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Le coin de Roger, les grands colleurs du Pays noir

mardi 12 mai 2009

Le coin de Roger

Avant tout, j’espère que je ne risque pas les foudres de René-Pierre Hasquin, l’auteur des « Grandes colères du Pays Noir », pour avoir un peu détourné le titre de son livre.

Que voulez-vous, on ne se refait pas : l’idée m’est venue en voyant un jeune colleur du parti à la rose, « papiner » généreusement la tête d’Olivier Chastel pour le remplacer par la barbe « négligée juste ce qu’il faut » de Paul Magnette.

Attention, on surcolle oui mais uniquement sur une partie du visage. On a une éthique quand même. Comme ça, ceux qui ne connaissaient le candidat qu’à moitié pourront le reconnaître aisément... Et si demain, c’est Magnette qui se retrouve hémiplégique, ceux d’en face diront que c’est de bonne guerre. Que « c’est eux qu’ont commencé ». Et si cela se termine à coups de poing, on conclura à une rixe entre colleurs comme il s’en produit depuis la nuit des temps. Après tout, une petite mandale n’a jamais tué personne, à condition de ne point en abuser. Les partis condamnent d’ailleurs unanimement le cumul des mandales.

N’empêche, on a beau dire que le surcollage existe depuis qu’on a voté la première fois dans une grotte préhistorique (d’où peut-être les peintures rupestres ?), ça ne grandit pas ceux qui s’y livrent avec un plaisir évident.

Comme d’autres trépignent toute l’année à l’idée d’enfiler leur costume de Gilles au Mardi gras, ceux-là semblent avoir compté les jours pendant toute une législature, dans l’attente d’aller placarder. On les imagine s’entraîner dans leur jardin sur des palissades à surcoller plus vite que leur ombre. A scruter « e-bay » à la recherche de la brosse dernier cri et de la colle à prise ultra-rapide. Sans compter le seau, ustensile tout aussi indispensable qu’il faut léger mais d’une capacité suffisante pour coller toute une nuit.

Il paraît que c’est la dernière semaine avant les élections que les colleurs se surpassent. Si on pouvait surcoller au « canadair » on ne se priverait pas. Dans les 48 heures qui précèdent, les affiches des uns et des autres se succèdent tellement vite que ce ne sont plus des images mais un clip.

Ne parlons même pas de la nuit du dimanche du scrutin : l’espérance de vie d’une affiche est de moins d’une heure.

Et qu’en reste-il dans l’urne ? On ose espérer, au nom de la démocratie, que le dernier affiché n’est pas le premier coché...

En tous cas, si j’étais candidat, je ne serais pas nécessairement fier d’avoir été élu juste pour ça.

Roger

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