Accueil > Cahiers > Entre misère et (...) > Les riches, des (...)


Les pauvres vivent moins longtemps que les riches ! C’est évident, direz-vous. Les pauvres ont moins d’argent pour se soigner. Ils vivent dans des conditions difficiles. Ils habitent parfois un logement humide. S’ils ont un emploi, c’est non seulement un emploi mal payé mais c'est souvent un travail dur qui abîme leur santé. Mais est-ce normal dans une société riche ? Non… Et pourtant, les choses ne risquent pas de s'arranger.

Les riches, des années de vie en bonus

Thierry Verhoeven

lundi 1er février 2016

Téléchargez un exercice en bas d’article

En Belgique, un chercheur d’université* sort une enquête très complète sur l’espérance de vie de la population. Cette enquête montre que les personnes les plus favorisées ont une espérance de vie beaucoup plus élevée que les moins favorisées.Ce n’est ps nouveau.. . Mais l’enquête montre aussi des choses beaucoup plus étonnantes. Avant d’aller plus loin, il faut bien comprendre ce qu’est l’espérance de vie. En Belgique, en 2013, l’espérance de vie moyenne à la naissance était de 83 ans pour les femmes et de 78 ans pour les hommes.

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cela ne veut pas vraiment dire que les hommes et les femmes qui vivent en Belgique en 2013 peuvent espérer vivre jusqu’à 83 et 78 ans. Cela veut dire qu’une femme née en 2013 peut espérer vivre jusqu’à 83 ans si les conditions de vie, de santé, de société restent les mêmes qu’en 2013 pendant 83 ans. Ce qui est impossible. En 83 ans, la médecine peut progresser et cela peut augmenter fortement l’espérance de vie. Ou alors, il peut y avoir une épidémie et cela va diminuer l’espérance de vie. En réalité, l’espérance de vie mesure l’état de santé d’une population à un moment donné.

L’étude en détail

Revenons à l’étude de ce chercheur. Il a comparé des enfants venus de milieux sociaux différents qui ont eu 5 ans pendant la période entre 2002 et 2006.
Dans cet échantillon, il a comparé 2 garçons qui ont eu 5 ans en 2006 et qui viennent de milieu sociaux différents. Un des 2 garçons peut vivre jusqu’à 14 ans de plus que l’autre. Sans surprise, l’enfant qui est dans le milieu le plus favorisé pourra vivre jusqu’à 14 ans de plus que l’enfant du milieu le moins favorisé. L’espérance de vie du garçon du milieu le plus favorisé est de 83 ans. L’espérance de vie du garçon le moins favorisé est de 69 ans…

Il a aussi comparé deux filles qui ont eu 5 ans en 2006. Il y a différence mais, elle est moins grande. L’espérance de vie de la fille du milieu le plus favorisé est de 86 ans. L’espérance de vie de la fille la moins favorisée est de 79 ans… C’est quand même encore un écart de 7 ans… Et ce n’est pas fini.

Ca ne va pas s’arranger

Selon le professeur Thierry Eggerickx qui a fait l’enquête, la différence risque fort de s’agrandir. A cause, selon lui, de la crise financière et économique de 2008 et de la politique actuelle de sécurité sociale comme l’exclusion des chômeurs ou la diminution des dépenses sociales.

Et puis, il y a l’emploi. Le chercheur déclare : « Avec surprise, nous avons constaté qu’avoir un emploi crée une différence plus grande d’espérance de vie que celle qui sépare un hyperqualifié d’un non qualifié. Peu importe le métier. A 45 ans, l’espérance de vie d’un homme au chômage est de 29,4 ans. Un employé des secteurs privé ou public aura une espérance de vie de 32,3 ans, soit près de 3 ans de plus, toutes autres choses restant égales. C’est important. C’est sans doute la conséquence de la difficulté nouvelle d’accéder à un emploi, et spécialement à un premier emploi, même pour les jeunes très diplômés. On peut craindre que les effets de la crise après 2008 va creuser cet écart. Pour l’instant, ce n’est qu’une hypothèse de travail, mais il serait surprenant qu’il ne se reflète pas dans les niveaux d’espérance de vie. » Le seul fait de ne pas avoir d’emploi diminue donc l’espérance de vie de 3 ans alors que tous les autres indicateurs sont les mêmes. Sans doute parce que sans emploi, on a une vie plus irrégulière, on surveille moins sa santé, on a un moins bon moral ...

Et pourtant, elle augmente

L’espérance de vie continue pourtant d’augmenter en Belgique mais comme le souligne le professeur Thierry Eggerickx : « Le phénomène nouveau est qu’elle progresse encore pour les plus favorisés et moins, voire pas du tout, pour les autres. Et c’était déjà constaté avant la crise de 2008, puisqu’à 45 ans, un homme n’avait plus que 30 ans d’espérance de vie dans les groupes moins favorisés, alors qu’un plus riche avait onze ans de vie supplémentaires. Les inégalités vont encore se creuser. »

L’exercice

Word - 21.5 ko

Et sa correction

Word - 34.5 ko

* le professeur Thierry Eggerickx, démographe à l’UCL et maître de recherches FNRS. Ses déclarations sont tirées du journal Le Soir du 21 janvier 2016.

1 Message

  • Trop de taxes Ex : on est taxé 2 fois sur la mëme facture : environnement , électricité, etc ;
    Il faut créer du travail , faire des travaux sur les autoroutes pour faire des portiques afin de faire payer les routiers qui traversent la Belgique , éteindre les lumieres sur les autoroutes la nuit.
    Il faut obliger les sociétés belges à rester en belgique en diminuant les taxes , etc .
    Il faut créer plus de logements .

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0