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AB Inbev, des emplois mis en bière

vendredi 15 janvier 2010

AB Inbev est le premier fabricant de bières du monde. La direction d’AB Inbev a annoncé début janvier qu’elle allait restructurer ses entreprises en Europe occidentale. Conséquence : Inbev va supprimer environ 800 emplois sur 8 000. Des travailleurs vont perdre leur emploi en France, aux Pays-Bas, au Luxembourg et... en Belgique. Dans notre pays, 263 pertes d’emploi sont prévues. Suite à l’annonce de la direction, les syndicats ont durement réagi. Des sites sont occupés. Les 2 principaux lieux de production de Louvain et Jupille ont été bloqués. Des travailleurs d’AB Inbev ont séquestré des directeurs de l’usine de Jupille. Le plan de restructuration est donc très mal accepté.

Logique : il est toujours douloureux de perdre son emploi, et encore plus en période de crise. Et on annonce pour 2010, un chômage record. Or, la multinationale AB Inbev, elle, n’est pas en crise. La multinationale emploie 120 000 personnes dans vingt-cinq pays. En 2008, son bénéfice net était de plus de 1,5 milliard de dollars. Une entreprise qui fait des bénéfices et qui licencie, cela fait scandale ! Pour les travailleurs concernés, pour les syndicats mais aussi pour les responsables politiques. Elio Di Rupo, président du PS, a déclaré : « On peut très bien se contenter d’un bénéfice qui soit un peu plus mesuré et permettre aux gens de vivre. Alors, moi, ça m’agace, je ne vous le cache pas, cette maximalisation du profit. Ils n’en ont jamais assez du fric (...) Mais il faut penser aux gens qui se retrouvent sur le carreau, qui ont des familles à nourrir et des enfants à envoyer à l’école, qui n’ont pas de moyens financiers. C’est indigne, je dis : C’est indigne ». « L’indignité » d’AB Inbev n’est pas nouvelle. L’entreprise a l’habitude de restructurer. Et, à chaque fois, les responsables politiques réagissent. Ainsi en 2006, le ministre wallon de l’emploi, Jean-Claude Marcourt, réagissait à une délocalisation d’Inbev : "Inbev délocalise : une décision cynique et incivique"*.

Si les restructurations d’AB Inbev font scandale, c’est aussi parce que l’histoire de la multinationale est une histoire belge. En 1987, Stella Artois (2e brasseur belge) et Piedboeuf (1er brasseur belge avec notamment la Jupiler) fusionnent pour créer Interbrew. Interbrew devient un grand groupe multinational. En 2004, Interbrew fusionne avec une autre multinationale de la bière, le groupe brésilien Ambev.

La nouvelle multinationale s’appelle Inbev. Le centre de décision du groupe n’est plus vraiment en Belgique. "Les gens sont choqués (aujourd’hui), mais ils ne font que constater que le train a quitté la gare depuis longtemps", a déclaré un expert dans le journal La Libre Belgique. Sur les 13 membres du conseil d’administration du groupe, il y a encore 5 Belges (4 familles actionnaires et un indépendant, l’ancien 1er ministre, Jean-Luc Dehaene). Au comité de direction de l’entreprise, il y a 2 Belges sur 13 membres. L’entreprise est dirigée par un Brésilien : Carlos Brito.
Inbev est bien une multinationale et fonctionne comme une multinationale, racines belges ou pas. D’autant plus qu’en 2008, Inbev a racheté un autre géant de la bière, l’Américain Anheuser Bush pour 33 milliards d’euros. AB Inbev devient ainsi le 1er fabricant de bières au monde. La Belgique et son petit marché ne pèse pas lourd dans la stratégie d’un groupe comme celui-là. Et comme le déclare un autre expert : "On est dans une logique actionnariale plus que d’emplois à sauvegarder. Un comptable coûte moins cher en Slovaquie qu’en Belgique". AB Inbev veut donc améliorer encore ses bénéfices et aussi se développer.

*Texte en ligne :
http://marcourt.wallonie.be/apps/spip2_wolwin/spip.php?article509


Dans nos archives : Bois, c’est du belge (2006) 
http://cours.funoc.be/essentiel/article/article.php?id_art=432

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