opposition. A Bruxelles, il y a des négociations négociations discussions pour arriver à un accord entre 3 partis francophones (le PS, le FDF, le CDH) et 3 partis néerlandophones (l’Open Vld, le Sp.a, et le CD&V). On s’orienterait donc vers une majorité que l’on appelle de « centre-gauche » en Wallonie et à Bruxelles. En Flandre, la NVA NVA Sigle de la Nieuw-Vlaamse Alliantie. On prend la première lettre de chaque mot. En français : Nouvelle Alliance flamande. négocie avec le CD&V. Ce serait une majorité de droite. Au niveau fédéral, les accords sont plus compliqués parce qu’il faut un accord entre des partis francophones et des partis néerlandophones pour gouverner l’ensemble du pays.

Gagner c’est avoir plus de voix que les autres partis ?

Si gagner les élections, c’est avoir plus de voix donc d’élus que tous les autres alors c’est le parti flamand, la NVA, qui a gagné aux élections fédérales. Ce parti a 33 sièges à lui seul. Côté francophone, le parti qui a le plus de sièges, c’est le PS. Le PS en a 23. Comme c’est le parlement fédéral de Belgique, on peut aussi compter les élus par famille politique. C’est alors la famille socialiste qui gagne. Les socialistes ont 23 élus francophones (PS) et 13 élus socialistes néerlandophones (Spa). Cela fait 36 sièges pour les socialistes contre 33 pour la NVA.

Gagner, c’est trouver une majorité

En Belgique, un parti ne va jamais seul au pouvoir. L’organisation de la Belgique et le système électoral empêchent qu’un seul parti puisse avoir le pouvoir. Un seul parti, même s’il a beaucoup de voix, n’a jamais assez d’élus pour avoir seul une majorité. Il faut toujours un accord entre des partis francophones et néerlandophones et entre partis d’au moins 2 familles politiques. Et pour cela, il faut parfois discuter beaucoup. Après les élections de 2007, il avait fallu attendre 194 jours pour avoir un gouvernement. Après les élections de 2010, il avait fallu attendre 541 jours ! Aujourd’hui, les dirigeants politiques disent qu’ils vont aller plus vite. On attend donc…

Au fédéral, un informateur

Sur papier, la manière pour former un nouveau gouvernement est assez simple. Après les élections, le premier ministre présente la démission de l’ancien gouvernement au Roi. Le Roi rencontre alors des personnalités importantes du pays. Par exemple, le Roi rencontre les présidents des partis politiques et des dirigeants syndicaux. Sur les conseils des dirigeants des partis politiques et selon le résultat des élections, le Roi nomme une personnalité politique comme informateur ou directement comme formateur. Généralement, c’est quelqu’un qui a gagné les élections. S’il est formateur, il forme le gouvernement. Pour former le gouvernement, il trouve un accord entre des partis qui acceptent de gouverner ensemble et qui ont la majorité. Il présente son gouvernement au Roi qui généralement doit accepter ce nouveau gouvernement. Le formateur devient alors le premier ministre du nouveau gouvernement.

Mais souvent en Belgique, avant le formateur, on doit passer par un informateur. Comme le formateur, c’est une personnalité politique. Souvent, c’est quelqu’un dont le parti a gagné les élections. Comme le nom l’indique, l’informateur rassemble des informations auprès des dirigeants politiques des différents partis. Ces informations, ce sont des propositions politiques, des avis sur la manière de gérer le pays et surtout avec quel autre parti. L’informateur fait rapport au Roi et quand il lui semble qu’un accord est possible, il conseille au Roi le nom du formateur de gouvernement.

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