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Le panier de la ménagère

mardi 1er janvier 2008

Pour calculer l’index, on se base sur un panier de produits témoins. Il n’est en effet pas possible de relever le prix de tous les produits. Aujourd’hui, il y a 507 produits témoins dans le panier de la ménagère.

Le panier de produits témoins est régulièrement mis au goût du jour. Par exemple, en 2006, les cassettes vidéos ont disparu du panier et ont été remplacés par les DVD. Et le nombre de catégories de prix relevés pour la consommation d’électricité ont été réduites pour refléter la libéralisation du marché européen de l’électricité.

Quelques disparitions marquantes

Lors de la dernière réforme de l’index, 129 produits témoins ont été rajoutés au panier qui constitue l’index et 103 produits témoins ont été retirés. Ont disparu : la margarine de régime, les cigarillos, l’anthracite (type de charbon), le marteau, les tests de grossesse, le vélomoteur, le lecteur de CD, le hot dog ou encore l’eau de Cologne.

De huit à douze catégories

Lors de la dernière réforme de l’index, le nombre de catégories de produits qui composent le « panier de la ménagère » est passé de huit à douze. Pourquoi ? Pour permettre de mieux comparer l’index belge avec l’index des autres pays européens.

La viande loin devant

La viande vient loin devant dans le budget nourriture des ménages belges. Sa pondération est de 4,63% contre 3,1% pour le pain et les céréales et 2,12% pour le groupe « lait, fromage et œufs ». Parmi les viandes, c’est le jambon cuit qui arrive en tête (0,58% du budget total des ménages) devant la viande de bœuf (0,55%).

Les localités

L’enquête sur l’index se déroule dans les commerces de 65 localités. Le nombre de localités est resté le même. Mais ces localités ont changé. Les types de commerce dans lesquels les enquêteurs relèvent les prix sont différents. Jusqu’en 1991, on relevait les prix dans les commerces de détail. Mais à partir de 1991, on relevait les prix dans la grande distribution. En effet, fin des années 80, une étude du Comité belge de la distribution a constaté que les Belges préféraient de plus en plus les supermarchés aux petits commerces.

De Bruxelles à Beauraing

Dans la liste des 65 localités où les prix sont relevés pour calculer l’index, toutes n’ont pas le même poids. Les prix dans les grandes villes pèsent plus dans le calcul que les petites. Ainsi, Bruxelles-Capitale a la plus forte pondération, soit 9,6%. Beauraing, Chimay et la Roche-en-Ardenne ferment la marche avec chacune une pondération de 0,1%.

Pauvres ?

L’index colle déjà mal à la réalité du budget des ménages. Et la façon dont il est appliqué aggrave encore les choses. C’est l’index-santé qui sert à indexer les salaires et les allocations. De plus, il est lissé sur quatre mois ! En décembre 2007, l’index-santé était de 107,44 (base 2004 = 100). Alors que l’indice moyen est de 108,4.

Avec les augmentations des carburants, l’index-santé s’écarte de plus en plus de l’augmentation réelle du coût de la vie. En 2000, l’essence super coûtait 0,75 euro le litre. Aujourd’hui, elle dépasse 1,2€. Les salaires sont donc en retard sur le coût de la vie. Un travailleur qui gagne 1 500 euros par mois aujourd’hui devrait en fait toucher 1560 euros. C’est 4 % de moins.

Et c’est encore plus dramatique pour les ménages qui sont à la limite du seuil de pauvreté. En 2004, on estimait qu’une personne seule était pauvre si elle avait un revenu de 9 270 € par an, soit 772, 5€ par mois. Un ménage de deux adultes et deux enfants était considéré comme pauvre s’il avait un revenu de 19 468,40 € par an, soit 1 622,37 € par mois.

Or, 15,2% de personnes en Belgique appartiennent à un ménage où le revenu disponible est en dessous de 772,5 € par mois. Ces personnes sont donc menacées de pauvreté. Parmi elles, les femmes et les plus âgés sont les plus fragiles.

L’index-santé ne suffira pas à éviter à ces personnes de basculer dans la pauvreté. Si l’on veut aujourd’hui que ces familles gardent au moins le même pouvoir d’achat, il faudrait augmenter les salaires et pas seulement les indexer.

LM

2 Messages

  • 21 janvier 2008 22:52, par Marco

    Quelle honte cet index-santé !

    Si mal nommé

    Si hypocritement nommé et amené

    Comme si la préoccupation de ceux qui l’ont inventé était notre petite santé. ..

    Un vrai hold up sur les salaires, cet index-santé, oui...

    De toute façon c’est toujours pareil. Aujourd’hui, on apprend aux pauvres

    à gérer leur misère. On les culpabilise de boire, de fumer, d’utiliser leur

    voiture... Et au passage, on diminue leur salaires

    Bientôt, il n’y aura plus que les riches qui auront les moyens de rouler en
    voiture...

    C’est vrai que ça pollue beaucoup, les voitures des pauvres... Et ils n’ont

    même pas les moyens d’en acheter des plus vertes ;

    Salauds de pauvres,comme disait l’autre...

  • 19 avril 2008 15:39, par R.JUST

    quand l’Etat se fait voleur il est temps que le peuple
    prenne les rennes du pouvoir. Vive la révolution prolétarienne !

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