Accueil > Cahiers > Arrivés ici > Journée du migrant,


Le 18 décembre, c’est la journée internationale du migrant. S’installer dans un autre pays n’est jamais simple. Pour l’illustrer, nous publions le témoignage d’une femme turque qui est en Belgique depuis 1991.

Journée du migrant, un témoignage

Döne Ayneci, stagiaire chef d’oeuvre

jeudi 18 décembre 2014

Il y a 50 ans, en 1964, la Belgique et la Turquie signaient un accord. Un accord pour faire venir en Belgique des travailleurs turcs. Des milliers de Turcs sont donc venus travailler dans les mines de charbon, dans la sidérurgie, dans la construction... Des Turcs viennent encore en Belgique aujourd’hui grâce au regroupement familial. S’installer dans un autre pays n’est pas une chose facile.

Uune femme turque, Döne Ayneci, est en Belgique depuis 1991. Elle suit une formation en français, en maths et en informatique dans un centre de formation pour adultes, la FUNOC. Elle vient de réussir un examen que l’on appelle "chef-d’œuvre". Comme sujet, elle avait choisi les 50 ans de l’immigration turque en Belgique. Lisons son témoignage.

La formation était très difficile pour moi, parce que depuis l’âge de 12 ans je n’avais plus jamais écrit, je lisais mais dans ma langue maternelle turque. Je ne savais pas lire et écrire en français.
Tout d’abord il faut bien dire que c’est vraiment difficile de venir s’installer dans un autre pays.
Quand je suis arrivée en Belgique, c’était le noir dans ma tête, comme si j’étais tombée dans un puits.
Après quelques années, je me suis habituée à vivre ici mais alors j’avais peur d’être trop assimilée, j’avais un calcul fixe dans ma tête : immigration+ intégration=assimilation.
Mais quand j’ai commencé la formation à la Funoc, j’ai vu que ce n’étais pas du tout comme je pensais. J’ai vu que je suis plus riche. J’ai deux cultures, deux langues. Une vision plus large. Les enfants sont plus riches culturellement.
Il faut savoir la différence entre assimilation et intégration sinon on pense n’importe comment :
Assimilation = perdre sa culture sa langue d’origine, se fondre.
Intégration= on garde sa culture sa langue d’origine, on s’ouvre à la culture des autres, on n’est pas renfermé sur soi-même, on s’adapte au niveau social.

A quoi m’a servi mon travail ?

Au début de mon travail, c’était très difficile. Quand j’ai récolté des informations, c’était des études d’université. Le langage était très difficile à lire et comprendre pour moi. Mais malgré les difficultés, j’ai appris beaucoup de choses pendant la formation. Je sais chercher des informations. Travailler toute seule. Corriger mes fautes. Exprimer mes idées. Oser demander des choses aux gens. Avec ce travail, j’ai appris beaucoup de choses.

Je veux terminer en disant que pendant des années je n’étais pas voilée. Au bout de 10 ans j’ai décidé de porter le voile, les gens autour de moi ont dit :"on pensait que tu étais bien intégrée !" Mais ce n’est pas mon foulard qui va empêcher mon intégration. Ca n’a rien à voir. Malheureusement souvent les gens pensent comme ça.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles

SPIP | Squelettes & Graphisme: Banlieues | Se connecter | Suivre la vie du site RSS 2.0