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Colère tibétaine, violences chinoises

Tibet

lundi 17 mars 2008

Toute la semaine dernière, des moines bouddhistes et des civils ont manifesté à Lhassa, capitale historique du Tibet, région de Chine officiellement « autonome ». Vendredi, des affrontements entre les policiers chinois et les manifestants ont fait plusieurs victimes.


Photo : Belga

Des Tibétains manifestent aussi dans d’autres provinces chinoises. Et aussi en Inde et au Népal. La communauté internationale est inquiète. Elle appelle la Chine à la modération. Les Jeux olympiques de Pékin approchent. Ils se dérouleront en août 2008. Les autorités chinoises essaient donc de se donner une bonne image aux yeux du monde. Mais ils ont dérapé sur le problème du Tibet. Pourtant, on ne parle pas encore de boycotter les JO, loin de là.

Le Tibet s’enflamme…

Lundi dernier, 10 mars, des moines ont manifesté dans la capitale historique du Tibet, Lhassa. Ils manifestaient contre l’occupation du Tibet par la Chine. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré la manifestation « illégale menaçant la stabilité sociale ». Des manifestants ont été arrêtés. Dans les jours qui ont suivi, il y a eu plusieurs autres manifestations et le mouvement de protestation a grandi. Vendredi 14 mars, de graves violences ont eu lieu à Lhassa. Il y a eu des affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre chinoises. Des magasins et des hôtels chinois ont été incendiés. Des témoins ont parlé de coups de feu. Dimanche, le calme était revenu dans la ville contrôlée par la police chinoise. La ville est interdite aux touristes. Et on est à l’heure des bilans. Pour les autorités chinoises, il y a bien eu des morts : 13 personnes. Ces personnes seraient mortes dans les incendies provoqués par les manifestants. Les autorités chinoises affirment « ne pas avoir utilisé des armes létales » (mortelles) contre les manifestants. Par contre, d’autres sources parlent de 80 et même de 100 victimes. Lundi 17 mars, le parlement tibétain en exil (en Inde) annonce, lui, plusieurs centaines de morts.

Le problème s’étend

Les manifestations se sont même étendues à la région : dans les provinces chinoises du Sichuan et de Gansu et aussi en Inde et au Népal où vivent des Tibétains. A Katmandou, capitale du Népal, la police a arrêté brutalement hier des manifestants et des moines tibétains. Le dalaï-lama, chef spirituel des bouddhistes qui vit en exil, a dénoncé les violences des forces de l’ordre chinoises. Il demande une enquête internationale sur les manifestations de la semaine dernière. "La nation tibétaine fait face à un grave danger. Que la Chine le reconnaisse ou non, il y a un problème", a déclaré le dalaï-lama. Il a dénoncé dimanche un "génocide culturel" des Tibétains mené par "un régime de la terreur" (la Chine). Le dalaï-lama n’est pourtant pas favorable au boycott des Jeux Olympiques (JO) qui ont lieu à Pékin cette année. C’est évidemment aussi cela l’enjeu des manifestations au Tibet.

Le problème n’est pas nouveau…

Le Tibet a été annexé officiellement par la Chine en 1951. Le 10 mars 1959, des centaines de milliers de Tibétains avaient manifesté à Lhassa contre l’occupation chinoise. L’armée chinoise avait réprimé les manifestations. Bilan : plusieurs dizaines de milliers de morts. C’est d’ailleurs à l’époque que le dalaï-lama s’est enfui avec plusieurs dizaines de milliers de Tibétains. Il vit depuis en exil. Le 10 mars est donc une date importante dans la mémoire collective tibétaine. Et depuis presque 60 ans, le Tibet est une région chinoise officiellement autonome. Mais elle est en réalité colonisée par la Chine. L’anniversaire de la répression de 1959 et la date des JO très proche ont motivé les Tibétains à manifester plus vivement qu’à leur habitude. On peut sans doute aller jusqu’à dire que ces manifestations étaient en grande partie préparées pour mettre les autorités chinoises au pied du mur. Des Tibétains en exil et des associations pour l’indépendance du Tibet ont manifesté dans plusieurs villes du monde contre les violences chinoises. Reste que, pour l’instant, un boycott des Jeux Olympiques de Pékin n’est pas à l’ordre du jour dans la communauté internationale.

Thierry Verhoeven

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