La rentrée des classes est souvent un moment d’angoisse pour les enfants, les ..." />
Accueil > Articles > L’école coûte cher


L’école coûte cher toute l’année

mercredi 1er septembre 2010


La rentrée des classes est souvent un moment d’angoisse pour les enfants, les parents et les enseignants. On se pose beaucoup de questions. Comment ça va se passer, cette année, à l’école ? Pour les parents, il y a aussi une question plus matérielle : combien cela va-t-il coûter ? Et surtout en septembre ! Cartable, marqueurs, fardes, etc. C’est un vrai budget. Mais l’école coûte cher toute l’année. Une étude de la Ligue des familles le souligne à nouveau (1).


Photo : Belga

On a l’habitude de dire qu’en Belgique, l’école obligatoire est gratuite. Enfin presque... C’est vrai qu’il n’y a pas de frais d’inscription dans l’enseignement obligatoire. C’est vrai qu’il y a des règles pour limiter les autres frais scolaires. Par exemple, en Communauté française, les écoles ne peuvent pas demander aux parents de payer les photocopies dans l’enseignement maternel et primaire. Le prix des photocopies ne peut pas dépasser 75 euros dans l’enseignement secondaire. Pourtant, chaque année au mois de septembre, on se dit : l’école coûte cher. C’est d’ailleurs ce que montre une étude de la Ligue des Familles.

Les 7 familles

La Ligue des Familles a étudié le budget pour l’école de 7 familles. Ces familles existent vraiment, les noms ont bien sûr été inventés. Il y a :

- les Martin, le père travaille à temps plein, la mère à temps partiel. Ils ont deux enfants.

- les Laurent, le père est pensionné, la mère travaille à temps partiel et les deux jeunes sont à l’université.

- les Roberta, la mère est seule avec son enfant, elle travaille à temps plein.

- les Moktar, le père travaille à temps plein, la mère est au foyer. Ils ont trois enfants.

- les Dupont ne travaillent pas et vivent d’allocations sociales. Ils ont deux enfants.

- les Frédérique, le père travaille à temps plein, la mère à temps partiel. Ils ont trois enfants de précédentes unions et un enfant en commun.

- les Doudou, couple homoparental, ont un enfant de 2 ans.

On le voit, ces 7 familles sont très différentes. Les parents n’ont pas les mêmes revenus. Leurs enfants sont à l’école maternelle ou à l’université. Mais toutes ces familles dépensent une part importante de leurs revenus pour l’école de leurs enfants. La Ligue des Familles a compté tous les frais liés à l’école : les fournitures scolaires (cartables, crayons…) mais aussi les déplacements vers l’école (voiture, bus, train…), les frais de garderie et de stages, l’accueil des 0-3 ans, l’alimentation, les écoles de devoirs, la logopédie et les cours particuliers...

L’école est chère

Evidemment, si les enfants sont dans le supérieur, il y a aussi les frais d’inscription, le kot, ... Ainsi, les Laurent ont dépensé plus d’1/5 (20%) de leurs revenus pour l’année d’université 2010 de leurs 2 enfants. Cela fait presque 8 300 euros sur l’année ! Mais l’enseignement obligatoire coûte cher aussi. Ainsi, Mme Roberta vit seule avec un enfant qui va à l’école primaire. Elle dépense 7% de son budget soit 1 222 euros par an pour l’école. C’est une moyenne sur l’année scolaire. Les Dupont dépensent 9% (presque 1/10) de leurs revenus pour l’année scolaire de leurs enfants soit 1 557 euros.

En septembre, les parents doivent dépenser d’un coup beaucoup plus que pendant l’année. Les Laurent dépensent 2 500 euros pour la rentrée universitaire soit les 3/4 (75%) de leur revenu mensuel. Mme Roberta dépense 235 euros en septembre soit presque 15% de ses revenus. Les Dupont dépensent 489 euros en septembre soit 28% de leur revenu mensuel ! On le voit, l’école coûte cher. Et c’est en septembre que les frais sont les plus élevés. Il existe une allocation de rentrée supplémentaire à l’allocation familiale : de 25 à 75 euros selon l’âge de l’enfant. Mais cela ne suffit pas. La Ligue des Familles réclame, entre autres, un vrai treizième mois d’allocations familiales, en août, pour aider les familles à payer les frais scolaires.

Une meilleure politique

En Communauté française, les pouvoirs publics encouragent déjà les écoles à limiter au maximum les frais scolaires pour les parents. Pour la Ligue des familles, la Communauté française doit aussi donner des règles plus précises aux écoles et sanctionner les écoles qui ne respectent pas ces règles. La Ligue réclame aussi des mesures pour améliorer le calendrier scolaire, l’accueil avant et après l’école, l’alimentation des enfants.

Quand on a déjà un budget serré, l’école « gratuite » des enfants, c’est une fameuse dépense. La Ligue des Familles souligne d’ailleurs que les aides publiques aux parents ne prennent pas assez en compte l’évolution de la société. Les familles monoparentales, par exemple, sont un peu « les parents pauvres » des aides publiques pour l’école. Et comme le souligne la Ligue : « les études montrent que ces familles monoparentales courent un risque de pauvreté de près de 35,8% supérieur à celui des autres familles. »


TV

  1. L’étude la Ligue des Familles : http://www.citoyenparent.be/Public/mouvement/Page.php?ID=33697

  2. Télécharger l’étude complète de la Ligue des Familles : fichier PDF



 

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0