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Les pays européens sont-ils de bons élèves ? Font-ils bien les devoirs réclamés par l’Union européenne. Diminuent-ils bien le déficit de leur budget et font-ils une politique qui favorise la croissance économique et la compétitivité ? La Commission européenne a donné son avis sur ce que font les Etats. Dans l’ensemble, la note c’est « assez bien mais peut mieux faire. » Mais mieux faire, c’est quoi ?Plus d'austérité ou plus de bien-être pour les citoyens ? Et si c’était la Commission européenne qui devait revoir sa copie ?

L’Europe donne ses bons et ses mauvais points

Thierry Verhoeven

samedi 6 juillet 2013

Fin mai, la Commission européenne a donné des bons et des mauvais points aux Etats de l’Union européenne. Régulièrement, la Commission européenne se réunit et juge la situation des finances et de l’économie de chaque pays. Si le bulletin n’est pas bon, la Commission demande au pays de changer de politique, elle peut même le punir en lui donnant une amende.

La Commission juge de la situation d’un pays selon des règles européennes. Au départ, ces règles sont fixées par les dirigeants des Etats membres, eux-mêmes. Pourquoi alors certains gouvernements ne respectent les règles qu’ils se sont eux-mêmes fixées ? Parce que c’est compliqué… Essayons de simplifier.

Pouvoir à la Commission

Quand les chefs de gouvernement décident des règles européennes, ils sont 27 autour de la table puisqu’il y a 27 Etats membres de l’Union européenne. Ces pays sont très différents : Allemagne, France, Chypre, Grèce, Pologne, … Il faut donc trouver un accord. Souvent, l’accord ne satisfait jamais complètement un gouvernement. Quand ils se rencontrent, les chefs de gouvernement des pays européens font donc des règles. Ensuite, ils demandent à la Commission européenne de faire respecter les règles dans chaque Etat membre.

Par exemple, la Commission européenne contrôle le budget de l’Etat : il ne doit pas être trop en déficit. Ou encore, la Commission européenne contrôle la dette publique de l’Etat : elle doit diminuer. Et la Commission européenne contrôle aussi la politique économique de l’Etat : il faut améliorer la compétitivité des entreprises, la flexibilité du travail.

Le problème, c’est qu’entre les règles fixées entre 27 pays européens à un moment donné et la réalité dans chaque pays, il y a souvent des différences. Et avec la crise, il y a même de grandes différences. L’économie va mal, le chômage augmente. Comment alors ne pas avoir un manque à gagner dans le budget de l’Etat ? La Belgique a un déficit de 3,9% dans son budget. La règle européenne autorise 3% de déficit maximum. La Commission recommande donc à la Belgique de faire des efforts pour diminuer le déficit. Mais elle ne recommande pas que cela…

Les personnes « âgées »

La Commission demande à la Belgique de modifier le système des pensions et des prépensions. En clair, les travailleurs doivent travailler plus longtemps. Cela veut dire que l’on pourrait retarder l’âge de la pension. Et aussi « activer » les « vieux » chômeurs. Comme la population vieillit, comme on vit plus longtemps, la Commission demande d’améliorer l’efficacité des soins de santé des personnes âgées. En période de crise, on se demande si l’efficacité ne veut pas dire, dans la réalité, diminuer les dépenses…

Les travailleurs

Pour améliorer la compétitivité, la Commission demande à la Belgique de modifier le système des salaires. En clair, les salaires doivent être mieux contrôlés. Cela veut dire, par exemple, modifier l’index et donc peut-être diminuer les salaires.

Les chômeurs

Pour diminuer le chômage, la Commission recommande à la Belgique de motiver, et d’aider les chômeurs à trouver un emploi. En clair, la Belgique doit plus et mieux accompagner les chômeurs dans leur recherche d’emploi. Cela veut dire qu’il y a un risque d’augmenter la pression sur les chômeurs et de les sanctionner plus.

Trop de pouvoir

La Belgique ne doit donc pas seulement diminuer le déficit de son budget. Elle doit aussi modifier sa politique sociale. Et plutôt en diminuant les droits et les avantages des pensionnés, des travailleurs et des chômeurs. On ne sort pas de l’austérité lancée en 2008. La Commission apparaît comme la « grande méchante ». La Commission recommande aussi des choses plus positives dont on parle peu dans les médias. Elle recommande, par exemple, de diminuer le prix de l’énergie ou encore de favoriser l’emploi des immigrés plus touchés encore que les autres par le chômage.

Evidemment dans l’ensemble, ce que la Commission recommande ne va pas dans le sens de plus de services au public, de plus de droits sociaux, … Cela va dans le sens de l’austérité. Et de plus en plus de gens se demandent si l’austérité est bien une solution à la crise ou si elle aggrave encore la crise.

Certains disent aussi que la Commission européenne se mêle parfois de ce qui ne la regarde pas comme la politique sociale d’un Etat membre. Sans doute… Mais, ce que fait la Commission européenne est dans la logique de ce que décident les gouvernements des Etats membres quand il se rencontrent « à l’Europe ». Notre gouvernement et nos ministres nationaux peuvent donc décider autre chose…Même si ce n’est pas facile de trouver un accord entre 27 pays. Pourtant, la belle, la grande idée d’une Europe unie, riche et démocratique est à ce prix.

Commission européenne : 27 personnes choisies par les 27 Etats membres de l’Union européenne. Ce sont souvent des anciens ministres ou des responsables politiques de leur pays. La Commission vérifie que les Etats respecte les décisions européennes, elle fait des lois dans l’esprit de ce que décident, ensemble, les gouvernements des Etats membres. Elles proposent des politiques pour l’Union européenne.

austérité  : diminution de l’endettement de l’Etat en diminuant les dépenses publiques et sociales, modération salariale, augmentation de taxes

index  : pourcentage qui sert de base à l’augmentation automatique des salaires et des allocations sociales quand les prix des produits augmentent.

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