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En 1966, les ouvrières de la Fabrique nationale, usine d'armement d'Herstal en Belgique, font 3 mois de grève pour gagner le même salaire que les ouvriers de l'usine. 50 ans plus tard, malgré quelques progrès, les femmes gagnent toujours moins que les hommes...

50 fois sur le métier

Thierry Verhoeven

mardi 8 mars 2016

L’égalité entre les hommes et les femmes dans la vie politique, sociale, économique est un vieux débat et un vieux combat. Combat des femmes pour le droit de
vote. Combat des femmes pour disposer librement de leurs corps : contraception et dépénalisation de l’avortement. Combat pour que le viol soit reconnu comme crime. Combat contre les violences du conjoint. Combat contre le harcèlement sexuel au travail. Il y a toute une série de lois pour lutter contre les violences et les inégalités faites aux femmes.Pourtant, malgré quelques progrès, on est encore loin de l’égalité. Et la journée internationale des droits des femmes du 8 mars est là pour nous le rappeler. Comme nous le rappelle, la grève des ouvrières de l’usine de la FN en Belgique. En 1966, il y a tout juste 50 ans, ces femmes faisaient grève au cri de "à travail égal, salaire égal !"

Salaire égal ?

Le 16 février 1966, 3 000 ouvrières de l’usine d’armes
de la FN à Herstal se mettent en grève. On les appelle les "femmes
machines" tant leur corps est soumis au rythme de l’outil, de la machine. Toujours les
mêmes gestes, les mains dans l’huile, un travail sale, épuisant
et mal payé, toujours les reproches des petits chefs. Elles sont moins
bien payées que le balayeur de l’usine. Elles veulent une augmentation
de salaire en se basant sur un article du traité fondateur de l’Union
européenne de 1957 : « A travail égal, salaire égal ».
Pendant 11 semaines, elles vont manifester. Elles vont organiser des assemblées
syndicales, des réunions dans des arrière-salles enfumées
de bistrots. Elles gagneront en partie leur combat.

Cinquante ans plus tard, où est-on ? Les conditions de vie des femmes
de nos sociétés sont meilleures. Mais le salaire est-il égal ?
Il y a un mieux. Mais, depuis quelques années, le rattrapage ne se fait
plus. En Belgique, par exemple, une femme doit travailler en moyenne 15 mois
pour avoir le salaire de 12 mois d’un homme. Le problème, c’est
la moyenne. Si un homme et une femme ont le même âge, la même
ancienneté, le même travail dans la même entreprise, le
problème serait simple : « à travail égal, salaire égal ».
Mais les choses sont plus compliquées.

Travail égal ?

Les mentalités, la vie sociale et familiale jouent un rôle important
dans l’inégalité de salaire. Les femmes travaillent plus à temps
partiel que les hommes. Certaines le choisissent. Beaucoup d’autres ne
trouvent pas de boulot à temps plein. Dans les grands magasins, les
caissières (ou hôtesses de caisse) sont souvent à temps
partiel. Au niveau de la formation, les choses ont évolué. Les
femmes sont les plus nombreuses dans l’enseignement supérieur
en Belgique. Mais elles sont aussi plus nombreuses dans les formations qui
apportent le moins de salaire : lettres, enseignement, social. Par contre,
les hommes qui font des études sont plus nombreux dans l’électronique,
l’informatique, les sciences appliquées, les formations techniques.
C’est-à-dire, dans les secteurs où les salaires sont plus élevés.Mais cela n’explique pas tout. Les femmes gagnent moins que les hommes, car il y a encore un peu de la vieille mentalité qui dit que "l’homme doit être le mieux payé."

En 50 ans, les femmes ont gagné de nouveaux droits, mais il reste encore
beaucoup d’inégalités dans le réel et dans les têtes.
La journée internationale des droits des femmes est l’occasion de rappeler
que, comme beaucoup d’autres, le combat pour l’égalité n’est
pas gagné. « Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage... »,
disait quelqu’un. Pour la loi « à travail égal, salaire égal »,
c’est, depuis 1966, 50 fois sur le métier que l’on a remis
l’ouvrage. Et le combat continue. Comme le dit, le poète Jacques Prévert : « Cent fois sur le métier, remettez votre ouvrage... à demain si on ne vous paye pas le salaire d’aujourd’hui. »

A l’occasion des 50 ans de la grève des ouvrières de la Fabrique Nationale, il y a une belle exposition à voir à Herstal jusqu’au 26 mars. Entrée gratuite.
Pour les informations pratiques, cliquez ici.

Autour de l’exposition, un site internet "Femmes en colère" avec de belles photos et un dossier pédagogique, cliquez ici

1 Message

  • 50 fois sur le métier 11 mars 10:51, par Erness

    Malgré l’évolution fulgurante de la société en terme de droits et d’égalité, il n’en reste pas moins que les disparités sont encore présentes.
    C’est un combat continue, qu’il ne faut pas cesser.

    Erness - philippe cambon istres

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