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Championne de course à pied et du droit des femmes

Brève

lundi 26 mars 2007

Samedi 24 mars, Lornah Kiplagat, coureuse à pied, a gagné le championnat du monde de cross-country au Kenya. Elle a couru les 8 km en 26 min 23 sec. Dans une chaleur étouffante (34° à l’ombre), elle a dominé la course du début à la fin. Lornah Kiplagat, 32 ans, a aussi le record du monde des 20 km sur route. Le cross-country est une course très difficile. C’est un parcours en boucle sur des terrains très différents. Cela casse le rythme de l’athlète. C’est une course qui demande beaucoup de volonté. Mais de la volonté, Lornah Kiplagat en a. Née dans une ferme du Kenya, elle est douée pour la course à pied. Dans les centres d’entraînement de son pays, elle se rend compte qu’une grande majorité d’athlètes sont des hommes. « Quand j’ai commencé à courir, vers 1994, j’ai vite compris qu’il était très difficile pour une femme de chez moi de se concentrer sur son entraînement avec toutes les tâches qui lui incombent au foyer. » Pour améliorer ses performances, elle part en Allemagne. Là aussi, elle s’entraîne et partage la vie avec une quinzaine d’autres athlètes kenyans, tous des hommes.

Devenue championne, Lornah Kiplagat veut donner plus de chances aux femmes kenyanes. Elle a ouvert, au Kenya, un centre d’entraînement qui accueille surtout des femmes de son pays d’origine. Quelques athlètes masculins kenyans et européens sont admis dans le centre. Lornah Kiplagat a fait le programme d’entraînement. Elle a aussi fait le règlement. Celui-ci prévoit un traitement équitable entre les hommes et les femmes. Toutes les femmes qui sont dans le centre ne seront pas des championnes. Lornah Kiplagat pense que 7 sur 10 feront une carrière dans la course à pied. Et les autres ? Pour Lornah, « l’essentiel est qu’elles puissent, au bout du compte, décider de leur sort ». Car même si ces femmes ne deviennent pas championnes, même si elles rentrent dans leur village ou dans leur ferme, Lornah pense qu’elles participeront au changement des mentalités. Car, dit-elle, « Ce sont les femmes qui passent le plus de temps avec les enfants. Leur scolarisation comme leur vécu influence forcément l’éducation qu’elles leur donnent, et c’est ce qui fera avancer notre pays. » Lornah le sait bien car, dans la ferme familiale, son père n’a jamais fait de différence entre les filles et les garçons. C’est aussi ce qui a permis à Lornah de décider de son sort. En 2002, elle a épousé un Néerlandais et elle est citoyenne des Pays-Bas depuis 2003. Mais elle n’a pas oublié son pays d’origine et les conditions des femmes qui y vivent.

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