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Après 1945, pour faire marcher ses usines et son économie, la Belgique a appelé des immigrés des pays de la Méditerranée. Parmi eux, des Turcs. Voici leur histoire.

Les migrants turcs, un peu d’histoire

Döne AYNECI, stagiaire en formation à la FUNOC

lundi 23 février 2015

Dès les années 1960, beaucoup d’immigrés turcs arrivent en Belgique. En effet, la Belgique a besoin de main-d’œuvre pour ses mines. Elle a signé un accord de coopération avec la Turquie en 1964. Ces ouvriers turcs, arrivés à la même période que les Marocains, sont encore très présents dans les anciennes régions minières du pays, comme le Limbourg et la Basse-Sambre.

Dans les 3 années qui suivent l’accord de coopération belgo-turc, environ 17 000 mineurs turcs sont arrivés en Belgique. Il y avait 90% d’hommes et seulement 10% de femmes. Dans les années 1960 et 1970, d’autres Turcs ont émigré en Belgique. En 1981, il y avait un peu plus de 63 000 Turcs en Belgique. En 2013, il y avait 37 000 Turcs en Belgique. Beaucoup de personnes d’origine turque ont la nationalité belge. Le nombre de Turcs naturalisés sont environ 120 000.

L’arrivée

Les conditions de vie de ces immigrés étaient très difficiles. Il n’y avait pas assez d’habitations. Certains vivaient dans des baraquements et dans des maisons de mine. Ils avaient du mal à apprendre la langue. Les immigrants turcs faisaient des économies pour retourner chez eux au plus vite. Du coup, l’état belge a pris des mesures de regroupement familial pour éviter que les travailleurs étrangers ne retournent chez eux.
En 1974, l’Etat belge ferme ses frontières à l’immigration par le travail. Depuis, l’immigration familiale est devenu le principal moyen d’entrer légalement en Belgique.

Après 1974, il y aura quand même une autre main d’œuvre turque qui s’installera, spécialement à Bruxelles, pour travailler dans les secteurs de la construction et du nettoyage. Cette main-d’oeuvre se concentrera principalement dans les quartiers de la Gare du Nord et du Botanique. Certains travailleront aussi dans l’industrie textile à Gand.

Pourquoi viennent-ils ?

Des Turcs sont venus travailler en Belgique pour gagner plus d’argent que dans leur pays. En effet, durant les années 1950, l’Etat turc a mené une politique économique pour moderniser l’agriculture. Il y a donc beaucoup moins d’emplois dans les campagnes. Beaucoup de paysans turcs vont alors émigrer dans les petites et grandes villes du pays (Istanbul, Ankara, Izmir).

Les industries des villes turques n’ont pas assez d’emplois pour tous ces travailleurs arrivés des campagnes. Du coup, ils sont marginalisés dans les centres urbains de la Turquie. Et très vite, ce sont eux qui immigreront vers l’étranger (d’abord vers l’Allemagne et ensuite vers d’autres pays comme la Belgique, l’Autriche, la France ou encore les Pays-Bas). Environ 60% des migrants de la première génération qui vivent en Belgique sont nés à la campagne ou dans une petite ville de Turquie.

Plus largement, on remarque que les migrants d’origine turque proviennent essentiellement de quelques provinces d’Anatolie centrale et de quelques provinces du nord-est du pays. D’après l’enquête une association qui étudie les migrations, les migrants des provinces de Afyon et Eski sehir vivent principalement à Bruxelles et à Gand alors que les migrants des autres provinces d’Anatolie centrale et de l’Est sont principalement établis dans la province du Limbourg et à Anvers. Enfin, les immigrants des autres régions sont dispersés sur tout le territoire belge.

Où s’installent-ils ?

Les immigrés turcs se retrouvent dans les anciens bassins industriels et miniers de Liège, Charleroi et du Limbourg (Genk, Heusden-Zolder) Bien que l’on note toujours des migrations à destination des anciennes régions minières et industrielles, on remarque que l’immigration récente a tendance à davantage se diriger vers les grands centres urbains (Gand, Bruxelles et Anvers).

A leur arrivée et dans les années qui suivent, beaucoup de Turcs n’ont pas eu la vie facile. La Belgique n’avait pas prévu grand-chose pour les accueillir. Avec les années, leurs conditions de vie se sont améliorées. Ils participent aujourd’hui à la vie économique, politique et sociale de la Belgique.

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