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22 ans après

Tchernobyl

lundi 28 avril 2008

Le 26 avril était une journée internationale de mobilisation contre le nucléaire. Cette date est celle de la catastrophe de Tchernobyl. Cette catastrophe sans précédent est survenue, en ex-URSS, il y a 22 ans. Elle continue à avoir aujourd’hui des conséquences pour la santé et l’environnement de milliers d’habitants d’Ukraine, de Russie et de Biélorussie…


Photo : Belga

Le 26 avril 1986, à 01H23, le réacteur numéro 4 de la centrale Lénine de Tchernobyl explose. Tchernobyl est une ville située dans le nord de l’Ukraine, près de la Russie et de la Biélorussie. La centrale Lénine est située à environ 15 Km de Tchernobyl et à seulement 110 Km de Kiev, la capitale de l’Ukraine... Suite à l’explosion, le réacteur se transforme en un chaudron brûlant. Il crache un nuage radioactif pendant 10 jours. Les radiations sont 100 fois plus importantes que celles des bombes atomiques de Nagasaki et de Hiroshima réunies. L’explosion a surtout contaminé ces trois pays, alors républiques de l’URSS. Mais le nuage radioactif a aussi touché une bonne partie de l’Europe.

L’accident de Tchernobyl est l’accident nucléaire le plus grave jamais survenu. Pour plusieurs raisons : le réacteur était mal conçu, mal entretenu. La centrale était vieille. Elle n’avait pas d’enceinte de confinement. Les autorités ne faisaient presque pas des contrôles de sécurité. Mais surtout, l’accident de Tchernobyl a été très mal géré.

Silence et mystère

Dans un premier temps, en effet, les autorités ukrainiennes ont gardé le silence. Il a fallu quelques jours avant qu’elles reconnaissent qu’il y avait eu un problème. Au début, elles ont minimisé la catastrophe. Mais en mai, elles ont évacué 116 000 personnes dans un rayon de 30 km autour de la centrale. Il y a eu beaucoup de secrets autour de la catastrophe de Tchernobyl. A l’époque, Gorbatchev était au pouvoir en URSS. Les pays du bloc de l’Est s’ouvraient à l’Occident Occident les pays à l’Ouest mais le rideau de fer existait encore.

Cela explique en partie que l’on ne sache pas encore aujourd’hui l’ampleur réelle de cette catastrophe. Une autre raison est qu’une catastrophe nucléaire a aussi des effets à long terme. Les substances radioactives restent dangereuses pendant des dizaines d’années. Leurs effets à long terme ne sont pas tous connus.

Ce qui est sûr, c’est que parmi les victimes directes, il y a eu les pompiers envoyés sur place pour éteindre l’incendie du réacteur. Il y a eu aussi des victimes parmi les 600 000 « liquidateurs » qui, juste après l’explosion ont construit un sarcophage autour du réacteur en fusion : des « liquidateurs » russes, ukrainiens et biélorusses. Selon des estimations non officielles, plus de 15 000 d’entre eux sont morts et 50 000 sont restés handicapés… Mais il n’y a pas eu de suivi à long terme de ces liquidateurs. On n’a donc pas de chiffres officiels.

Et combien de morts, de cancers, de maladies ou de malformations sont dus aux radiations depuis la catastrophe ? 4 000, disait un rapport très critiqué de l’Onu ONU Organisation des Nations Unies, presque tous les Etats du monde sont à l’ONU, En principe, l’ONU défend le droit international, la sécurité et la paix. en septembre 2005. Entre 30 000 et 60 000, selon une étude de scientifiques britanniques publiée en avril 2006. Plusieurs centaines de milliers selon des organisations comme Greenpeace … Officiellement, rien qu’en Ukraine 2,3 millions de personnes sont considérées comme "ayant souffert à la suite de la catastrophe".

Entre 1986 et 2006, 4 400 Ukrainiens, enfants ou adolescents au moment de la catastrophe, ont été opérés pour des cancers de la thyroïde. Dans les régions les plus contaminées, il y a 200 fois plus de cancers de la thyroïde chez les enfants qu’en Europe de l’Ouest. Depuis la catastrophe, les bébés nés avec des malformations ont augmenté de 83% dans les zones les plus contaminées, de 30% dans les zones modérément contaminées et de 24% dans les zones dites « propres ». Ce sont les conséquences à long terme les plus évidentes des radiations.

Et aujourd’hui

Mais il y a d’autres conséquences moins visibles. Aujourd’hui encore, la région autour de Tchernobyl reste contaminée : les sols, la végétation, l’eau. La région est devenue une sorte de « réserve radioactive ». Et les substances radioactives continuent à se répandre. Ainsi, la zone a été inondée plusieurs fois depuis la catastrophe. A chaque fois, des substances radioactives ont souillé le fleuve Dniepr. Or, neuf millions d’Ukrainiens boivent de l’eau de réservoirs artificiels construits sur le Dniepr. Et encore plus d’Ukrainiens consomment des légumes, des fruits cultivés grâce à ces eaux.

De plus, jusque fin 2000, un dernier réacteur de la centrale avait continué à produire de l’électricité. Les occidentaux Occidentaux Etats-Unis, Canada et pays d’Europe de l’Ouest ont alors fourni l’aide financière nécessaire pour enterrer les réacteurs de Tchernobyl. Et la centrale a fermé. Mais à partir d’octobre 2008, un nouveau sarcophage en acier devrait être construit. Il sera achevé en 2012. 2006-2016 sera la "décennie de la reconstruction et du développement durable" pour la région de Tchernobyl. C’est l’Assemblée générale de l’ONU qui l’a déclaré : cette région va peut-être pouvoir se reconstruire…

Nicolas Simon

A lire aussi : Biélorussie-Le champignon et le venin (novembre 2004)

1 Message

  • 5 mai 2012 19:03, par Yvan,borris et moi

    Cela fait réfléchir !
    L’important c’est de prévenir ou de guérrir ??

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