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Après un processus électoral qui a duré des mois, la France a un nouveau Président : Emmanuel Macron. Jeune et issu du monde bancaire, Macron est arrivé à s’imposer avec un mouvement politique créé il y a seulement un an. Il doit maintenant essayer d’unifier une France profondément divisée. A quelques semaines des élections législatives…

La France divisée

Céline Teret

vendredi 19 mai 2017

Au lendemain des élections présidentielles, une bonne partie des Français a poussé un « ouf » de soulagement. La candidate du Front National, Marine Le Pen, n’a pas été élue Présidente de la République française. Son parti d’extrême droite portait un programme anti-européen et anti-immigration. Elle voulait fermer les frontières et nationaliser le pays. Son programme n’était que poudre aux yeux. Elle faisait plein de « promesses » pour aider les travailleurs, pour lutter contre le terrorisme, mais sans chiffres, sans données réalistes, et avec des méthodes douteuses. Le programme du Front National cache en réalité des discours de haine, envers les musulmans, envers les étrangers, envers les personnes qui ont la double nationalité, envers les médias, envers les politiques… Bonne nouvelle, donc, que Marine Le Pen n’ait pas été élue.

Contexte politique tendu

Mais la France n’est pas pour autant apaisée… Marine Le Pen était quand même parmi les deux candidats retenus pour le second tour. Et depuis des mois, et même des années, elle occupe une place importante sur la scène politique et médiatique.
C’est presque « naturellement » qu’une candidate d’un parti d’extrême droite s’exprime dans des débats, apparaît dans les journaux, rencontre les citoyens, les travailleurs… En Belgique, par exemple, il existe un « cordon sanitaire », pour empêcher les partis d’extrême droite d’accéder au pouvoir ou de s’exprimer lors de débats dans les médias francophones. En France, rien de tel n’est en place.
Et le Front National apparaît désormais comme un parti comme les autres. Résultat : Marine Le Pen a obtenu 35% des votes. Cela ne veut pas dire que 35% des Français ont voté pour elle. Certains ne sont pas allés voter : le vote en France n’est pas obligatoire. Il y a aussi eu des votes blancs (sans aucune case cochée) ou nul (non valides). Mais ce chiffre représente quand même 10,5 millions personnes sur 47,5 millions de participants aux élections. Environ 1 personne sur 5 a coché la case Le Pen. C’est inquiétant.

Pas de candidat pour défendre les valeurs de gauche

De plus, lors du deuxième tour des élections présidentielles, 12 millions de participants se sont abstenus. Cela veut dire qu’ils ont décidé de ne voter pour aucun des deux candidats. Parmi ces abstentions, il y avait probablement beaucoup d’électeurs déçus que les valeurs de gauche ne soient pas représentées. En effet, ni Benoît Hamon pour le Parti Socialiste, ni Jean-Luc Mélenchon, du mouvement La France Insoumise, n’ont été retenus pour le second tour des élections. Résultat, ces électeurs de gauche se sont retrouvés devant un choix qui ne leur convenait pas : Marine Le Pen, représentante de l’extrême droite, et Emmanuel Macron, un homme issu du monde des banques.
Ce qu’il y a d’étonnant aussi dans ces élections, c’est que pour la première fois dans l’histoire de France, le Président élu ne vient d’aucun des deux grands partis traditionnels. Ces deux grands partis : le Parti Socialiste (à gauche) et Les Républicains (à droite). D’ailleurs, aucun de ces deux partis n’était représenté au second tour des élections, ce qui est aussi une grande première pour le pays. Le candidat du parti Les Républicains, François Fillon, a vécu un cuisant échec notamment à cause d’affaires de détournement de fonds publics. Il finira 3ème au premier tour, suivi de près par Jean-Luc Mélenchon, et de bien plus loin par Benoît Hamon, que les membres du parti socialiste n’ont pas soutenu.

Macron en marche

C’est donc dans ce contexte politique tendu qu’Emmanuel Macron est devenu Président de la République française le 14 mai 2017. Pendant 5 ans, il devra présider un pays divisé. Une partie de ses électeurs a voté pour lui non par conviction profonde, mais plutôt par peur de voir le Front National à la tête du pays. Le nouveau Président va donc devoir faire ses preuves et gagner la confiance du peuple français…

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