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La Belgique un peu plus à droite…

Elections

lundi 11 juin 2007

Depuis les élections législatives de ce dimanche soir, les présidents et les responsables des partis politiques font des déclarations. Certains fêtent la victoire. D’autres minimisent leur défaite ou essaient de l’expliquer. La Belgique est un pays compliqué. Les élections n’échappent pas à cette règle. Quelques heures après le vote, voici quelques pistes pour analyser les résultats…

Le PS perd. Le CDH et, surtout, Ecolo gagnent. Et le MR devient le premier parti en Wallonie. Voilà, en résumé, les résultats de ces élections fédérales en Wallonie et à Bruxelles. Et en Flandre ? Le CD&V (les chrétiens flamands) triomphe. Le VLD (les libéraux) s’essouffle. Le SP.A (les socialistes flamands) est le grand perdant. Le Vlaams Belang, (extrême droite) est le second parti en Flandre.


Photo : Belga

Des gagnants et des perdants

Mais comment analyser, à chaud, le vote des électeurs ? Point commun entre le Nord et le Sud du pays : les socialistes (PS et SP.A) sont les grands perdants. Ils sont en recul dans de nombreuses régions. Une des explications de cet échec : les affaires qui ont secoué la ville de Charleroi ces dernières semaines. Une partie des électeurs socialistes a donc voté pour d’autres formations politiques. En Wallonie et à Bruxelles, cette baisse du PS a bénéficié au parti libéral (MR) ainsi qu’à Ecolo. Le MR réalise ainsi un résultat historique. Pour la première fois de l’histoire, il est le premier parti en Wallonie. Point positif de ces élections : en Wallonie et à Bruxelles, l’extrême droite (FN) ne progresse pas beaucoup.

En Flandre, le CD&V, le parti d’Yves Leterme, a fait un très bon résultat. Cela était annoncé par les sondages. Par contre, les socialistes (SP.A) ont chuté et a, c’est plus inattendu. Pour justifier cet échec, les responsables de ce parti pointent également du doigt les affaires de Charleroi. La chute des libéraux (VLD), emmenés par Guy Verhofstadt, peut s’expliquer de la manière suivante : les électeurs ont voulu sanctionner le parti de l’ancien Premier ministre, qui n’a pas toujours su répondre à leurs attentes. C’est ce que l’on appelle « l’usure du pouvoir ».

Former une coalition : un casse-tête

Suite aux résultats de ces élections, on a maintenant la nouvelle composition du Parlement fédéral (la Chambre et le Sénat). Les partis ont obtenu un nombre de sièges en fonction de leur score électoral. Rappelons qu’un parti doit obtenir, au moins, 5% des votes pour entrer au Parlement. C’est ainsi que les écologistes flamands (Groen !) vont revenir au Parlement.

La composition du Parlement dépend directement du choix des électeurs. Mais ce n’est pas le cas du gouvernement. Pour former le gouvernement, une seule règle doit être absolument respectée : les partis au pouvoir doivent, ensemble, avoir la majorité à la Chambre. Ce qui est certain c’est que la coalition sortante (SP.A, VLD, MR et PS) n’a plus la majorité au Parlement. Et logiquement, les grands partis vainqueurs - et notamment, dans ce cas-ci, le CD&V - doivent se retrouver au pouvoir. Pour avoir une majorité, plusieurs partis doivent se mettre d’accord en Flandre et en Wallonie.

Mathématiquement, tout est possible… ou presque. Mais dans la réalité, former le nouveau gouvernement pourrait bien être un véritable casse-tête. La raison principale : le CD&V d’Yves Leterme paraît incontournable, mais il fait peur aux partis francophones. En effet, le CD&V s’est allié au N-VA, qui est pour une séparation entre la Flandre et la Wallonie. Ces dernières semaines, ce parti s’est d’ailleurs prononcé pour une nouvelle réforme de l’Etat. Du côté francophone, on ne veut pas entendre parler de ces changements. Or, pour voter une nouvelle réforme de l’Etat, la nouvelle coalition aura besoin d’une majorité spéciale : soit les 2/3 des voix au Parlement. Cela complique encore les choses. Autre difficulté : les résultats des grandes familles politiques (libéraux, sociaux-chrétiens, écologistes, socialistes) ne sont pas les mêmes en Flandre et en Wallonie. Un exemple : les libéraux font partie des vainqueurs au Sud du pays, ce qui n’est pas le cas au Nord.

Très rapidement, le Roi Albert II va désigner un informateur. Comme son nom l’indique, il va s’informer de la situation en faisant le tour des différents partis. Par la suite, un formateur tentera de former le nouveau gouvernement. Comme la situation est très compliquée, les négociations devraient prendre plusieurs jours, voire plusieurs semaines…

Anouck Thibaut


La Belgique, un Etat fédéral
Le 10 juin, les électeurs belges se sont rendus aux urnes pour renouveler le Parlement fédéral. Celui-ci est chargé de voter les lois. Tandis que le gouvernement fédéral est chargé de faire en sorte que ces lois puissent être appliquées. Rappelons que la Belgique est un Etat fédéral, composé de trois Communautés (française, flamande et germanophone) et de trois Régions (wallonne, flamande et de Bruxelles-Capitale). Les responsables des Communautés et des Régions peuvent prendre des décisions dans des domaines précis : enseignement, culture, logement, emploi… Tandis que d’autres domaines (armée, monnaie, police, sécurité sociale…) sont gérés par le gouvernement et le parlement fédéral.
Pour avoir les résultats complets, consultez le site de la RTBF http://evenement.rtbf.be/resultats.html

 

 

2 Messages

  • 13 juin 2007 21:49, par Jérôme

    Il serait plus que temps de se rendre compte que voter à droite, c’est voter...utile ! Quand j’entendais Mr Di Rupo annoncer que son parti se battrait pour obtenir une augmentation de 12% de toutes les pensions alors que durant les 8 années de gouvernement avec le PS, il nous a été dit qu’il serait bientôt impossible de continuer à les payer !!! Comprenne qui pourra ! En se (re)positionnant à droite, le MR a sans doute raflé quelques % au FN et a ainsi changé une légère chute en légère remontée !

    En Flandre, c’est un à droite toute : le 1°, le CD&V est au centre-droite, le 2°, Open VLD est à droite, le 3°, Vlaams belang est à l’extrême-droite et la liste DeDecker est au moins aussi à droite que le Vlaams belang !

    La gauche en Belgique est condamnée, comme en France, a doucement disparaître, incapable de s’ouvrir aux réalités du monde moderne ! Le social a eu ses heures de gloire, aujourd’hui il est temps de tourner la page ! Vous croyez que je divague ??? Regardez ce qu’il reste du communisme !!!

  • 20 janvier 2008 17:19, par ERIC

    Le PS est le fossoyeur de la wallonie, heureusement que les gens se resaississent !!

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