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Incontournable défi

Ages

samedi 1er septembre 2007

La population vieillit de plus en plus. Cela oblige à trouver de nouvelles solutions pour les soins de santé et les pensions. Sinon, c’est tout le système sur lequel est basée notre société qui explosera.

Dans nos pays développés, l’espérance de vie augmente sans cesse grâce aux progrès de la médecine. Il y a donc de plus en plus de personnes âgées. En même temps, il y a de moins en moins de jeunes. Avant, il y avait bien plus de jeunes que de personnes âgées. Aujourd’hui, c’est l’inverse. La population qui vieillit de plus en plus et le nombre de jeunes qui diminue, c’est le plus grand défi que doit affronter le système de sécurité sociale.

Plus de vieux, moins de jeunes

Pourquoi est-ce un défi ? Ce sont en fait les personnes actives, les travailleurs, qui alimentent les caisses de la sécurité sociale. Des cotisations sont prélevées sur leur salaire. Si ces travailleurs sont plus nombreux que les personnes en pension et âgées, les cotisations suffisent à payer les frais de sécurité sociale (les soins de santé, par exemple). Mais ce ne sera plus le cas dans quelques années. Cela veut dire que la sécurité sociale aura beaucoup plus de dépenses que de rentrées. Le chômage et les crises économiques aggravent encore la situation : moins de travailleurs c’est moins de cotisations, donc moins d’argent pour la sécurité sociale.

Pourquoi le déséquilibre dans la caisse des soins de santé ? Les personnes jeunes et en âge de travailler ont en moyenne moins de problèmes et de traitements médicaux que les personnes âgées. Leurs cotisations servent à payer pour les plus âgés. C’est le point essentiel de notre système de sécurité sociale : le principe de solidarité, où tout le monde cotise pour tout le monde. C’est ce principe de solidarité qui est menacé. Puisqu’il n’y a plus assez de jeunes pour cotiser.

Plus d’inactifs, moins d’actifs

C’est le même problème pour l’autre partie de la sécurité sociale : les pensions. Les gens qui travaillent ne cotisent pas pour leur future pension. Leur cotisation sert à payer les pensions des retraités aujourd’hui. Donc, comme la population vieillit et qu’il y a moins de jeunes, l’argent va manquer, là aussi. Il y aura moins de cotisations et plus de pensions à payer et plus longtemps puisque l’espérance de vie augmente. Il faut aussi ajouter à cela les prépensionnés. Encore jeunes, ils coûtent à la sécurité sociale et ils ne paient plus les mêmes cotisations. La question des pensions est très grave. Selon certaines analyses, il pourrait ne plus y avoir assez d’argent pour payer les pensions d’ici dix à quinze ans. C’est donc vraiment tout le système sur lequel repose notre société qui est menacé. Il faut trouver une solution.

Deux solutions

Pour faire face au défi des pensions et des soins de santé, les gouvernements avancent surtout deux choses. D’abord, ils veulent que les gens travaillent plus longtemps. Cela permettrait d’avoir plus longtemps des cotisations, donc de l’argent pour payer les soins de santé et les pensions. Mais, face à cette volonté, il y a deux réalités. Celle de l’économie : les fermetures et les délocalisations d’entreprises créent du chômage et des prépensions. Et la réalité de la qualité de vie : les personnes n’ont pas envie de travailler trop longtemps pour pouvoir « profiter » comme l’on dit avant d’être trop vieux.

Une autre solution est proposée : les travailleurs prennent des assurances personnelles pour payer une partie de leurs soins de santé et de leur pension. Ce système se développe de plus en plus. Mais il est réservé à ceux qui en ont les moyens. Là, c’est un problème avant tout social. On ne peut empêcher personne de s’assurer ainsi et même, dans certains cas, on peut l’y encourager. Mais il ne faut absolument pas que ce système privé l’emporte sur le principe de solidarité. Sinon, c’est la fin de la sécurité sociale pour tous.

Marc Vandermeir

2 Messages

  • 30 novembre 2009 22:24, par Julie

    Je trouve votre périodique extraordinaire. Je n’ai n’ai jamais trouvé mieux en terme d’outil pédagogique. Je suis bluffée par votre capacité à expliquer simplement des choses complexes. Cela fait maintenant deux ans que je fais activement votre pub auprès de tous mes collègues enseignants. Plus qu’un formidable coup de pouce dans notre boulot, votre travail est un véritable acte citoyen. (Mon avis manque sûrement d’humour, mais certainement pas de sincérité).

  • 20 avril 2012 12:45, par rosalie

    Au EU Obabama veut le droit aux soins pour tous et chez nous cela devient le contraire.La terre tourne avec ses injustices.
    Un jour, l’Afrique aura froid et nous aurons chaud mais nous on n’ a pas le pétrole.Le monde est fou fou !

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