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De crise en crise ?

Crise boursière

lundi 28 janvier 2008

La semaine dernière, c’était la panique dans les grandes bourses du monde. A Londres, Francfort, Madrid, Tokyo, Hong Kong, Bombay, Séoul, Sao Paulo, Wall Street, les indices boursiers ont beaucoup chuté. On n’avait plus connu de telles baisses brutales depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.


Photo : Belga

La crise boursière vient de la crise des crédits « subprime » de l’été 2007. Avec la mondialisation et les manques de contrôle du système financier, cette crise est devenue une crise financière. Cette crise financière touche toutes les régions du monde. Elle peut se transformer demain en vraie crise économique.

Ce n’est pas la première fois que le capitalisme connaît des crises financières. Il en va ainsi depuis le début de son histoire. Malgré ses crises, c’est un système très dynamique qui peut rebondir « de crise en crise », créer de nouvelles richesses et inventer de nouvelles technologies. La crise actuelle montre, une fois de plus, comment le système est mondialisé. Elle montre surtout comment les Etats ne peuvent pas ou ne veulent pas contrôler et prévenir de telles crises. Car la crise actuelle vient de loin. Elle remonte à la crise des crédits « subprime » aux Etats-Unis en août 2007.

Crise des crédits à haut risque

Les « subprime », ce sont les « crédits à haut risque ». Essayons de faire simple. Des organismes financiers ont prêté à des ménages qui ont peu de moyens financiers. Ces ménages n’auraient pas ou difficilement le prêt dans une banque dite « sérieuse ». En échange, les taux d’intérêt du prêt peuvent varier beaucoup. Dans le cas des « subprime » aux Etats-Unis, les ménages ont emprunté surtout pour acheter un logement. Au début, le taux d’intérêt est bas. Puis, le taux d’intérêt augmente beaucoup. Quand le prix du logement est élevé, les ménages peuvent emprunter à nouveau pour rembourser leur premier prêt puisque leur logement vaut plus d’argent. Alors, les crédits à risque pour le logement augmentent aussi. Et cela fait monter les prix du logement. C’est une augmentation en spirale.

Or, les prix de vente des logements ne peuvent pas toujours augmenter. A un moment donné, les ménages ne peuvent plus payer. En 2007, on estimait qu’1,2 million de ménages américains ne pouvaient plus rembourser leurs crédits « subprime ». Des organismes financiers qui ont prêté sont en difficulté et même en faillite. Le problème, c’est que ces organismes financiers ont souvent revendu beaucoup de prêts de leurs clients à d’autres banques et sociétés financières. Ces banques sont aux Etats-Unis mais aussi en Europe et dans le monde entier. Alors, on ne sait pas toujours où se trouvent ces titres. Fin 2007, on estimait les pertes dues aux crédits « subprime » à 150 milliards de dollars. La première banque américaine, Citigroup, a perdu 10 milliards de dollars dans les 3 derniers mois de 2007. Elle va d’ailleurs supprimer 4 200 emplois.

Crise financière

D’autres banques, aux Etats-Unis et dans le monde, sont touchées. Le phénomène est énorme. Du coup, tout le monde se méfie. Et toutes les banques se méfient les unes des autres. On se méfie d’une banque qui a acheté des « subprimes ». On se méfie aussi d’une banque qui n’a pas de « subprimes » mais qui a prêté de l’argent à une banque qui a des « subprimes ». En plus, comme le système n’est pas du tout transparent, on ne sait pas ce qui peut se cacher derrière le bilan ou les activités d’une banque. Peut-être des « subprimes » ou d’autres « mauvais prêts ».

Les banques hésitent alors à prêter de l’argent aux consommateurs et aux entreprises. Elles hésitent même à se prêter entre elles. Des banques connaissent des difficultés financières. Et toutes les banques essaient d’avoir de l’argent cash. Elles revendent donc ce qui peut l’être facilement comme certaines actions d’entreprises. A cause de la méfiance et des reventes d’actions, les cours boursiers baissent. Pour fonctionner, le système économique a besoin d’argent. Ce sont alors les banques centrales qui prêtent aux banques. C’est ce qu’ont fait les banques centrales américaine et européenne : la Banque fédérale américaine et la Banque centrale européenne. Mais ces prêts importants des banques centrales ont freiné la baisse mais ne l’ont pas arrêté. La crise immobilière est devenue une crise financière. Et sera peut-être demain, une crise tout court. On sait que la croissance économique des Etats-Unis ralentit. Et on parle même de « récession ». Cela veut dire que le produit intérieur brut (les richesses économiques créées) va diminuer pendant au moins 6 mois. Comme les Etats-Unis sont le principal moteur économique mondial, la crise va toucher les autres régions du monde. 

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