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La Belgique n’a pas encore de gouvernement. Les libéraux francophones du MR discutent avec trois partis flamands pour trouver un accord. Rien n’est encore décidé. Mais ce qui se prépare fâche les syndicats. Dans un très grand meeting, ils mettent les pieds dans le plat. Comme l'a dit un dirigeant syndical :"On ne se contentera plus des miettes !" Photo Leonor Rennotte

Les syndicats mettent les pieds dans le plat

Thierry Verhoeven

mardi 23 septembre 2014

La Belgique n’a pas encore de gouvernement fédéral. Pour l’instant, les libéraux francophones du MR discutent avec trois partis flamands : les sociaux-chrétiens du Cd&V, les libéraux flamands de l’Open VLD et les nationalistes de la NVA. Si ces quatre partis se mettent d’accord, on aura un nouveau gouvernement fédéral. Mais pour faire quoi ? On ne sait pas encore exactement mais ce qui se prépare ne plaît pas du tout aux syndicats.

17 milliards d’euros

On sait que le gouvernement fédéral doit trouver 17 milliards d’euros pour 2018 au plus tard (peut-être même 2016). C’est l’argent nécessaire pour avoir un budget de l’Etat en équilibre. C’est l’Union européenne qui exige cet équilibre. Comment trouver l’argent ? Rien n’est encore vraiment décidé. Mais on sait que ce sera l’austérité.
On parle de ne pas appliquer un index. On parle de diminuer encore et encore plus vite les allocations de chômage qui sont au dessus du minimum. On parle de limiter le budget pour les soins de santé. On parle de diminuer une série de services au public. On parle d’une augmentation de taxe comme la TVA. Par contre, on ne parle pas de demander beaucoup d’efforts aux patrons et aux riches. C’est ce qui fâche le plus les syndicats. Et c’est ce qui fâche aussi les membres des syndicats. On attendait entre 4 000 et 5 000 personnes au meeting de Bruxelles. Elles étaient 7 000 selon les chiffres officiels.

Défiler contre le recul social

Au meeting, les dirigeants syndicaux ont d’ailleurs annoncé que ce n’était qu’un début et qu’il y aurait d’autres actions. La secrétaire générale de la CSC a déclaré : « Nous sommes à la veille d’un recul social sans précédent ». Et elle a demandé un impôt sur la fortune. Anne Demelenne, ancienne secrétaire générale de la FGTB, a déclaré que le gouvernement qui se prépare « veut la peau des travailleurs ». Elle s’est lâchée. « Enfin ! » diront certains et d’ajouter : « C’est parce qu’elle s’en va et que le PS n’est plus au gouvernement ». C’est vrai que beaucoup de militants FGTB reprochaient à Anne Demelenne d’accepter trop de choses parce que les socialistes étaient au gouvernement. Rappelons qu’une partie de la direction de la FGTB est quand même proche de la famille politique socialiste et hésite parfois à trop critiquer le PS.

Un vrai rapport de force

Anne Demelenne vient de quitter son poste de secrétaire générale de la FGTB. Et pour beaucoup de militants FGTB « c’est une bonne chose ». D’ailleurs, c’est ce que pense aussi des dirigeants de la FGTB. Juste avant le meeting, le secrétaire national des métallurgistes de la FGTB, Nico Cué déclarait à la radio : « Les idées d’Anne Demelenne, c’est terminé, on passe à autre chose. Etre toujours à la table de négociation avec les patrons ou le gouvernement pour ramasser seulement les miettes, ce n’est pas le rôle de notre syndicat. » Nico Cué a ajouté que les syndicats doivent être dans un vrai rapport de forces, dans la vraie mobilisation. Et pas dans des manifestations qui ressemblent à des processions. Voilà les partis politiques prévenus.

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